Glandelles comme Portonville est un hameau rattaché à la
commune de Bagneaux sur Loing.
Etape autrefois appréciée par les automobilistes, le hameau
de Glandelles a toutefois un défaut : il est situé à
moins de deux heures de Paris.
Les voyageurs désireux de réserver une table dans l'une
des auberges au bord du Loing, devaient donc organiser au mieux leur voyage
afin de faire coïncider leur arrivée dans le petit bourg,
avec l'heure du repas de midi.
Ce qui était pratiquement impossible en cas départ de la
capitale trop matinal, comme souvent lors des périodes de grandes
migrations estivales.
Le coin profitait donc plus souvent aux parisiens en mal d'une journée
au bord de l'eau, qu'aux touristes en partance pour la grande bleue.
A l'époque on trouvait à Glandelles quelques petits commerces
mais surtout, aux beaux jours, d'accueillantes auberges aux tables souvent
prises d'assaut par les pêcheurs du coin.
Les longues files d'automobiles garées sur le bas côté
témoignaient alors de la notoriété des lieux.
Tout au long de la traversée du village, on remarquera ça
et là quelques publicités murales parvenues jusqu'à
nous en très mauvais état, bientôt méconnaissables
Au milieu du bourg sur la droite, l'ancienne auberge des Deux Marronniers.
Aujourd'hui fermé définitivement, l'établissement
avait traversé les siècles.
Ancien marchand de vin au début du siècle
dernier, puis auberge des 2 Marronniers, le restaurant proposait jusqu'en
2021 une cuisine traditionnelle dans une salle confortable.
A quelques mètres de là, au niveau du virage,
une autre institution n'a quant à elle, pas résisté
au manque de voyageurs et à la concurrence de l'autoroute.
L'hôtel restaurant "Au Poisson Doré" avec sa terrasse
au bord de l'eau, était un rendez-vous prisé des pêcheurs
qui envahissaient des lieux bien agréables le week-end.
De mémoire de vacanciers, peu aujourd'hui se souviennent avoir
connu un jour l'auberge ouverte. C'est que Le Poisson Doré a définitivement
fermé à l'aube des années 1990 et les souvenirs se
sont éstompés au fil des années.
Pourtant l'observation attentive de sa facade, en partie cachée
par la végétation, nous permet de faire revivre les beaux
jours de cet établissement réputé en son temps..
Un petit hôtel coincé entre la route nationale et le Loing,
"façon ginguette" comme aurait dit Michel Audiard, le
coin avait du charme.
Pas vraiment une halte pour gourmet, mais plutôt une bonne escale
provinciale où il faisait bon occuper une des tables aux nappes
de carreaux, à l'ombre des arbres et au bord de l'eau.
L'aubergisste vous y servait d'ailleurs sa renommée et délicieuse
pêche du jour. Plus frais... il n'y avait pas.
En cherchant quelques documents sur le net, je tombe sur le post "d'Artémis"
qui, comme moi, aime à remonter le temps :
j'en reproduis ici le contenu :
Pierre Fresnay que l'on imagine toujours en costumes sombres
et bien taillés se vêtait comme les paysans du coin et chaussait
des sabots !
Quand j'ai interrogée madame B. l'institutrice maintenant retraitée,
