ETAPE 2 : de CHAILLY EN BIERE à FONTENAY SUR LOING de 0050 à 0100 km de Paris.

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← Glandelles - Le Cocluchon (Souppes/loing) - Souppes sur Loing - La Croisière - Rue Mangine - Dordives - Fontenay sur Loing. Fin de l'étape.


Après Portonville, sur la route de Glandelles voici la borne milliaire 42 et sa fleur de lys.



En direction de Glandelles la borne Royale 42. Photo Claude.K-2016

Glandelles. Km 0081

http://www.mairie-bagneauxsurloing.fr

Glandelles comme Portonville est un hameau rattaché à la commune de Bagneaux sur Loing.

Etape autrefois appréciée par les automobilistes, le hameau de Glandelles a toutefois un défaut : il est situé à moins de deux heures de Paris.
Les voyageurs désireux de réserver une table dans l'une des auberges au bord du Loing, devaient donc organiser au mieux leur voyage afin de faire coïncider leur arrivée dans le petit bourg, avec l'heure du repas de midi.
Ce qui était pratiquement impossible en cas départ de la capitale trop matinal, comme souvent lors des périodes de grandes migrations estivales.
Le coin profitait donc plus souvent aux parisiens en mal d'une journée au bord de l'eau, qu'aux touristes en partance pour la grande bleue.


Mur peint Valentine, en direction de Nemours. Photo Claude.K-2016

A l'époque on trouvait à Glandelles quelques petits commerces mais surtout, aux beaux jours, d'accueillantes auberges aux tables souvent prises d'assaut par les pêcheurs du coin.
Les longues files d'automobiles garées sur le bas côté témoignaient alors de la notoriété des lieux.


Le hameau de Glandelles, vu du Rocher.

Tout au long de la traversée du village, on remarquera ça et là quelques publicités murales parvenues jusqu'à nous en très mauvais état, bientôt méconnaissables


Publicité pour St Raphaël, pas la ville, mais l'Archange qui en 1830 fit retrouver la vue au docteur Juppet.
En remerciement de ce miracle, le docteur Juppet baptisa : St Raphaël son invention, un remède aux écorces de quinquina.

Au milieu du bourg sur la droite, l'ancienne auberge des Deux Marronniers.
Aujourd'hui fermé définitivement, l'établissement avait traversé les siècles.


Au début du siècle dernier, l'auberge "Les 2 Marronniers" avec ses marronniers encadrant l'entrée.
Aujourd'hui les marronniers ont disparu. Image réactive.

Ancien marchand de vin au début du siècle dernier, puis auberge des 2 Marronniers, le restaurant proposait jusqu'en 2021 une cuisine traditionnelle dans une salle confortable.


Vers les années 1930. Arrêt aux deux Marronniers pour cette famille en mal de Province.
Nappes à carreaux pour les tables dressées en terrasses, il est également possible de faire le plein de son véhicule à la pompe bijaugeur,
Peut-être, après manger, louera-t-on une barque pour une partie de canotage sur le loing. Un bel après midi en perspective.

A quelques mètres de là, au niveau du virage, une autre institution n'a quant à elle, pas résisté au manque de voyageurs et à la concurrence de l'autoroute.
L'hôtel restaurant "Au Poisson Doré" avec sa terrasse au bord de l'eau, était un rendez-vous prisé des pêcheurs qui envahissaient des lieux bien agréables le week-end.


L'auberge du Poisson Doré vue ici en 2016. Photo Claude.K

De mémoire de vacanciers, peu aujourd'hui se souviennent avoir connu un jour l'auberge ouverte. C'est que Le Poisson Doré a définitivement fermé à l'aube des années 1990 et les souvenirs se sont éstompés au fil des années.
Pourtant l'observation attentive de sa facade, en partie cachée par la végétation, nous permet de faire revivre les beaux jours de cet établissement réputé en son temps..

Un petit hôtel coincé entre la route nationale et le Loing, "façon ginguette" comme aurait dit Michel Audiard, le coin avait du charme.
Pas vraiment une halte pour gourmet, mais plutôt une bonne escale provinciale où il faisait bon occuper une des tables aux nappes de carreaux, à l'ombre des arbres et au bord de l'eau.
L'aubergisste vous y servait d'ailleurs sa renommée et délicieuse pêche du jour. Plus frais... il n'y avait pas.


Le charme d'un petit hôtel provincial à 80 km de la capitale,. Photo Claude.K-2016

Extrait du journal La République Seine et Marne par Karine Brives 2021 :

Entre Bagneaux-sur-Loing et Souppes-sur-Loing, la RN7 longe le Loing, et recevra des hôtes de marque, comme l’acteur Pierre Fresnay et sa compagne Yvonne Printemps qui, dans les années 1930, feront une étape forcée à l’auberge Au Poisson Doré à cause d’une panne de voiture. Le couple, séduit par les lieux et les délicieux poissons fraîchement pêchés par l’aubergiste, entraînera dans son sillon tout ce que Paris compte de célébrités, toutes ravies de goûter à l’esprit guinguette.

