ETAPE 2 : de CHAILLY EN BIERE à FONTENAY SUR LOING de 0050 km
à 0100 km de Paris
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2 /3
← L'Auberge ( Grez Sur Loing )
- St Pierre Lès Nemours - Nemours - Portonville (Bagneux
sur Loing) → |
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En route -
Au rond-point suivant, je vous propose un petit détour de moins
de 2 km, histoire de faire une halte champêtre au bord de l'eau.
Un petit coin sympa. Si ! Si !
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Prendre la direction de Grez sur Loing
à gauche par la D 104 et continuer tout droit jusqu'au pont
qui franchit le Loing.
Continuer encore 500 mètres.
Nous y sommes ! l'étang de la Clarette !

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Rendez-vous
nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969, 09h00 Grez sur Loing.
Etang de la Clarette. Episode 06.
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Mon père a ses secrets, et
il connaît sur le parcours de la nationale 7 tout un tas
de petits coins sympas où il fait bon musarder.
La petite Opel est arrêtée presque au bord de l'eau,
et chacun est sorti se dégourdir les jambes. Le capot est
ouvert, histoire de refroidir le moteur.
La table pliante est installée, le petit réchaud
à gaz allumé, ma mère prépare le café
frais qui emplira de nouveau la bouteille thermos, condition nécessaire
à la poursuite du voyage,
tandis que mon père vérifie pour la seconde fois
les niveaux de la Kadett.
Il faut dire que la voiture est neuve, et à peine rodée.
Nous sommes seuls en pleine nature, pour nous les mômes
c'est déjà les vacances.
Un plaid est déployé à même l'herbe
en bordure d'eau. Un paquet de biscuit entamé la veille
refait son apparition.
Le ciel est clair, il ne fait pas vraiment froid, mais l'eau du
petit étang nous semble tout de même bien glacée,
assurément ce n'est pas encore la Méditerranée.
La halte sera de courte durée, à peine trois quarts
d'heure, mais voila tout de même une bien belle escale que
nous aimions retrouver années après années.
Aujourd'hui l'endroit n'a pas vraiment changé, juste un
peu... mais pas suffisamment pour me faire oublier les bons moments
passés ici. |
En Route -
Après cette petite étape quelque peu aquatique, retrouvons
le bitume la route nationale.
Juste après le rond point, sur le terre-plein entre les voies
de circulation, une petite stèle commémore le souvenir
d'un agent de la DDT, ancien pompier bénévole décédé
à l'âge de 55 ans,
après avoir été fauché sur la route par
une voiture, en accomplissant son travail de voirie.
La stèle nous rappelle les dangers de la route. Levez donc
un peu le pied, pour éviter que les vacances ne se terminent
mal.

A Claude Rivalan, agent départemental des routes, décédé
dans le cadre de ses fonctions, le 24 novembre 2015.
Si vous êtes observateur, à hauteur de la
stèle, sur la voie de gauche dans l'autre sens de circulation,
on aperçoit les traces d'une aire bitumée en bordure de
route.
Il s'agit de l'emplacement d'une ancienne Station Azur, qui servit à
l'époque de modèle pour la photo de couverture de l'Atlas
Azur.
La station passera sous la bannière Total au cours des années
60 puis disparaîtra au début des années 1990.

Vue aérienne Nord (haut) Sud (bas).
L'emplacement de l'ancienne Station Azur est toujours visible aujourd'hui.
(flèches blanches)
Sur le cliché des années 80, on remarque que la station
possédait son kiosque satellite de l'autre côté
de la chaussée,
comme c'était souvent le cas à l'époque. Image
réactive

De part et d'autre de la chaussée, les stations Azur. A l'époque,
ici en juin 1970, la RN7 est sur 3 voies. Image réactive.
Le début des années 1950 voit l'arrivée
d'un nouveau concept venu tout droit des US : la Station Service.
Le réseau Azur n'est pas en reste avec l'implantation de "stations
boutiques" dans les villes et villages, et de "stations relais"
sur les grands axes routiers.
Au cours des années 60 les stations Azur passeront peu à
peu sous les couleurs Total.

Vue en direction de Bourron-Marlotte. Azur puis Total. Image réactive.
Merci à Phil André et son œil de lynx pour ses précisions
quant à la localisation exacte de cette ancienne Station Service.