elle a émis des regrets de n'avoir pas été plus curieuse,
de s'être abstenue de poser toutes les questions qui lui venait
à l'esprit, et surtout de ne pas avoir su profiter des places de
théâtre si généreusement offertes!
Mais monter à Paris pour une soirée en ce
temps là on ne l'imaginait même pas. Le Gâtinais c'est
à 80 km au sud de Paris".
Nous n'en avons pas tout à fait terminé
avec cette auberge décidément mythique, lisez donc ce
qui suit :
|
Fait divers :
Sur la route de Nemours à Montargis, à
proximité de L'Auberge du Poisson Doré, un camion
heurte une voiture et la précipite dans le Loing.
Lorsque l'on retire le véhicule de la rivière, on
ne trouve pas trace de ses occupants.
Par contre, dans le coffre, on fait une macabre découverte
: une femme, la gorge tranchée, y est enfermée.
Voila une bien sombre histoire qui ne vous donnera
pas l'envie de vous attarder plus longtemps dans le village.
Mais rassurez vous ! il ne s'agit ici que d'une nouvelle de Georges
Simenon écrite en 1938, faisant intervenir son célèbre
commissaire Maigret dans "L'Auberge aux noyés".
Comme souvent chez Simenon, l'auberge n'est pas
le pur fruit de son imagination.
L'établissement existe réellement et dans son récit
l'auteur lui prête le nom de "L'auberge aux Pêcheurs",
parce que "l'Auberge aux noyés" c'est bon pour
le titre Choc d'un roman policier, mais pour attirer le touriste,
vous conviendrez qu'il y a mieux !
Il s'agirait en fait de notre Auberge du Poisson Doré.
Pas de preuve, mais des soupçons :
Dans le roman, il n 'est jamais mentionné le nom du "Poisson
Doré". Mais, la distance du lieu tragique de l'accident
avec Nemours, la proximité de la route avec le Loing et
le canal, brefs, si l'on recoupe les mille indices distillés
au fil de l'histoire, il ne peut s'agir en réalité
que de notre auberge "Au poisson Doré".
Il ne nous reste plus qu'à imaginer Georges
Simenon, venu là en repérage et occupant l'une des
tables de l'auberge sur la rive du Loing, la pipe à la
bouche, occupé à griffonner dans un carnet les éléments
de son prochain roman policier.
Pas convaincu ? Ce site, en anglais, apporte tous
les détails digne d'une chasse au trésor, pour retrouver
l'auberge du roman : http://www.trussel.com/maig/Maigret-in-France/auberge1.htm
Vers les années 2000, la réalité rattrapera
la fiction. Un fait divers sordide et cette fois-ci bien réel
allait précipiter la fermeture de l'établissement.
Vrai ? Faux ? Commérage de bonne femme ?
Je n'ai pas trouvé trace écrite de ce fait divers
oral et ne peut donc en assurer la véracité, mais
je ne peux m'empêcher de penser que Georges Simenon, inspiré
par le lieu plusieurs décennies auparavant, a fait preuve
ici d'une certaine clairvoyance pour le moins troublante.
|
Cette fois-ci, en route –
Quelques mètres à peine en face du Poisson Doré,
voilà la station Antar, l'une des deux stations-service du
hameau.
A part les publicités murales qui ont du mal à résister
au temps qui passe, plus rien n'indique qu'il s'agissait d'un garage.