 

 

Ci-contre : Jour d'affluence Au Poisson Doré vers les années 50
Prix fixe : 15 francs vin compris, soit 2,30 Euros ! On croit rêver !


Une vue de la salle à manger rustique à l'époque et actuellement . Image réactive.

En cherchant quelques documents sur le net, je tombe sur le post "d'Artémis" qui, comme moi, aime à remonter le temps :
j'en reproduis ici le contenu :


"Le long de la Nationale 7, Il existe une auberge abandonnée.
Les murs ocre jaune, les volets et la porte couleur de chocolat se délavent doucement.
Son nom : « le poisson doré ».

Autrefois quand la vie l'habitait encore on devinait par la porte entr'ouverte une terrasse donnant sur la rivière.
Si ce lieu pouvait parler que nous conterait-il ?
Il nous dirait je crois de regarder le Loing, si beau et large à cet endroit, il nous dirait de prendre une barque et de nous laisser bercer par le courant.
Il nous dirait que le soleil tape et qu'il faut faire attention de ne pas brûler !
Il nous dirait l'histoire des belles dames et des messieurs élégants qui vinrent là déguster une friture de gardons bien dorés.

Remontons le temps nous sommes dans les années cinquante, un couple d'artiste fréquentait ce bord d'eau !

J'ai eu beau chercher sur le net, il est vrai, les traces de ce couple célèbre qui était venu chercher refuge là-haut sur le plateau et fréquentait l'auberge de la vallée…RIEN !
Je n'ai trouvé aucune trace, la maison a été vendue, pas de plaque commémorative !

Et pourtant les anciens du village savent que c'est bien là que venaient se réfugier
Pierre Fresnay et Yvonne Printemps. Ils faisaient leurs courses à L'épicerie - tabac- café du village voisin.

Et il est arrivé que le berger Allemand de l'institutrice du village effraie le loulou de Poméranie de madame Printemps !


Les tables en bord de Loing. Image réactive

Pierre Fresnay que l'on imagine toujours en costumes sombres et bien taillés se vêtait comme les paysans du coin et chaussait des sabots !
Quand j'ai interrogée madame B. l'institutrice maintenant retraitée, elle a émis des regrets de n'avoir pas été plus curieuse,
de s'être abstenue de poser toutes les questions qui lui venait à l'esprit, et surtout de ne pas avoir su profiter des places de théâtre si généreusement offertes!

Mais monter à Paris pour une soirée en ce temps là on ne l'imaginait même pas. Le Gâtinais c'est à 80 km au sud de Paris".

Commentaire écrit par :
Artemis77, publié le 27 août 09 http://www.pointscommuns.com/lire_commentaire.php?flag=F&id=81544



Vue en direction de Nemours. Pas moins de deux stations-services, une pour chaque sens de circulation
Au fond le Restaurant des Deux Marronniers

Concernant Pierre Fresnay et Yvonne Printemps, Jean Olivier B m'écrit et se souvient :

"Leur maison de campagne se trouvait à Corbeval à quelques km de Glandelles.
Mon père était le gardien/jardinier de cette maison et j'ai eu la chance de les rencontrer plusieurs fois (mais bon je n'avait que 8 ans). Nous sommes même allés une fois déjeuner chez eux à Neuilly.
Ils venaient régulièrement chercher des œufs et du lait à la ferme de mes grands parents.
Ma grand-mère nous racontait que plusieurs fois Yvonne Printemps rebutée de la campagne rentrait à Paris en voiture et laissait Pierre Fresnay en plan. Alors mon grand-père emmenait Pierre Fresnay à la gare de Nemours."

Nous n'en avons pas tout à fait terminé avec cette auberge décidément mythique, lisez donc ce qui suit :


Fait divers :

Sur la route de Nemours à Montargis, à proximité de L'Auberge du Poisson Doré, un camion heurte une voiture et la précipite dans le Loing.
Lorsque l'on retire le véhicule de la rivière, on ne trouve pas trace de ses occupants.
Par contre, dans le coffre, on fait une macabre découverte : une femme, la gorge tranchée, y est enfermée.

Voila une bien sombre histoire qui ne vous donnera pas l'envie de vous attarder plus longtemps dans le village.
Mais rassurez vous ! il ne s'agit ici que d'une nouvelle de Georges Simenon écrite en 1938, faisant intervenir son célèbre commissaire Maigret dans "L'Auberge aux noyés".