L'auberge Km 0070
http://www.grezsurloing.fr
Comme son nom le laisse sous entendre, au lieu-dit "L'Auberge"
se trouvait ... une auberge !
L'endroit se nommait "Maison Neuve" en 1780, puis "Auberge
de la Maison Blanche" en 1821 et "Le Pavé" en 1876,
où l'on dénombrait 5 maisons et 16 habitants.
(Promenade dans le passé : Nemours et environs par René
Charles Plancke)

Est-ce cette grosse bâtisse qui a donné son nom au hameau
? Image réactive.
Le hameau "l'Auberge", tout en longueur de part
et d'autre de la route nationale, dépend de la commune de Grez
sur Loing située quelques centaines de mètres en contrebas
en bordure du Loing.
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Grez sur Loing comme Barbizon ou Bourron-Marlotte
connut une importante activité artistique dès 1860.
Avec la proximité de la gare de Bourron-Marlotte, de nombreux
artistes et personnalités débarquèrent à
Grez sur Loing à la découverte d'une vie campagnarde
plus authentique que celle qu'ils menaient à Paris.
Les Champs, la forêt, les ruines de la Tour de Ganne, les
bords du Loing et la lumière exceptionnelle des lieux, contribuèrent
largement à l'émerveillement des sens.
Si la peinture restait une des spécialités de Bourron-Marlotte
et de Chailly en bière, le village de Grez sur Loing ne fut
pas en reste, puisqu'il accueillit d'autres disciplines telles la
sculpture, la gravure, l'écriture, ou la musique.
Jean-Baptiste Corot (encore lui) fut l'un des premiers attiré
par la beauté des lieux.
Il peindra: le Pont de Grez-sur-Loing en 1860.
De nombreuses célébrités suivirent et s'installèrent
dans la commune, les frères Goncourt, Camille Pissarro, Balzac.
L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson, auteur
de " l'île au trésor ", y rencontra sa future
épouse l'artiste californienne Fanny Osbourne.
Plus tard, des colonies d'artistes américains, britanniques,
scandinaves et japonais s'établirent à Grez afin d'y
étudier la peinture de plein air.
Grez Sur Loing |
Pour en savoir vraiment plus :
http://www.artistes-grezsurloing.fr/
http://arts-lubies.blogspot.fr/2010/02/les-peintres-de-grez-sur-loing.html
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Avant de reprendre la route, je vous engage à
entrer dans le bourg, afin de vous rendre jusqu'au vieux pont
sur le Loing qui a conservé tout son charme.
Ne manquez pas les ruines de la tour de Ganne érigée
en 1127 par Louis VI le Gros et qui fut la résidence de
Blanche de Castille, Philippe Le Bel et Jean Le Bon durant la
guerre de 100 ans.
Dans le jardin de la tour, vous y trouverez la borne
royale N°36 très bien conservée avec sa fleur
de Lys.
Aujourd'hui déplacée, la borne se
situait, à l'époque, le long de la Route Royale,
à l'emplacement actuel du hameau de " l'Auberge ".
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D'auberge ? Il n'y en a plus guère aujourd'hui, tout juste retrouve-t-on
l'emplacement du charmant "Moulin Fleuri", un restaurant-café-buvette,
où il faisait bon manger à l'intérieur, dans la petite
salle campagnarde,
ou, aux beaux jours, sur le bord de route à l'ombre des arbres.

Vue en direction de Fontainebleau. Le Moulin Fleuri. Image réactive
même lieu.
Le Moulin Fleuri, devenu entre-temps un restaurant Thaïlandais, est
entièrement rasé en 2024.
Il fait désormais place à des locaux commerciaux flambants
neufs.

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En route -
Quittons le hameau de l' Auberge.
La vue satellite nous informe que notre axe routier D607 est
bordé sur sa gauche par le cours du Loing, et sur sa droite
par la voie ferrée Paris - Clermont-Ferrand, ainsi que
par l'autoroute A6 qui franchit notre route.

Depuis la loi Grenelle II interdisant la pré-enseigne
( format signalétique indiquant la direction et la présence
d’un commerce)
dans les petites et grandes agglomérations, ces panonceaux
publicitaires ont complètement disparu du paysage.
Quoi qu'on en pense, certains avaient leur utilité.
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Dès que le pont de l'autoroute A6 est en vue, au niveau du carrefour
avec la D63, vers Villiers sur Grez, un portail anodin sur la gauche ..
n'attire pas l'attention... ce qui est normal puisqu'il est anodin !
Ça y est ? Vous l'avez ?

Au carrefour avec la route de Villiers sur Grez, devant la grille
du Parc de la Bouleaunière. Image réactive.
Il s'agit du portail du château de la Bouleaunière,
propriété de Madame de Berny, une des femmes, sinon la femme
la plus importante dans la vie d'Honoré de Balzac.
A la fois son inspiratrice et son amante, Mme de Berny reçoit l'écrivain
dans les années 1830, en sa demeure de la Bouleaunière.
L'homme de lettres y écrit son roman "Ursule Mirouet"
paru en 1841, roman qui s'inspire de la société nemourienne
et qui décrit la ville de Nemours au milieu du XIXe siècle.
https://debalzac.wordpress.com/2010/01/10/balzac-et-laure-de-berny/
Nous verrons plus loin que Balzac ne fût pas le seul
écrivain inspiré par la capitale du Gâtinais.
Quoi qu'en ce qui concerne Balzac, c'était plutôt la présence
de Mme de Berny qui l'amenait à découvrir la région.