Aujourd'hui une maison anodine, au siècle dernier une station
service Antar. Photo réactive.

La remise du garage et sa publicité pour l'huile Motul.
Quittons Glandelles et poursuivons notre route rectiligne
entre la vallée du Loing et les fameux poudingues de la région.
A quelques kilomètres de là, un ancien garage abandonné,
fantôme solitaire de la route.

Le lieu semble aujourd'hui tout droit sorti d'un film de David Lynch.
Plus loin, une borne Royale sur la gauche, elle porte
le numéro 43 (82.560 km de Paris).

La borne milliaire 43.
Au hameau "Le Cocluchon" (commune de Souppes
sur Loing), sur la droite, un mur de corps de ferme sur lequel se superposent
plusieurs réclames peintes, pour certaines encore pas mal conservées.

Qui se souvient de "Frigéavia", une marque d'électroménager
des années 1960 et de Préfontaines, " l'élégant
Vin de table"
Image réactive. Photo Claude.K-2016
Encore quelques kilomètres et nous arrivons à
Souppes sur Loing.
Sur la droite, après la station Total et le garage
Renault, une ancienne indication murale pour une station Azur située,
à l'époque, à 300 m de là.
Aujourd'hui la publicité est partiellement recouverte par la
végétation envahissante.


A ce croisement, jusqu'en 1959, on pouvait voir la circulation automobile
interrompue par le passage de l'autorail reliant Montereau à
Château Landon.
A droite le bien nommé "Chemin du Tacot"

1 - Circulation interrompue au passage à niveau de la N7,
protégé par deux barrières manuelle en accordéon.
Même vue que ci-dessus. Il s'agit ici d'un autorail Billard. Image
réactive.
2 - Vue aérienne du carrefour, la flèche blanche indique
le sens de la vue ci-dessus.
La ligne de Montereau à Château-Landon était
une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique
qui reliait les villes de Montereau-Fault-Yonne et Château-Landon.
Ouverte en 1889 elle fermera en 1959 et sera déclassée
le 24 mai 1960. (Wikipédia).
En route -
On entre dans le bourg par la route de Paris à
présent avenue du Général Leclerc, longue et rectiligne,
interminable.
L'office du tourisme sur la placette à droite, nous rappelle
que Souppes sur Loing est une destination touristique.
Sur cette même placette, la borne royale n° 44.
Je ne m'explique pas sa présence sur la droite de la chaussée,
à moins d'un déplacement par la municipalité.

L'office du tourisme et la borne royale.
Ville d'étape à l'époque où
elle était encore traversée par la nationale 7, Souppes
proposait alors hôtels et restaurants à une clientèle
de passage.
Aujourd'hui sa base nautique et son parc animalier permettent aux vacanciers
de s'attarder plus longuement dans la ville afin de goûter aux
charmes du Loing.

Camping et baignade sur les bords du Loing.

Deux clichés pris à quelques minutes d'intervalles
si l'on s'en réfère à la position de la patronne
de l'hôtel de l'Espérance en train de servir des clients
attablés.
Image réactive.

Le même carrefour aujourd'hui, la plaque de cocher et une
réclame peinte. Image réactive.
Histoire
d'en connaître plus sur la Pierre de Souppes :
L'exploitation de la pierre existe
depuis des siècles dans la région et trouve son
apogée au XIXe siècle.
Les deux flancs de la vallée
sont exploités.
Le banc de pierre formé il y a quelques 35 millions d'années
traverse la vallée d'Est en Ouest et toutes les communes
de cette partie du Gâtinais l'ont pour sous-sol.
Plusieurs grandes œuvres de pierre
qui ornent la capitale aujourd'hui viennent donc d'ici : l'Arc
de Triomphe vient d'une carrière de Château-Landon,
à proximité.
Les pierres de la statue de Sainte Geneviève et du Pont
de la Tournelle, proviennent de Souppes, mais la grande œuvre
commune à toute la région reste la basilique du
Sacré-Cœur de Montmartre.
Joseph Combe, maître carrier à
Souppes, reçoit la commande de l'extraction et de l'acheminement
de la pierre, il fera ainsi travailler tous les carriers de
la région dès la fin du XIXe siècle.
On extraira et taillera la pierre pour la basilique
jusqu'au milieu du XXe siècle.
|
Chantier de taillage de pierres du port |

Le nez en l'air et l'on surprend encore quelques enseignes..
En route -
Le petit centre se fait maintenant plus commerçant.
Sur la gauche l'ancien "hôtel du Mouton", étape
réputée sur la nationale 7, n'a pas été
démoli.
Il a conservé son enseigne et abrite maintenant une maison familiale.
Un bel exemple de réhabilitation.

L'hôtel du Mouton. Image réactive.

L'enseigne de l'hôtel a été conservée.
Plus loin, sur le même trottoir, la boulangerie
a traversé les âges et est encore là aujourd'hui.


L'ancienne graineterie du coin après s' être transformée
en marchand de peinture dans les années 1960, abrite aujourd'hui
un fleuriste.
Remarquez l'ancienne station BP en arrière plan. Image réactive.

Même carrefour, même angle de vue, avec le grainetier
en coin et une pompe à eau sur le trottoir.
Dans le prolongement, le "café restaurant
de la poste" situé à côté du grainetier
a totalement disparu, tout comme la station service que l'on devine
aujourd'hui a ses grilles fermées et au reliquat de publicité
peinte sur le pignon de la maison qui annonçait : Dernier poste
BP avant Autoroute.
En face une belle bâtisse en brique rouge : la Mairie.

L'ancienne station-service BP.

Tiens ! Lady Pénélope est de passage à Souppes
!!
à moins que cela ne soit la voiture d' un rappeur, d'un footballeur
ou d'un égaré de la télé réalité..
En général des gars assez discrets et d'une modestie ...
En route -
La route longe maintenant la voie ferrée et file
plein sud, par la très longue rue de Montargis.
Le panneau de fin d'agglomération apparaît finalement lorsque
les habitations se font plus rares.