Comme souvent chez Simenon, l'auberge n'est pas le pur fruit de son imagination.
L'établissement existe réellement et dans son récit l'auteur lui prête le nom de "L'auberge aux Pêcheurs", parce que "l'Auberge aux noyés" c'est bon pour le titre Choc d'un roman policier, mais pour attirer le touriste, vous conviendrez qu'il y a mieux !
Il s'agirait en fait de notre Auberge du Poisson Doré.

Pas de preuve, mais des soupçons :
Dans le roman, il n 'est jamais mentionné le nom du "Poisson Doré". Mais, la distance du lieu tragique de l'accident avec Nemours, la proximité de la route avec le Loing et le canal, brefs, si l'on recoupe les mille indices distillés au fil de l'histoire, il ne peut s'agir en réalité que de notre auberge "Au poisson Doré".

Il ne nous reste plus qu'à imaginer Georges Simenon, venu là en repérage et occupant l'une des tables de l'auberge sur la rive du Loing, la pipe à la bouche, occupé à griffonner dans un carnet les éléments de son prochain roman policier.

Pas convaincu ? Ce site, en anglais, apporte tous les détails digne d'une chasse au trésor, pour retrouver l'auberge du roman : http://www.trussel.com/maig/Maigret-in-France/auberge1.htm


Vers les années 2000, la réalité rattrapera la fiction. Un fait divers sordide et cette fois-ci bien réel allait précipiter la fermeture de l'établissement. Vrai ? Faux ? Commérage de bonne femme ?
Je n'ai pas trouvé trace écrite de ce fait divers oral et ne peut donc en assurer la véracité, mais je ne peux m'empêcher de penser que Georges Simenon, inspiré par le lieu plusieurs décennies auparavant, a fait preuve ici d'une certaine clairvoyance pour le moins troublante.

Cette fois-ci, en route –

Quelques mètres à peine en face du Poisson Doré, voilà la station Antar, l'une des deux stations-service du hameau.
A part les publicités murales qui ont du mal à résister au temps qui passe, plus rien n'indique qu'il s'agissait d'un garage.


Aujourd'hui une maison anodine, au siècle dernier une station service Antar. Photo réactive.


La remise du garage et sa publicité pour l'huile Motul.

Quittons Glandelles et poursuivons notre route rectiligne entre la vallée du Loing et les fameux poudingues de la région.
A quelques kilomètres de là, un ancien garage abandonné, fantôme solitaire de la route.


Le lieu semble aujourd'hui tout droit sorti d'un film de David Lynch.

Plus loin, une borne Royale sur la gauche, elle porte le numéro 43 (82.560 km de Paris).


La borne milliaire 43.

Au hameau "Le Cocluchon" (commune de Souppes sur Loing), sur la droite, un mur de corps de ferme sur lequel se superposent plusieurs réclames peintes, pour certaines encore pas mal conservées.


Qui se souvient de "Frigéavia", une marque d'électroménager des années 1960 et de Préfontaines, " l'élégant Vin de table"
Image réactive. Photo Claude.K-2016

Encore quelques kilomètres et nous arrivons à Souppes sur Loing.

Souppes sur Loing Km 0083

http://www.ville-souppes.com/accueil.html



A Souppes, les activités d'eau sont à l'honneur.

Sur la droite, après la station Total et le garage Renault, une ancienne indication murale pour une station Azur située, à l'époque, à 300 m de là.
Aujourd'hui la publicité est partiellement recouverte par la végétation envahissante.


A ce croisement, jusqu'en 1959, on pouvait voir la circulation automobile interrompue par le passage de l'autorail reliant Montereau à Château Landon.
A droite le bien nommé "Chemin du Tacot"


1 - Circulation interrompue au passage à niveau de la N7, protégé par deux barrières manuelle en accordéon.
Même vue que ci-dessus. Il s'agit ici d'un autorail Billard. Image réactive.
2 - Vue aérienne du carrefour, la flèche blanche indique le sens de la vue ci-dessus.

La ligne de Montereau à Château-Landon était une ligne de chemin de fer secondaire à voie métrique qui reliait les villes de Montereau-Fault-Yonne et Château-Landon.
Ouverte en 1889 elle fermera en 1959 et sera déclassée le 24 mai 1960. (Wikipédia).

En route -

On entre dans le bourg par la route de Paris à présent avenue du Général Leclerc, longue et rectiligne, interminable.
L'office du tourisme sur la placette à droite, nous rappelle que Souppes sur Loing est une destination touristique.
Sur cette même placette, la borne royale n° 44.
Je ne m'explique pas sa présence sur la droite de la chaussée, à moins d'un déplacement par la municipalité.


L'office du tourisme et la borne royale.