Étonnante inscription que celle de Nice déjà indiquée
à 886 bornes d'ici !
En route -
Après notre passage sous l'autoroute A6, nous arrivons
avenue Carnot, sur la commune de Saint Pierre Lès Nemours.

Saint Pierre lès Nemours Km 0073
http://www.saintpierrelesnemours.fr
Saint Pierre Lès Nemours, c'est un peu la zone industrielle Nord
de Nemours.
J'ai pas dit les quartiers Nord.
Ici, pas de tours ou d'ensembles immobiliers démesurés,
mais des entrepôts de matériaux et des usines chimiques,
que les rangées d'arbres abattus en 2010, ne masquent hélas
plus de leurs feuillages.
Attention toutefois à ne pas manquer un monument de la culture
populaire, qui pourrait passer inaperçu pour le profane qui roule
un peu trop vite.

Certes, ce n'est pas la plus belle vue de la RN7, je vous rassure..
l'intérêt est ailleurs.
Sur le pignon d'une petite maison en bordure de route, une
réclame peinte pour la marque "Saponite" : "La lessive
douce et savonneuse qui blanchit tout sans brûler" comme le
disait le slogan de l'époque. 

Gérard Chenaux raconte : Je suis né à
Saint Pierre lès Nemours en 1936. C'est mon père qui a peint
cette publicité en 1934.
Il y avait également une même peinture sur un pignon à
Charenton.
Mon père était un artiste qui faisait ses teintes lui même
et quand il eu peint ce médaillon, les gens lui disait avec le
soleil, la pluie et le vent, dans quelques années, il ne restera
plus rien !
A ces questions, il leur répondait : " tant que le mur sera
là, les couleurs seront là ! " (extraits du site
https://lesmurspeints.blogspot.com/2009/02/saponite-la-bonne-lessive.html)
Outre son excellent état et sa grande rareté,
l'emplacement de cette "pub" n'est pas anodin.
Cette marque de lessive aujourd'hui oubliée, apparaît
à la fin du XIXe siècle.
Selon la Bibliothèque Nationale de France les premières
affiches publicitaires datent de 1890.
Le siège sociale est alors situé à Charenton mais
la fabrique de lessive se trouve à… St Pierre Lès Nemours,
juste en face de notre panneau publicitaire, de l'autre côté
de l'avenue Carnot.
Pour sa réclame, Saponite va réunir dans un cercle : Napoléon
Bonaparte, Louis Philippe et Marianne.
Les premiers slogans publicitaires ont alors une curieuse connotation
politique : "Avec quoi allons nous laver notre linge sale ? ".
(Imaginez le même slogan avec nos hommes politiques actuels )
Les personnages choisis ne le sont pas par hasard puisqu'ils évoquent
les rivalités politiques entre bonapartistes, monarchistes et républicains.
La marque a depuis longtemps disparu. Après le groupe industriel
Henkel France, c'est le groupe Vandeputte qui occupe le lieu et produit
toujours des savons et des détergents.
Pour la petite histoire, cette publicité, la plus ancienne de
la nationale 7, est entretenue par des fonds privés, d'où
son excellent état aujourd'hui.
http://lesmurspeints.blogspot.fr/2009/02/saponite-la-bonne-lessive.html

Rond-point Carnot, borne Royale et sculpture monumentale.
En route -
Un peu plus loin, nous voici quartier de la Demi-lieue.
Au niveau du rond-point sur la gauche, ayez l'œil pour apercevoir la borne
de demi-lieue numéro trente-huit, avec sa fleur de Lys.
La présence de cette borne nous informe qu'au XVIe siècle,
cette route était considérée comme "Grand-Chemin
Royal "reliant Paris à Lyon,
délaissant en conséquence l'ancien itinéraire jugé
moins direct qui passait par Larchant, haut lieu de pèlerinage
sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Sculpture monumentale, au rond-point Carnot.
Une sculpture de Philippe Thill signale désormais
l'entrée de la déviation de la RN7 à Nemours. (pas
vraiment une déviation, mais un contournement de Nemours, via de
nombreux ronds-points et un parcours plutôt alambiqué.)
Vingt kilomètres après le légendaire obélisque
de facture néoclassique de Fontainebleau, cette statue, qui figure
d'énormes cristaux de verre et de quartz,
témoigne du passé industriel verrier de l'agglomération
nemourienne.
Grand prix de Rome dans les années 60, Philippe Thill sculpte
dans la résine des œuvres monumentales pour marquer les espaces
publics des villes ou les bords de route.
Légère, façonnable et pas chère, permettant
de tout suggérer, le translucide comme l'opaque, le solide comme
le liquide, la résine est, pour lui, l'avenir de l'art monumental.
D'inspiration figurative, il tourne les objets en dérision pour
en faire un art des villes bien vivant, malgré son arrière-goût
surréaliste.
Extraits article Le Moniteur 1997. Jean-François Caltot.
Au Niveau du Rond-Point, face au resto fast-food, vous aurez bien du
mal aujourd'hui à identifier l'ancien Garage Malbert, concessionnaire
Simca et station Esso.