Voyez là ! sur la droite, au hameau de la Hutterie,
une bien curieuse bâtisse avec sa tour médiévale
et ses tourelles aux toits en forme de pagode.
Je me suis souvent interrogé sur cette bâtisse étrange
au style architectural indéfini, genre néogothique, tendance
japonisante, plantée en bordure de route nationale.
Après quelques recherches, j'ai aujourd'hui la
solution, levons le voile ...

La Hutterie sur la nationale 7. Image réactive
Voici : La Hutterie. Un Hôtel-Restaurant-Pension,
avec garage, eau courante, chauffage central et téléphone,
comme le précisait la publicité de l'époque.
Une charmante adresse nichée en plein bois, entre la route nationale
encore peu fréquentée et le bord du Loing.
Remarquez les tables et parasols dressés directement sur la route.
L'époque bénie pour les voyageurs.
Sur cette portion de route, de Nemours à Montargis,
les bornes royales ont été conservées, voici la
45e, peu après la Hutterie, elles nous indique que nous sommes
à 86 km de la capitale.

Cachée par la végétation, la borne milliaire
n° 45

Ne plus trop compter sur cette entreprise de transport pour organiser
votre déménagement.
Quelques mètres avant de passer sous l'autoroute
A77, remarquez l'imposant corps de ferme sur la droite. Avez vous remarquez
le trompe l’œil ?


Il s'agit d'un ancien relais de poste, on en trouve trace
dans les archives dès 1700, mais vous l'aurez remarqué,
les bâtiments actuels sont de construction plus récente.
La date sur le porche indique 18 d'un côté et 31 de l'autre
soit : 1831.

Le porche du relais. Image réactive.
Hormis la date : 1831, les autres inscriptions sur le
porche semblent bien curieuses. 
Esotérisme ? ... non point ! Inscription Latine ? ... pas mieux
Alors énigme ?
Réussirez vous à déchiffrer cette
curieuse inscription au dessus de l'entrée ? : L A + I R
- Un indice (à lire à l'envers) : dit-lieu
du celui, même là par et relais du nom le donnera vous,
résolu fois une qui rébus petit d'un s'agit il
-
Avez vous trouvé ?
-
Passez la souris sur le rébus ci-dessous
pour connaître la solution.

Voila vous savez tout maintenant ! Non ?
Il ne manque, pour parfaire le tableau, que la malle-poste
quittant bruyamment la cour du relais, s'engageant rapidement sous le
porche puis sur la route royale en direction de Fontainebleau.
Rendez-vous nationale 7 : Route royale de Nemours à
Lyon, Nemours 24 avril 1791.

Extrait de : Voyages en France depuis 1775 jusqu'à 1817
Troisième grand voyage avec Caroline-Tullie page 376
Nous sommes ici au hameau de "La Croisière"
(la solution de notre rébus, pour les retardataires)
où le charme bucolique de cette portion de nationale 7 émoustillait
alors la fibre campagnarde des vacanciers citadins.
En route -
Passons sous l'A77 également appelé "l'autoroute
de l'Arbre* " qui rejoint Nevers, pour arriver au Hameau de "Rue
Mangine" sur la commune de Dordives.
* ainsi appelé car le thème de l'arbre est développé
tout au long des aires de repos, l'autoroute possède également
un arboretum.

La Croisière, aujourd'hui et au début du siècle
(le XXe). On reconnaît à gauche les bâtiments du
Relais Postal.
Remarquez l'automobile. Image réactive.
Aujourd'hui gare au choc ! L'autoroute A77 et l'industrialisation
du secteur ont profondément modifié le paysage qui a plutôt
tendance à ressembler à une zone industrielle qu'à
un havre de paix au cœur de la campagne Gâtinaise.

Café Epicerie Tabac Essence à La Croisière
vers les années 1930.
Casse Croûte à toute heure.
Depuis la fin des années 1990, l'autoroute A77 recouvre en partie
ce secteur autrefois bucolique.
Le Café est depuis détruit, il n'en reste que le terre
plein du parking . Image réactive.