Ville d'étape à l'époque où elle était encore traversée par la nationale 7, Souppes proposait alors hôtels et restaurants à une clientèle de passage.
Aujourd'hui sa base nautique et son parc animalier permettent aux vacanciers de s'attarder plus longuement dans la ville afin de goûter aux charmes du Loing.


Camping et baignade sur les bords du Loing.


Deux clichés pris à quelques minutes d'intervalles si l'on s'en réfère à la position de la patronne
de l'hôtel de l'Espérance en train de servir des clients attablés.
Image réactive.


Le même carrefour aujourd'hui, la plaque de cocher et une réclame peinte. Image réactive.

Histoire d'en connaître plus sur la Pierre de Souppes :

L'exploitation de la pierre existe depuis des siècles dans la région et trouve son apogée au XIXe siècle.

Les deux flancs de la vallée sont exploités.
Le banc de pierre formé il y a quelques 35 millions d'années traverse la vallée d'Est en Ouest et toutes les communes de cette partie du Gâtinais l'ont pour sous-sol.

Plusieurs grandes œuvres de pierre qui ornent la capitale aujourd'hui viennent donc d'ici : l'Arc de Triomphe vient d'une carrière de Château-Landon, à proximité.
Les pierres de la statue de Sainte Geneviève et du Pont de la Tournelle, proviennent de Souppes, mais la grande œuvre commune à toute la région reste la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Joseph Combe, maître carrier à Souppes, reçoit la commande de l'extraction et de l'acheminement de la pierre, il fera ainsi travailler tous les carriers de la région dès la fin du XIXe siècle.

On extraira et taillera la pierre pour la basilique jusqu'au milieu du XXe siècle.

 


Chantier de taillage de pierres du port


Le nez en l'air et l'on surprend encore quelques enseignes..

En route -

Le petit centre se fait maintenant plus commerçant. Sur la gauche l'ancien "hôtel du Mouton", étape réputée sur la nationale 7, n'a pas été démoli.
Il a conservé son enseigne et abrite maintenant une maison familiale. Un bel exemple de réhabilitation.


L'hôtel du Mouton. Image réactive.


L'enseigne de l'hôtel a été conservée.

Plus loin, sur le même trottoir, la boulangerie a traversé les âges et est encore là aujourd'hui.


L'ancienne graineterie du coin après s' être transformée en marchand de peinture dans les années 1960, abrite aujourd'hui un fleuriste.
Remarquez l'ancienne station BP en arrière plan. Image réactive.


Même carrefour, même angle de vue, avec le grainetier en coin et une pompe à eau sur le trottoir.

Dans le prolongement, le "café restaurant de la poste" situé à côté du grainetier a totalement disparu, tout comme la station service que l'on devine aujourd'hui a ses grilles fermées et au reliquat de publicité peinte sur le pignon de la maison qui annonçait : Dernier poste BP avant Autoroute.
En face une belle bâtisse en brique rouge : la Mairie.


L'ancienne station-service BP.


Tiens ! Lady Pénélope est de passage à Souppes !!
à moins que cela ne soit la voiture d' un rappeur, d'un footballeur ou d'un égaré de la télé réalité..
En général des gars assez discrets et d'une modestie ...

En route -

La route longe maintenant la voie ferrée et file plein sud, par la très longue rue de Montargis.
Le panneau de fin d'agglomération apparaît finalement lorsque les habitations se font plus rares.

Voyez là ! sur la droite, au hameau de la Hutterie, une bien curieuse bâtisse avec sa tour médiévale et ses tourelles aux toits en forme de pagode.
Je me suis souvent interrogé sur cette bâtisse étrange au style architectural indéfini, genre néogothique, tendance japonisante, plantée en bordure de route nationale.

Après quelques recherches, j'ai aujourd'hui la solution, levons le voile ...


La Hutterie sur la nationale 7. Image réactive

Voici : La Hutterie. Un Hôtel-Restaurant-Pension, avec garage, eau courante, chauffage central et téléphone, comme le précisait la publicité de l'époque.
Une charmante adresse nichée en plein bois, entre la route nationale encore peu fréquentée et le bord du Loing.
Remarquez les tables et parasols dressés directement sur la route.
L'époque bénie pour les voyageurs.

Sur cette portion de route, de Nemours à Montargis, les bornes royales ont été conservées, voici la 45e, peu après la Hutterie, elles nous indique que nous sommes à 86 km de la capitale.


Cachée par la végétation, la borne milliaire n° 45


Ne plus trop compter sur cette entreprise de transport pour organiser votre déménagement.

Quelques mètres avant de passer sous l'autoroute A77, remarquez l'imposant corps de ferme sur la droite. Avez vous remarquez le trompe l’œil ?

Il s'agit d'un ancien relais de poste, on en trouve trace dans les archives dès 1700, mais vous l'aurez remarqué, les bâtiments actuels sont de construction plus récente.
La date sur le porche indique 18 d'un côté et 31 de l'autre soit : 1831.