L'ancienne concession Simca - station Esso, à l'entrée de
la ville. Image réactive. Photo ??
Saint Pierre Lès Nemours fait face à Nemours,
sur la rive gauche du canal du Loing.
Habité depuis le paléolithique, une église est édifiée
au XIIe siècle en la paroisse de St Père de Nemox.
Sous le règne du pape Alexandre III, l'église est officiellement
consacrée à St Pierre, validant ainsi le nom de la ville
actuelle.
La zone traversée de nos jours par la Route Nationale 7 reste toutefois
une zone d'activité inhérente à beaucoup de ville
de province, fonctionnelle certes, mais pas vraiment folichonne.

Mur peint proche de la gare de St Pierre Lès Nemours.
Chopin Frères Négociants en produits alimentaires et droguerie.

Entrepôt désaffecté le long de la route, à
proximité du parking de la gare de Nemours.

Route pavée, Avenue Carnot, face à la gare, vue
vers Fontainebleau.
Sur la droite l'Hôtel St Pierre et de la Gare réunis, aujourd'hui
Boulangerie, pâtisserie. Image réactive
L'avenue Carnot passe devant la gare de Nemours / St Pierre,
située sur l'itinéraire ferroviaire de dédoublement
de la ligne Paris-Lyon, via Dijon, utilisée jusqu'en 1952 pour
le transport de fret.
Aujourd'hui elle relie Paris, Nevers ou Montargis.
Après la gare et le virage à gauche, voici
Nemours.

Nemours Km 0075
http://www.nemours.fr
Entrée de la ville. Image réactive.
Le nom de la ville provient d'un dieu Gaulois nommé Némausus,
qui aurait également donné son nom à la ville de
Nîmes.
Petite Chronologie Historique :
Habitée depuis le paléolithique, comme sa consœur
St Pierre Lès Nemours, la bourgade prend véritablement
son essor au Moyen-Âge, avec en 1120 la construction d' un
château sur la rive gauche du Loing .
Au XIIIe siècle, appauvris par les croisades, les seigneurs
de Nemours cèdent leur terre au roi de France.
Au XVIIIe siècle marqué par les règnes de
Louis XV et Louis XVI, Nemours devient une importante cité
administrative, siège d'une maîtrise des Eaux et Forêts,
d'un grenier à sel et de deux paroisses, Saint-Jean-Baptiste
et Saint-Pierre.
La Révolution de 1789, qui fait de Saint-Pierre une commune
indépendante de Nemours, puis l' Empire, annoncent le déclin
de la capitale du Gâtinais français au profit de Fontainebleau
qui devient le centre régional et administratif de la région.
En 1814 les Cosaques entrent dans Nemours, mais l'événement
sera effacé par le souvenir de " l'Année terrible
" de 1870 au cours de laquelle 3.000 Prussiens envahissent
la ville et incendient le quartier de la gare.
Cette occupation ennemie durera quatre mois.
Au cours des Trente glorieuses, Nemours se dote des équipements
sociaux, culturels et sportifs correspondant à son expansion
démographique.
Le patrimoine historique n'est pas en reste : château, église
et bords du Loing, sont mis en valeur.
Le bourg rural, qui en 1946 comptait 5 418 habitants, voit sa population
plus que doublée vers les années 1970.
Source et extraits : http://www.nemours.fr
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En route -
Quelques mètres avant le panneau d'agglomération,
situé juste avant le pont de Paris, sur le même trottoir,
une plaque en fonte accrochée à presque 3 mètres
de haut nous rappelle que :
"La Mendicité est Défendue dans le
Département de la Seine et Marne".
Il existe plusieurs plaque comme celle-ci dans le département
de Seine et Marne.