Gas Oil, Bar, Tabac et Téléphone, années 50.
Remarquez à droite le panneau d'entrée d'agglomération.
Sur la gauche deux bornes nous informent que nous quittons
la région " Ile de France" et le département
de Seine et Marne pour entrer dans celui du Loiret (45) en région
Centre.
Déclassement de la route nationale 7, par
la réforme 2005 : dans le département du Loiret, l'ancienne
RN 7 prend le numéro de D 2007.
Officiellement renommée D2007, de nombreux panneaux routiers
rencontrés dans le département du Loiret sont toujours
estampillés N7.

Département du Loiret

A la frontière des départements Seine et Marne et
Loiret. Photos Claude.K-2016
Nous passons devant un bar restaurant, anciennement café
du Loiret, épicerie, mercerie, puis 500 mètres plus loin
nous quittons déjà la Rue Mangine.

Le café du Loiret. Photo Claude.K-2016

Le Café du Loiret à l'époque où les
véhicules ne sont pas encore à moteur. Image réactive.
Au rond point suivant la D607 rejoint la D377 pour former la N7 et
arriver à Dordives commune située quelques centaines
de mètres plus loin.

L'entrée à Dordives, image réactive.
Une ville à taille humaine, dans un cadre verdoyant... c'est
ce que dit le site Internet de la municipalité.
Le bois et le minerai de fer furent la base de l'économie de
toute la région dès l'antiquité, et Dordives
devint rapidement une ville minière prospère.
Son nom serait dérivé du latin "Auro Dives"
qui signifierait "d'or riche".

Carrefour de la voie de César (verticale sur le cliché
) avec la Nationale 7 (horizontale)
Dès l'antiquité, la région est traversée
d'Est en Ouest par la voie romaine qui relie Orléans à
Sens (aujourd'hui plus communément appelée "chemin
de César").
C'est à cette époque également que fut construit
le premier pont sur le Loing.
A cette transversale s'ajoutera plus tard la route royale de Paris
à l'Italie, future Route Nationale 7. C'est autour de ce carrefour
que s'est développée la ville.
A défaut de mine d'or, la commune possède aujourd'hui
quelques atouts touristiques avec "le Musée du Verre et
de ses Métiers" ainsi que l'espace naturel des étangs
de Cercanceaux.
le musée du verre
Le camping en bord de Loing. Charme suranné.

Le Parking du Restaurant Brasserie Le Relais Routier. Photo Claude.K
- 2016
Portrait
de Mme Guillaume / Doménica.
- Derain - 1929
Musée de l'Orangerie
|
En 1957, un fait divers fit la une des journaux
et passionna la France entière.
L'affaire Lacaze, comme on l'appelait déchaîna
les passions.
Le Monde Titrait "Doménica ou la
diabolique de l'Art".
Le lien avec la N7 est ténu, mais déclencha
toute l'affaire.
En ce mercredi 11 juin 1957, un véhicule
quitte Dordives à destination de Souppes sur Loing.
A son bord, un trio infernal : l'intrigante Doménica
Lacaze, veuve d'un précédent mariage et héritière
de la formidable collection d'art constituée par son
mari défunt Paul Guillaume; Jean Walter son actuel
mari, architecte et industriel réputé sur la
place de Paris, accompagné d'un troisième personnage,
le Docteur Lacour, homme perfide et néanmoins amant
de Doménica.
Les trois protagonistes quittent leur propriété
des alentours de Dordives pour déjeuner à Souppes
sur Loing, où Jean Walter a programmé une partie
de pêche pour l'après midi.
Walter arrête le véhicule à
Dordives afin d'aller acheter le journal.
C'est en traversant la nationale 7 qu'il se fait accidentellement
renverser par une voiture.
L'occasion est inespérée pour le couple adultérin.
Doménica et le Dr Lacour, n'appellent pas les secours
et tardent à intervenir avant de se décider
à transporter Jean Walter à l’hôpital
de Montargis.
Quand finalement ils arrivent à Montargis, Jean Walter
est mort.
Doménica se retrouvent une nouvelle fois veuve, et...
reste seule à la tête d'une des plus grande collection
d'art, héritage de son précédent époux.
Cent quatorze toiles parmi lesquelles de nombreux Renoir,
Matisse, Derain, Picasso, Modigliani, Utrillo, Soutine.
L'intrigante ira même jusqu'à commanditer
la mort de son fils adoptif. C'est l'affaire de trop.
Le couple Lacaze-Lacour est arrêté.
La collection contre l'impunité !
La collection Walter - Guillaume intégrera
le musée de l'Orangerie en 1970, suite au chantage
de Mme Lacaze et au compromis signé entre André
Malraux, le ministre des affaires culturelles de l'époque
et le couple Lacaze - Lacour, présumé coupable.
Contre le lègue de cette formidable collection à
l'Etat, le couple Lacaze-Lacour s'en tirera avec un simple
non lieu.
|
Je n'ai ici relaté que le fait concernant la
N7, mais pour revivre cette affaire complexe et diabolique lisez ces
articles :
http://www.parismatch.com/Culture/Art/Domenica-Walter-la-diabolique-un-destin-hors-normes-1034833
http://www.parisladouce.com/2015/08/expo-lincroyable-histoire-de-la.html
En route -
Au croisement de la route de Paris (N7) avec la voie de César
(D62), il existait à l'époque glorieuse de la nationale,
une belle borne Michelin aujourd'hui disparue.