Le porche du relais. Image réactive.

Hormis la date : 1831, les autres inscriptions sur le porche semblent bien curieuses.
Esotérisme ? ... non point ! Inscription Latine ? ... pas mieux
Alors énigme ?

Réussirez vous à déchiffrer cette curieuse inscription au dessus de l'entrée ? : L A + I R

- Un indice (à lire à l'envers) : dit-lieu du celui, même là par et relais du nom le donnera vous, résolu fois une qui rébus petit d'un s'agit il
-

Avez vous trouvé ?

-

Passez la souris sur le rébus ci-dessous pour connaître la solution.


Voila vous savez tout maintenant ! Non ?

Il ne manque, pour parfaire le tableau, que la malle-poste quittant bruyamment la cour du relais, s'engageant rapidement sous le porche puis sur la route royale en direction de Fontainebleau.

Rendez-vous nationale 7 : Route royale de Nemours à Lyon, Nemours 24 avril 1791.


Extrait de : Voyages en France depuis 1775 jusqu'à 1817
Troisième grand voyage avec Caroline-Tullie page 376

Nous sommes ici au hameau de "La Croisière" (la solution de notre rébus, pour les retardataires) où le charme bucolique de cette portion de nationale 7 émoustillait alors la fibre campagnarde des vacanciers citadins.

En route -

Passons sous l'A77 également appelé "l'autoroute de l'Arbre* " qui rejoint Nevers, pour arriver au Hameau de "Rue Mangine" sur la commune de Dordives.
* ainsi appelé car le thème de l'arbre est développé tout au long des aires de repos, l'autoroute possède également un arboretum.


La Croisière, aujourd'hui et au début du siècle (le XXe). On reconnaît à gauche les bâtiments du Relais Postal.
Remarquez l'automobile. Image réactive.

Aujourd'hui gare au choc ! L'autoroute A77 et l'industrialisation du secteur ont profondément modifié le paysage qui a plutôt tendance à ressembler à une zone industrielle qu'à un havre de paix au cœur de la campagne Gâtinaise.


Café Epicerie Tabac Essence à La Croisière vers les années 1930.
Casse Croûte à toute heure.
Depuis la fin des années 1990, l'autoroute A77 recouvre en partie ce secteur autrefois bucolique.
Le Café est depuis détruit, il n'en reste que le terre plein du parking . Image réactive.


Gas Oil, Bar, Tabac et Téléphone, années 50. Remarquez à droite le panneau d'entrée d'agglomération.


Rue Mangine Km 0089

http://www.dordives.com

Sur la gauche deux bornes nous informent que nous quittons la région " Ile de France" et le département de Seine et Marne pour entrer dans celui du Loiret (45) en région Centre.

Déclassement de la route nationale 7, par la réforme 2005 : dans le département du Loiret, l'ancienne RN 7 prend le numéro de D 2007.
Officiellement renommée D2007, de nombreux panneaux routiers rencontrés dans le département du Loiret sont toujours estampillés N7.


Département du Loiret


A la frontière des départements Seine et Marne et Loiret. Photos Claude.K-2016

Nous passons devant un bar restaurant, anciennement café du Loiret, épicerie, mercerie, puis 500 mètres plus loin nous quittons déjà la Rue Mangine.


Le café du Loiret. Photo Claude.K-2016


Le Café du Loiret à l'époque où les véhicules ne sont pas encore à moteur. Image réactive.

Au rond point suivant la D607 rejoint la D377 pour former la N7 et arriver à Dordives commune située quelques centaines de mètres plus loin.


L'entrée à Dordives, image réactive.

Dordives Km 0090

http://www.dordives.com

Une ville à taille humaine, dans un cadre verdoyant... c'est ce que dit le site Internet de la municipalité.
Le bois et le minerai de fer furent la base de l'économie de toute la région dès l'antiquité, et Dordives devint rapidement une ville minière prospère.
Son nom serait dérivé du latin "Auro Dives" qui signifierait "d'or riche".


Carrefour de la voie de César (verticale sur le cliché ) avec la Nationale 7 (horizontale)

Dès l'antiquité, la région est traversée d'Est en Ouest par la voie romaine qui relie Orléans à Sens (aujourd'hui plus communément appelée "chemin de César").
C'est à cette époque également que fut construit le premier pont sur le Loing.
A cette transversale s'ajoutera plus tard la route royale de Paris à l'Italie, future Route Nationale 7. C'est autour de ce carrefour que s'est développée la ville.

A défaut de mine d'or, la commune possède aujourd'hui quelques atouts touristiques avec "le Musée du Verre et de ses Métiers" ainsi que l'espace naturel des étangs de Cercanceaux.


le musée du verre


Le camping en bord de Loing. Charme suranné.