L'entrée de Nemours et sa plaque anti-mendicité dans
le département.
Cette plaque semble correspondre à l'application
de l'arrêté du 16 mars 1846 du préfet de Seine-et-Marne,
stipulant :
- A partir du 15 avril 1816, la mendicité est interdite
dans le département, cet arrêté sera communiqué
et placardé dans toutes les communes.
Ce contrôle des mendiants est repris par le préfet en 1890
et s'accompagne cette fois de la répression de la mendicité
et du vagabondage
En route -
Après avoir franchit le "Pont de Paris" qui enjambe
un bras du canal du Loing , la nationale 7 entre dans la "Rue de
Paris".
Des rues de Paris, ou des routes de Paris, pratiquement toutes les villes
que traverse la N7 en possèdent. Bon à savoir si l'on se
perd en route.
De même, la sortie des villes se fait la plupart du temps par la
rue ou la route de Lyon.
Avant l'ouverture du tronçon de l'autoroute A6 qui depuis 1967
contourne la ville, la traversée de Nemours était redoutée
par les automobilistes,
car elle annonçait un ralentissement effectif de la circulation,
le plus souvent d'une durée aléatoire, un fâcheux
contretemps occasionnant immanquablement une chute de la vitesse moyenne
du trajet.
Ceux qui ont connu les grandes heures de la nationale, parlent de plusieurs
heures d'embouteillage passées dans le centre de la capitale du
Gâtinais du fait des nombreux feux tricolores qui jalonnent les
rues de la ville.

Sur le Pont de Paris à l'entrée de Nemours, le canal
du Loing et son chemin de halage.
Le parcours du combattant... commence donc Rue de Paris.
Rectiligne, à double sens, la rue étroite s'enfonce en direction
de l'église dont on aperçoit le clocher tout au bout.
Immédiatement sur la gauche, à l'entrée de la rue
de Paris, une ancienne halte appréciée des automobilistes
pour une pause casse croûte bienvenue :
" Au Rendez Vous des Pêcheurs" en terrasse et en bordure
du chemin de halage le long du canal. Agréable.
L'établissement est fermé depuis bien longtemps, il n'en
subsiste que les jardinières qui délimitaient la petite
terrasse en bordure du Loing.
En face c'était l' hôtel restaurant "du Prieuré"
qui accueillait le touriste en lui proposant la friture du jour fraîchement
pêchée dans le Loing.

Casse croûtes au Rendez-Vous des Pêcheurs à gauche
chez Vanneste et friture à l'Hôtel Restaurant du
Prieuré à droite.
Image réactive.

Précision de cette borne kilométrique, Rue de Paris,
qui nous situe à 37.7 Km de la borne limite de département
rencontrée un peu avant à St Fargeau Ponthiéry.
Photo plaque J-F Lobreau.
Un peu tristounette aujourd'hui la Rue de Paris, qui notons
le au passage, a conservé son nom et son double sens de circulation.
Malgré cela, les commerces ont désertés la place.
A moins d'un accident automobile, c'est pas ici que nous serons coincé
dans un embouteillage.
En fait, la physionomie générale de la ville
n'a que très peu changé depuis des siècles.
Nemours est restée authentique, presque dans son jus, ce qui en
fait tout son charme.
Petit arrêt devant l'Hôtel Particulier du 90
de la rue de Paris.

Au 90 de la rue de Paris, l'hôtel Particulier de Charlotte Marie
Louise Le Dée de Rencourt, première épouse du Sieur
Du Pont de Nemours.
| Du
Pont de Nemours :
L'aventure industrielle de la famille Du Pont de Nemours
a débuté à Nemours, avec Pierre Samuel Du Pont
de Nemours (1739-1817).
A la suite de son élection comme représentant du Tiers
Etat pour les Etats Généraux de 1789, il commence
une brillante carrière sous la monarchie.
C'est à Nemours, dans un hôtel particulier
situé rue de Paris, qu'il rencontre celle qui va devenir
sa première femme : Charlotte Marie Louise Le Dée
de Rencourt.
Précurseur de l'économie politique moderne, il accède
aux responsabilités du pouvoir, grâce à son
ami Turgot.
Député du bailliage de Nemours, il est
anobli en 1783, pour services rendus.
Louis XVI lui accorde une patente de noblesse, et l'autorise à
accoler le terme "de Nemours" à son nom d'origine.
Pendant la révolution et la Terreur, il quitte la France
pour les Etats Unis d'Amérique.
Son fils Eleuthère-Irénée, chimiste
y fonde une manufacture de poudre en 1802 et devient ainsi le plus
gros fournisseur de l'armée US.
Le groupe chimique et industriel Du Pont de Nemours invente le nylon
et les polymères.
Aujourd'hui, l'entreprise Du Pont de Nemours est toujours
une des plus grandes multinationales américaines. |
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En route -
Avec l'apparition des commerces, après l'Hôtel
Particulier Du Pont de Nemours, la ville s'anime, la vie reprend son cours.
A l'emplacement du square sur la gauche se trouvait à
l'origine la halle aux veaux.