La Borne Michelin au croisement de la route nationale 7 et de
la voie de César. Image réactive
Au carrefour à droite au dessus de la vitrine
de la boucherie, on aperçoit une plaque de cocher en fonte,
ancêtre de nos panneaux indicateurs de direction.
http://www.plaquedecocher.fr/

Au carrefour la plaque de cocher au dessus de l'ancienne devanture
du boucher, aujourd'hui murée. Photo Claude.K-2016

Le carrefour. Vue en direction de Paris. |
|
Un peu avant la sortie de la ville, une maison sur la droite avec une
ancienne publicité peinte pour la marque "CA VA SEUL",
non pas une marque de laxatif, comme pourrait le laisser croire le slogan,
:-))
mais une marque de cirage pour l'entretien des chaussures.

La pauvre publicité a bien besoin de rehausser ses
couleurs aujourd'hui. Photo Claude.K 2016

Entrée du Pays par la route d'Antibes.. vue en direction
du centre ville. Image réactive.
La ville se termine par quelques grosses villas, cottages
bourgeois du siècle dernier, une longue zone d'activité
commerciales et un cimetière pour voitures.

Le panneau de fin d'agglomération se situe au
niveau de l'étang.

I km plus loin environ, dans un virage, il vous sera
difficile, en fonction de la saison, d'entrevoir sur la gauche la
chapelle de Thurelles, noyée dans la végétation.

Vue en direction de Dordives, donc la chapelle se situe à
droite, perdue dans la végétation, la voyez vous ? Image
réactive.
La chapelle est une dépendance du Château de Thurelles
A l'origine petit fief agricole accompagné de ses communs et
entouré de ses terres, il dépendait de l’abbaye
de Ferrières.
Le domaine se développera peu à peu pour devenir une
maison de maître, et restera habité jusqu’à
la Révolution.
Au début des années 1840, l'ancienne bâtisse sera
détruite et remplacée par le château actuel.
Son nouveau propriétaire utilisera le lieu pour ses rendez-vous
de chasse, du fait de la forêt environnante, proche du massif
forestier de Montargis.
Il fera également construire la chapelle que l'on aperçoit
de la route.
Source et extraits : http://www.dordives.com

La Chapelle de Thurelles est aujourd'hui à l'abandon. Photo
Maxime Linke.

Il y a de cela près d'un siècle, la chapelle, sur un
domaine entretenu, montrait encore ses vitraux intacts.
Aujourd'hui laissée à l'abandon, mangée par les
ronces. Photo de droite Maxime Linke.
En route -
Maintenant, nous filons sur 2 x 2 voies en direction
de Montargis.
Le Bourg de Fontenay sur Loing est dévié depuis la fin
de la seconde guerre mondiale.
La route amorce une courbe qui l'éloigne sensiblement du Loing,
se détournant ainsi du tracé originel de la route Royale,
ancienne route de Paris-Antibes qui passait auparavant par le centre
du bourg.