Le Parking du Restaurant Brasserie Le Relais Routier. Photo Claude.K - 2016

Portrait de Mme Guillaume / Doménica.
- Derain - 1929
Musée de l'Orangerie

En 1957, un fait divers fit la une des journaux et passionna la France entière.

L'affaire Lacaze, comme on l'appelait déchaîna les passions.

Le Monde Titrait "Doménica ou la diabolique de l'Art".

Le lien avec la N7 est ténu, mais déclencha toute l'affaire.

En ce mercredi 11 juin 1957, un véhicule quitte Dordives à destination de Souppes sur Loing.
A son bord, un trio infernal : l'intrigante Doménica Lacaze, veuve d'un précédent mariage et héritière de la formidable collection d'art constituée par son mari défunt Paul Guillaume; Jean Walter son actuel mari, architecte et industriel réputé sur la place de Paris, accompagné d'un troisième personnage, le Docteur Lacour, homme perfide et néanmoins amant de Doménica.
Les trois protagonistes quittent leur propriété des alentours de Dordives pour déjeuner à Souppes sur Loing, où Jean Walter a programmé une partie de pêche pour l'après midi.

Walter arrête le véhicule à Dordives afin d'aller acheter le journal.
C'est en traversant la nationale 7 qu'il se fait accidentellement renverser par une voiture.
L'occasion est inespérée pour le couple adultérin. Doménica et le Dr Lacour, n'appellent pas les secours et tardent à intervenir avant de se décider à transporter Jean Walter à l’hôpital de Montargis.
Quand finalement ils arrivent à Montargis, Jean Walter est mort.
Doménica se retrouvent une nouvelle fois veuve, et... reste seule à la tête d'une des plus grande collection d'art, héritage de son précédent époux. Cent quatorze toiles parmi lesquelles de nombreux Renoir, Matisse, Derain, Picasso, Modigliani, Utrillo, Soutine.

L'intrigante ira même jusqu'à commanditer la mort de son fils adoptif. C'est l'affaire de trop.
Le couple Lacaze-Lacour est arrêté.

La collection contre l'impunité !

La collection Walter - Guillaume intégrera le musée de l'Orangerie en 1970, suite au chantage de Mme Lacaze et au compromis signé entre André Malraux, le ministre des affaires culturelles de l'époque et le couple Lacaze - Lacour, présumé coupable.

Contre le lègue de cette formidable collection à l'Etat, le couple Lacaze-Lacour s'en tirera avec un simple non lieu.

Je n'ai ici relaté que le fait concernant la N7, mais pour revivre cette affaire complexe et diabolique lisez ces articles :

http://www.parismatch.com/Culture/Art/Domenica-Walter-la-diabolique-un-destin-hors-normes-1034833

http://www.parisladouce.com/2015/08/expo-lincroyable-histoire-de-la.html

En route -

Au croisement de la route de Paris (N7) avec la voie de César (D62), il existait à l'époque glorieuse de la nationale, une belle borne Michelin aujourd'hui disparue.


La Borne Michelin au croisement de la route nationale 7 et de la voie de César. Image réactive

Au carrefour à droite au dessus de la vitrine de la boucherie, on aperçoit une plaque de cocher en fonte, ancêtre de nos panneaux indicateurs de direction.
http://www.plaquedecocher.fr/


Au carrefour la plaque de cocher au dessus de l'ancienne devanture du boucher, aujourd'hui murée. Photo Claude.K-2016

Le carrefour. Vue en direction de Paris.

Un peu avant la sortie de la ville, une maison sur la droite avec une ancienne publicité peinte pour la marque "CA VA SEUL", non pas une marque de laxatif, comme pourrait le laisser croire le slogan, :-))
mais une marque de cirage pour l'entretien des chaussures.


La pauvre publicité a bien besoin de rehausser ses couleurs aujourd'hui. Photo Claude.K 2016


Entrée du Pays par la route d'Antibes.. vue en direction du centre ville. Image réactive.

La ville se termine par quelques grosses villas, cottages bourgeois du siècle dernier, une longue zone d'activité commerciales et un cimetière pour voitures.

Le panneau de fin d'agglomération se situe au niveau de l'étang.

I km plus loin environ, dans un virage, il vous sera difficile, en fonction de la saison, d'entrevoir sur la gauche la chapelle de Thurelles, noyée dans la végétation.


Vue en direction de Dordives, donc la chapelle se situe à droite, perdue dans la végétation, la voyez vous ? Image réactive.