La halle au Veaux hier et aujourd'hui. Image réactive.
Juste après le carrefour avec le quai Victor Hugo,
en direction de Montargis, nous franchissons à nouveau un bras
de canal du Loing.
Nous abordons maintenant la seconde section de la rue de Paris.
Juste après le pont, la maison sur la gauche ne loue plus de chambres
meublées et, en face, l'établissement de bains froids dans
le Loing n'existe plus.

Seconde partie de la rue de Paris au début du siècle
dernier et aujourd'hui. Image réactive.
Alors que la majorités des voyageurs contournent la ville par
l'autoroute A6, la circulation dans la rue de Paris aujourd'hui, reste
tout de même relativement dense sur ce second secteur.
J'imagine dès lors le jour des grands départs en vacances
lorsque l'autoroute n'existait pas…
Au 60 rue de Paris, l'enseigne "A la ménagère de Nemours",
aligne sur son mur l'inventaire de son catalogue... un joyeux bazar !
Aujourd'hui le mur est effacé, et la quincaillerie s'est transformée
en parfumerie.

Intéressant mur peint, inventaire de ce que proposait A
La Ménagère de Nemours, vue en direction de Paris.
Point de vue identique aujourd'hui, histoire de jouer au jeu des sept
erreurs, remarquez l'indicateur kilométrique. Image réactive.

La crue de 1910, rue de Paris.
Juin 2016 :
Une crue exceptionnelle, supérieure à la crue
de 1910, prévient Météo France dans son bulletin.
Le Loing, l'un des affluents de la Seine, vit depuis le 31 mai 2016 une
crue centennale, après plusieurs jours de précipitations
records.
Une ville coupée en deux par les eaux. Nemours, 12 824 habitants,
a été littéralement noyée par la crue exceptionnelle
du Loing.
C’est le centre-ville, où vivent environ 4 000 personnes,
qui a été le plus sévèrement impacté
: un millier de foyers, près de 200 commerces ainsi que de nombreux
édifices publics ont été touchés par les débordements
de la rivière.

La crue de 2016, rue de Paris . Photo agence Sipa.
En route -
La rue de Paris continue sa progression et s'élargit quelques
peu en approchant de l'église St Jean Baptiste.

La rue de Paris vue du clocher de l'église en direction de
St Pierre lès Nemours
Des voitures sont garées devant l' hôtel de l' Écu
de France. Remarquez la "micro car"
A cet endroit, sur la droite, une halte pour gourmet :
l'hôtel restaurant l' Écu de France.
L'étape gastronomique obligatoire des vacanciers gourmands, une
des anciennes adresses mythiques de la Route Nationale 7.
L'Écu de France

Le célèbre Écu de France au début du siècle
dernier, sans doute comme l'a connu Victor Hugo qui y logea quelques jours.
Avant la première guerre mondiale, l'établissement est surélevé
d'un étage au détriment du pittoresque et de l'esthétique.
(Promenades dans le passé)
Aujourd'hui, la partie hôtel n'existe plus, mais on y mange toujours.
Image réactive.
Considérée comme l'une des plus anciennes
auberge de France, elle était signalée par une enseigne
représentant l'écu officiel de France.
Déjà en 1844, Victor Hugo y loge quelques
jours et décrit Nemours dans ses carnets de voyages :
"Nemours n'a pas de cathédrale comme Amiens
ou Chartres, mais la paroisse est une de ces magnifiques églises
de campagne, qui sont,
dans leur genre, et toutes proportions gardées, aussi rares, aussi
complètes, et pourrait-on dire aussi belles que les cathédrales".
Pour
lire le carnet de voyage de Victor Hugo le chapitre concernant Nemours
Et aujourd'hui ? Aujourd'hui l'Écu de France perdure
!
Il ne fait plus hôtel, mais son restaurant gourmet s'est adapté
à une nouvelle clientèle toujours plus pressée.
Il propose désormais une cuisine de brasserie plus traditionnelle,
toujours de qualité.

Une flopée de belles voitures, des tables en terrasses prises
d'assaut, comme souvent,
il y a affluence à L'Écu de France. Normal, c'est une bonne
table. En arrière plan, l'église St Jean Baptiste.