En rouge, le projet de déviation de Fontenay sur Loing,
qui débute à partir du Passage à Niveau 22 (PN
n°22).
Avant 1945, la route nationale longe le Loing et franchit par 2 fois
la voie ferrée. (document Frantz 58)
Une première déviation de Fontenay-sur-Loing
avait été étudiée dès 1930.
Cette déviation avait une double utilité : premièrement,
elle permettait de dévier Fontenay-sur-Loing, mais également
de supprimer les deux passages à niveau de la voie ferrée
Paris – Clermont-Ferrand.
Le tracé étudié ne changea qu’extrêmement
peu entre les premières études de 1930 et l’ouverture
de la déviation en 1945. (Extrait Wikisara)

En direction du sud, la N7 actuelle (en rouge) contourne désormais
le bourg de Fontenay sur Loing
depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En bleu l'ancienne route,
en jaune les passages à niveau.

Une étrange construction le long de la route nationale 7 :
La tour Faffe. Image réactive.
Dans le virage, en fonction de la saison, peut-être
apercevrez vous, cachée derrière la végétation,
la sombre masse d'une tour. Ce n'est pas une fortification militaire,
ni même un château.
C'est un monument funéraire d'une grande famille donatrice
de Fontenay : La Tour Faffe.
Voila bien une construction incongrue dans ce paysage
Gâtinais jusque là sans surprise.
D'une architecture démentielle, la tour haute de 15 mètres,
érigée à la fin du XIXe siècle, exhibe
ses perspectives néo-Gothique ainsi qu'un statuaire répondant
à une symbolique spirituelle déroutante.
La tour Faffe, est située dans l'ancien cimetière de
la ville. Une curiosité ésotérique qui n'a pas
encore livré tous ses mystères.
Et pour en savoir plus : ici
Fontenay sur Loing Km 0100
http://www.mairie-fontenaysurloing.fr/
Fontenay-sur-Loing est une vaste commune qui s'étire sur plus
de 7 kilomètres le long de la Vallée du Loing et des
axes de communication majeurs que sont la RN7 et la voie ferrée
Paris - Nevers.
Fontenay est aussi au cœur d'un exceptionnel triangle d'autoroutes
: l' A6 (Paris-Lyon), l' A77 (Paris-Nevers) et l' A19 qui complète
le réseau allant de l'Est de la France à la côte
atlantique.

Fontenay sur Loing.
L'ancienne route de Paris ( à gauche) longeait le Loing, passait
par le centre du bourg et empruntait une nouvelle fois
un passage à niveau. Après la seconde guerre mondiale,
une déviation : la nationale 7 (à droite) contournera
l'ensemble de la petite agglomération. Remarquez la tour Faffe
entre voie ferrée et N7.
Un peu d'histoire :
De tout temps, Fontenay a été un lieu
de passage pour les voyageurs, les marchands et autres pèlerins.
Jusqu'à la fin du XVIIe, la route Paris-Montargis, appelée
le "Grand chemin de Lyon" passait par Château-Landon,
Préfontaines, Perches et Montargis.
En 1636, une ordonnance décide de changer le trajet de la route
royale : celle-ci doit désormais emprunter la vallée
du Loing.
Le relais de Perche est alors transféré à Fontenay.
Les événements marquants de l'histoire
de Fontenay vont alors être directement liés à
la présence de ce nouveau relais de poste.
"C'était un endroit très apprécié
- au relais s'ajoutait une hostellerie : l'Ecu de Fontenay. De nombreux
voyageurs venaient y faire halte.
Chaque jour, c'était le passage de la malle-poste, deux fois
par semaine le carrosse de Montargis, sans compter les luxueuses berlines
se rendant à Paris !"
Ce trafic important cessa avec l'arrivée du
chemin de fer. La ligne, mise en service le 15 août 1860, remplacerait
désormais les voitures de poste.
Aujourd'hui, on peut voir l'ancien relais de poste aux n° 10 à
16 de l'avenue de la Libération. N'hésitez pas à
faire le détour, pour une ballade bucolique et une plongée
dans le passé.
Source, extrait et compléments : http://gatinais.histoire.pagesperso-orange.fr/HBL_Fontenay.htm
|

A l'époque où la route de Paris passait
encore devant le seul bar-épicerie-station essence
du centre bourg. Image réactive.
A gauche : carte d'état major de
1866 et le tracé de la route de Paris, par les deux
passages à niveau.
|