La chapelle est une dépendance du Château de Thurelles
A l'origine petit fief agricole accompagné de ses communs et entouré de ses terres, il dépendait de l’abbaye de Ferrières.
Le domaine se développera peu à peu pour devenir une maison de maître, et restera habité jusqu’à la Révolution.
Au début des années 1840, l'ancienne bâtisse sera détruite et remplacée par le château actuel.
Son nouveau propriétaire utilisera le lieu pour ses rendez-vous de chasse, du fait de la forêt environnante, proche du massif forestier de Montargis.
Il fera également construire la chapelle que l'on aperçoit de la route.

Source et extraits : http://www.dordives.com


La Chapelle de Thurelles est aujourd'hui à l'abandon. Photo Maxime Linke.


Il y a de cela près d'un siècle, la chapelle, sur un domaine entretenu, montrait encore ses vitraux intacts.
Aujourd'hui laissée à l'abandon, mangée par les ronces. Photo de droite Maxime Linke.

En route -

Maintenant, nous filons sur 2 x 2 voies en direction de Montargis.
Le Bourg de Fontenay sur Loing est dévié depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
La route amorce une courbe qui l'éloigne sensiblement du Loing, se détournant ainsi du tracé originel de la route Royale, ancienne route de Paris-Antibes qui passait auparavant par le centre du bourg.


En rouge, le projet de déviation de Fontenay sur Loing, qui débute à partir du Passage à Niveau 22 (PN n°22).
Avant 1945, la route nationale longe le Loing et franchit par 2 fois la voie ferrée. (document Frantz 58)

Une première déviation de Fontenay-sur-Loing avait été étudiée dès 1930.
Cette déviation avait une double utilité : premièrement, elle permettait de dévier Fontenay-sur-Loing, mais également de supprimer les deux passages à niveau de la voie ferrée Paris – Clermont-Ferrand.
Le tracé étudié ne changea qu’extrêmement peu entre les premières études de 1930 et l’ouverture de la déviation en 1945. (Extrait Wikisara)


En direction du sud, la N7 actuelle (en rouge) contourne désormais le bourg de Fontenay sur Loing
depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En bleu l'ancienne route, en jaune les passages à niveau.


Une étrange construction le long de la route nationale 7 :
La tour Faffe. Image réactive.

Dans le virage, en fonction de la saison, peut-être apercevrez vous, cachée derrière la végétation, la sombre masse d'une tour. Ce n'est pas une fortification militaire, ni même un château.
C'est un monument funéraire d'une grande famille donatrice de Fontenay : La Tour Faffe.

Voila bien une construction incongrue dans ce paysage Gâtinais jusque là sans surprise.
D'une architecture démentielle, la tour haute de 15 mètres, érigée à la fin du XIXe siècle, exhibe ses perspectives néo-Gothique ainsi qu'un statuaire répondant à une symbolique spirituelle déroutante.

La tour Faffe, est située dans l'ancien cimetière de la ville. Une curiosité ésotérique qui n'a pas encore livré tous ses mystères.

Et pour en savoir plus : ici

Fontenay sur Loing Km 0100

http://www.mairie-fontenaysurloing.fr/

Fontenay-sur-Loing est une vaste commune qui s'étire sur plus de 7 kilomètres le long de la Vallée du Loing et des axes de communication majeurs que sont la RN7 et la voie ferrée Paris - Nevers.
Fontenay est aussi au cœur d'un exceptionnel triangle d'autoroutes : l' A6 (Paris-Lyon), l' A77 (Paris-Nevers) et l' A19 qui complète le réseau allant de l'Est de la France à la côte atlantique.


Fontenay sur Loing.
L'ancienne route de Paris ( à gauche) longeait le Loing, passait par le centre du bourg et empruntait une nouvelle fois
un passage à niveau. Après la seconde guerre mondiale, une déviation : la nationale 7 (à droite) contournera
l'ensemble de la petite agglomération. Remarquez la tour Faffe entre voie ferrée et N7.

Un peu d'histoire :

De tout temps, Fontenay a été un lieu de passage pour les voyageurs, les marchands et autres pèlerins.
Jusqu'à la fin du XVIIe, la route Paris-Montargis, appelée le "Grand chemin de Lyon" passait par Château-Landon, Préfontaines, Perches et Montargis.
En 1636, une ordonnance décide de changer le trajet de la route royale : celle-ci doit désormais emprunter la vallée du Loing.
Le relais de Perche est alors transféré à Fontenay.

Les événements marquants de l'histoire de Fontenay vont alors être directement liés à la présence de ce nouveau relais de poste.

"C'était un endroit très apprécié - au relais s'ajoutait une hostellerie : l'Ecu de Fontenay. De nombreux voyageurs venaient y faire halte.
Chaque jour, c'était le passage de la malle-poste, deux fois par semaine le carrosse de Montargis, sans compter les luxueuses berlines se rendant à Paris !"