En 1968, devant l'Écu de France. Photo ???
En route - Au niveau du parvis de l'église,
sur la droite, voici le cœur de la ville : la place de la République,
ancienne place St Jean, et toujours place du marché.
Quittons quelques instant l'axe de la rue de Paris pour une petite balade
sur cette place.
"Nemours n'a pas de vieilles rues à maisons
sculptées comme Nuremberg, Rouen, Vitré, ou Ernani, ni d'admirables
places à devantures gothiques
comme Francfort ou Bruxelles; mais les rues, la place, les maisons de
Nemours, quoique un peu bien défigurées et engluées
de badigeons variés,
ont conservé la disposition, la dimension, l'irrégularité
et la gaîté du Moyen Age."
Victor Hugo, Carnet de Voyage, 2 octobre 1844.
Vérifions par nous même aujourd'hui ! 
Voici une place toujours commerçante, avec ses maisons
basses à deux étages, quelques maisons en pierre, d'autres
au colombage apparent.
Ici la façade art déco d'un ancien "Grand magasin"
en l'occurrence "Les Nouvelles Galeries" aujourd'hui marchand
de chaussures.
Il est amusant de constater que ce quartier conserve les traces d'un passé
qu'il est encore aisé d'imaginer.
Pour
lire le carnet de voyage de Victor Hugo le chapitre concernant Nemours

Clocher et Colombages
L'église St Jean Baptiste :
Au retour de la deuxième croisade, vers 1145, Gautier
Ier de Nemours accueille sur ses terres les religieux de l’Ordre
de Saint Augustin, venant de Sébastre, porteurs d’une relique
de Saint Jean-Baptiste.
À partir de 1170, ils font construire, au Nord de leur monastère,
une église, dont subsiste la partie la plus ancienne, une tour-clocher
dont le porche s'ouvre sur sa base par une large arcature.
Ce clocher a été agrandi et surélevé aux XIIIe
et XIVe siècles.
Comme la ville, l’église a souffert au cours de divers événements
de la Guerre de Cent Ans, si bien qu’au XVe siècle, à
la suite d'un incendie, il a été décidé de
la reconstruire.
Vue de l'extérieur on peut identifier trois parties
d'âges distincts qui caractérisent l'église :
la tour-porche du XIIe siècle constitue la partie la plus ancienne.
Elle est surmontée d'une flèche dont la charpente est couverte
d'ardoises. La hauteur totale avoisine les 60 m.
la nef, rehaussée au XVIIe siècle, dépourvue de transept,
couverte d'ardoises.
le chevet, du XVIe siècle, entouré de trois chapelles rayonnantes
pourvues de clochetons polygonaux, couvertes d'ardoises comme le reste
de l'édifice.

Place de la République et église St Jean Baptiste. vue
aérienne.
Après l'église et le pont, la RN7 tourne à droite.
(flèches blanches)

Scène de la rue de Paris, vue en direction de St Pierre lès
Nemours.
A gauche le parvis de l'église, puis l'Hôtel de l'Écu
de France.
Après cette petite balade, reprenons le tracé de la Route
Nationale 7.
Voici le "Grand Pont" de Nemours inauguré le 25 novembre
1804 par le pape Pie VII se rendant à Paris pour le couronnement
de Napoléon.
(voir plus haut : L' épisode de la croix de St Hérem
en forêt de Fontainebleau).
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Le Pont sur le Loing. Image réactive.
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Du pont de Nemours ( l'ouvrage et non l'homme) nous observons
une belle vue sur le Loing, l'abside de l'église et le château
de la ville.
"Les quatre tourelles et l'imposante tour carrée du château
– édifice des XIIe, XVe et XVIIe siècles – font l'orgueil
des Nemouriens.
Ce monument médiéval, fleuron du patrimoine historique
local, se dresse fièrement sur la rive gauche du Loing, surplombant
avec élégance les eaux paisibles de la rivière
le Loing." Extrait du site : http://www.nemours.fr

Souvenir du château de Nemours 1843, dessin à la plume.
Victor Hugo
Un tout petit peu d'histoire :
Le château de Nemours, est une forteresse bâtie au XIIe siècle
sur la rive gauche du Loing, au niveau d'un ancien guet.
Cet édifice est l'un des seuls châteaux de ville en
Île-de-France parvenu jusqu'à nous.
Contrairement aux châteaux construits à la même époque,
il a échappé au démantèlement par la royauté
grâce à la relation privilégiée des seigneurs
de Nemours avec celle-ci.
Transformé en château-musée des beaux-arts
en 1903, il abrite une riche collection de plus de 20 000 œuvres.
En route -
Après le pont, prendre sur la droite la direction
de Montargis par le quai des tanneurs.
Là aussi la vue sur le château est plaisante et donne envie
de baguenauder le long des canaux de la ville.

La RN7, le Loing et le château de Nemours.
Remontons le quai des tanneurs qui se prolonge ensuite par la Route de
Lyon, aujourd'hui Avenue de Lyon.