Route de Paris, l'ancien relais de poste, devenu obsolète
en 1860 avec l'arrivée du train.
Image réactive.
Les membres de la famille
royale ou de la Cour empruntent souvent le "Grand Chemin"
, comme la reine Marie de Médicis et le jeune Dauphin,
futur Louis XIV, se rendant au château de Montargis pour
fuir une épidémie de choléra qui sévit
à Paris.
En novembre 1804, le pape Pie VII venu en France
pour sacrer l'empereur Napoléon (voir croix de St
Herem et pont de Nemours), fit une halte inattendue à
Fontenay.
" Et une nuit de frimaire le maître
de poste fait entrer son attelage dans la cour du relais de
Fontenay. On s'étonne car le changement de chevaux doit
se faire, selon le règlement, devant la porte, mais le
maître Petit prévient qu'une avarie est survenue
en cours de route : un essieu menace de se rompre et une réparation
d'urgence s'impose.
Voilà l'illustre voyageur obligé de quitter sa
berline pour quelques temps et tandis que sa suite, une quinzaine
de prélats, cardinaux et évêques, envahit
brusquement la salle commune, le saint-Père est conduit
dans la plus belle chambre du relais. La nouvelle de l'arrêt
du Pape à Fontenay se répand comme une traînée
de poudre.
"Le Pape est entré à la poste
! Le Pape est chez nous" Vêtu d'une robe de laine
blanche serrée par une ceinture rouge terminée
par des glands en or, les épaules couvertes d'une mosette
de velours cramoisi bordé d'hermine avec le petit capuchon
derrière : tel il apparu pendant cette halte."
D'après : Trois siècle au service
de la poste, de Madeleine Fouché. |
A partir du 19e siècle les progrès du
transport vont apporter à Fontenay la configuration que nous
lui connaissons aujourd'hui.
La construction de la voie ferrée Paris-Nevers par Nemours
nécessitera la destruction de l'ancienne église et la
construction de l'église actuelle un peu plus loin.
Le "Grand Chemin" qui longeait le Loing fut rebaptisé
"Route de Paris" avant d'être délaissé
par les voyageurs au profit de l'actuelle et rapide Nationale 7 aménagée
après la guerre afin d'éviter le centre de la ville
et son passage à niveau.
Sources, extraits et compléments :
http://www.mairie-fontenaysurloing.fr
http://manuelo.free.fr/4vallees/fontenay.htm
En route -
Au carrefour, prenez quelques minutes pour sortir de l'axe de la
nationale et faire un tour dans le village par l'ancienne route.
Tournez à droite, franchissez le passage à niveau pour
aller jusqu'à l'arbre de la liberté en bordure du Loing
et sans franchir le pont, longez le Loing par l'avenue de la libération.
Nous sommes sur le tracé de la route de Paris. C'est dans cette
rue que se situent l'ancien relais des postes et l'hôtellerie.
On peut parcourir l'ancienne route sur 1 km environ.

La route de Paris, encore dans son jus d'avant guerre. A droite
le Loing.
Remarquez l'un des rares panneaux en béton qui subsiste sur
la route nationale.
Image réactive

La route de Paris vue en direction de ... Paris
Après cette petite parenthèse reprenons
notre voyage. Sur 2 x 2 voies, séparées par un muret
de béton, la route longe la voie ferrée.
Au prochain carrefour, au feu, on arrive au niveau d'un centre commercial
discount sur la gauche. Pas vraiment glamour et pourtant...

L' entrepôt actuel et anodin en lieu et place d'un ancien
resto routier sur la route nationale 7.
Image réactive.
Ici se trouvait une autre des grandes institutions historiques
de la route nationale 7 : "Le Relais des 100 bornes", un
routier fermé en 2000 et détruit en 2007. 

Photo : http://bop03.skyrock.com

Ce qu' il restait du relais des 100 bornes après sa fermeture
en 2000.

La vue satellite sur Google Earth nous montre encore
l'établissement avant l'installation du supermarché,
dépêchez vous avant la mise à jour de leur photo.
Une
vue aérienne en ballon le 14 juillet 2007.
Quelques centaines de mètres plus loin, nous quittons Fontenay
sur Loing, nous sommes maintenant à 100 km de Paris, ce qui
annonce pour nous la fin de cette seconde étape. 