Ce trafic important cessa avec l'arrivée du chemin de fer. La ligne, mise en service le 15 août 1860, remplacerait désormais les voitures de poste.
Aujourd'hui, on peut voir l'ancien relais de poste aux n° 10 à 16 de l'avenue de la Libération. N'hésitez pas à faire le détour, pour une ballade bucolique et une plongée dans le passé.

Source, extrait et compléments : http://gatinais.histoire.pagesperso-orange.fr/HBL_Fontenay.htm


A l'époque où la route de Paris passait encore devant le seul bar-épicerie-station essence du centre bourg. Image réactive.

A gauche : carte d'état major de 1866 et le tracé de la route de Paris, par les deux passages à niveau.


Route de Paris, l'ancien relais de poste, devenu obsolète en 1860 avec l'arrivée du train.
Image réactive.

Les membres de la famille royale ou de la Cour empruntent souvent le "Grand Chemin" , comme la reine Marie de Médicis et le jeune Dauphin, futur Louis XIV, se rendant au château de Montargis pour fuir une épidémie de choléra qui sévit à Paris.

En novembre 1804, le pape Pie VII venu en France pour sacrer l'empereur Napoléon (voir croix de St Herem et pont de Nemours), fit une halte inattendue à Fontenay.

" Et une nuit de frimaire le maître de poste fait entrer son attelage dans la cour du relais de Fontenay. On s'étonne car le changement de chevaux doit se faire, selon le règlement, devant la porte, mais le maître Petit prévient qu'une avarie est survenue en cours de route : un essieu menace de se rompre et une réparation d'urgence s'impose.
Voilà l'illustre voyageur obligé de quitter sa berline pour quelques temps et tandis que sa suite, une quinzaine de prélats, cardinaux et évêques, envahit brusquement la salle commune, le saint-Père est conduit dans la plus belle chambre du relais. La nouvelle de l'arrêt du Pape à Fontenay se répand comme une traînée de poudre.

"Le Pape est entré à la poste ! Le Pape est chez nous" Vêtu d'une robe de laine blanche serrée par une ceinture rouge terminée par des glands en or, les épaules couvertes d'une mosette de velours cramoisi bordé d'hermine avec le petit capuchon derrière : tel il apparu pendant cette halte."

D'après : Trois siècle au service de la poste, de Madeleine Fouché.

A partir du 19e siècle les progrès du transport vont apporter à Fontenay la configuration que nous lui connaissons aujourd'hui.
La construction de la voie ferrée Paris-Nevers par Nemours nécessitera la destruction de l'ancienne église et la construction de l'église actuelle un peu plus loin.
Le "Grand Chemin" qui longeait le Loing fut rebaptisé "Route de Paris" avant d'être délaissé par les voyageurs au profit de l'actuelle et rapide Nationale 7 aménagée après la guerre afin d'éviter le centre de la ville et son passage à niveau.

Sources, extraits et compléments :

http://www.mairie-fontenaysurloing.fr
http://manuelo.free.fr/4vallees/fontenay.htm

En route -

Au carrefour, prenez quelques minutes pour sortir de l'axe de la nationale et faire un tour dans le village par l'ancienne route.
Tournez à droite, franchissez le passage à niveau pour aller jusqu'à l'arbre de la liberté en bordure du Loing et sans franchir le pont, longez le Loing par l'avenue de la libération.
Nous sommes sur le tracé de la route de Paris. C'est dans cette rue que se situent l'ancien relais des postes et l'hôtellerie. On peut parcourir l'ancienne route sur 1 km environ.


La route de Paris, encore dans son jus d'avant guerre. A droite le Loing.
Remarquez l'un des rares panneaux en béton qui subsiste sur la route nationale.
Image réactive


La route de Paris vue en direction de ... Paris

Après cette petite parenthèse reprenons notre voyage. Sur 2 x 2 voies, séparées par un muret de béton, la route longe la voie ferrée.
Au prochain carrefour, au feu, on arrive au niveau d'un centre commercial discount sur la gauche. Pas vraiment glamour et pourtant...


L' entrepôt actuel et anodin en lieu et place d'un ancien resto routier sur la route nationale 7.
Image réactive.

Ici se trouvait une autre des grandes institutions historiques de la route nationale 7 : "Le Relais des 100 bornes", un routier fermé en 2000 et détruit en 2007.


Photo : http://bop03.skyrock.com


Ce qu' il restait du relais des 100 bornes après sa fermeture en 2000.

La vue satellite sur Google Earth nous montre encore l'établissement avant l'installation du supermarché, dépêchez vous avant la mise à jour de leur photo.

Une vue aérienne en ballon le 14 juillet 2007.
Quelques centaines de mètres plus loin, nous quittons Fontenay sur Loing, nous sommes maintenant à 100 km de Paris, ce qui annonce pour nous la fin de cette seconde étape.

Fin de la seconde étape


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