Même si sur la devanture il est toujours indiqué "nouveau
service de carrosserie", le garage a définitivement tiré
sa révérence.
Après le feu, face à l'ancien garage Renault, le Garage
de Lyon, dans la côte, on pouvait apercevoir il y a encore quelque
temps une publicité murale, certes passablement conservée,
pour les Vins Nicolas.
Nicolas, depuis 1922, le précurseur des marchands de vins en bouteilles.
http://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/o31589-la-saga-des-vins-nicolas-a-travers-la-publicite
Aujourd'hui le ravalement de façade est hélas passé
par là.

Dans la montée, avenue de Lyon, face à l'ancien garage
Renault, un mur peint pour les Vins Nicolas.
On distingue encore vaguement la silhouette de "Mr Nectar" le
livreur emblématique du célèbre négociant.
Aujourd'hui le pignon est repeint.

La route de Lyon, agréable sortie de ville.
Les habitations se font plus espacées, la circulation
devient plus fluide.
Après un faubourg plutôt résidentiel qui semble avoir
été taillé au cordeau, nous abordons la sempiternelle
zone d'activités commerciales annonciatrice de notre prochaine
sortie d'agglomération.
Sur la gauche une ancienne jolie petite station service, on dirait presque
une maquette à l'échelle 1:1.

Quelle était la marque de distribution de cette charmante station
service ?

Comme c'est triste un Relais Routier fermé.
A la sortie de Nemours, une fois dépassé les
derniers entrepôts de la zone d'activité commerciale, sur
notre gauche, un bâtiment solitaire nous rappelle aux bons souvenirs
du Relais Savoyard.
Un sympathique Relais Routier, station Shell puis Esso, au milieu d'une
ère de stationnement emplie de poids lourds.
La clientèle était importante, car le Relais Savoyard était
le dernier gros Relais Routier avant Paris.
Mais, si ces poids lourds faisaient les beaux jours du Relais
Savoyard, ils n'étaient pas du goût de la municipalité
de Nemours qui les jugeait en partie responsables de la dégradation
de la voirie.
Un arrêté préfectoral interdisant la circulation des
camions de plus de 3,5 t dans le centre-ville de Nemours fut pris en 2002.
Cet arrêté participa, entre autres, à la fermeture
définitive du Relais Savoyard une dizaine d'années plus
tard.

Le Relais fonctionnait encore au début des années 2010,
mais le parking poids lourds restait désespérément
vide. Image réactive.
A droite le Relais Savoyard, à gauche Le Km 76. Les Parkings
des deux établissements sont bien remplis.
Vers les années 1950, le secteur était surtout
réputé pour son auberge du "Kilomètre 76",
située juste en face du Relais Savoyard, en lieu et place d'un
pavillon aujourd'hui anodin.
Un établissement qui ne désemplissait jamais. Une excellente
table pour les routiers noctambules et les voyageurs de la route.
"Leur restaurants d'autoroute n'ont pas la chaleur
de leurs relais routiers comme Le célèbre « Kilomètre
76 » de Nemours, aux odeurs d'amitié et de boudin aux pommes"
comme le titrait un numéro du Point.
"Un relais routier à la façade rose
à la sortie de Nemours, sur les bords du Loing. Rendez vous gastronomique
que les chauffeurs se recommandent de bouche à oreille"
extrait du journal L'express 1972.
Georges Simenon, dont nous verrons plus loin qu'il affectionnait
la région, nous dépeint en une courte description, l'atmosphère
du lieu.
Même si dans cette nouvelle se déroulant à la sortie
de Nemours le restaurant ne porte pas le même nom, l'ambiance de
ces restos routiers est bien restituée :
"Le commissaire Maigret quitta l'auberge [..] sur
le siège d'un camion de dix tonnes qui faisait un vacarme infernal.
Ils avaient fait la route en silence, dans l'obscurité, dans
la pluie, croisant parfois des autos qui se mettaient en code, et l'essuie-glace
faisait un bruit régulier, comme un gros bourdon.
[...] - Arrête toi devant le premier caboulot venu ... [..]
Seuls trois camions indiquaient l'auberge dont les dehors
étaient plus que modestes, mais où les routiers savaient
trouver des petits plats mijotés.
La patronne servait elle même. Ici il n'y a pas trente six plats,
il faut prendre le plat du jour...[..]
Des chauffeurs se levèrent enfin après une tournée
de vieux marc, et on entendit peu après le ronronnement des moteurs
"
Nous quittons définitivement Nemours pour entrer dans la forêt
communale de Nemours.
En direction de Montargis, la D607 longe maintenant le Loing qui coule
sur sa droite.
Route royale de Nemours à Lyon, Nemours 24
avril 1791.

En route -
Un kilomètre après avoir quitté Nemours,
sur la gauche, en bordure de route, une petite stèle en forme de
pyramide rappelle l'exécution, par les Allemands, du FFI Colleau
et du garde républicain Marssin, le 19 août 1944, trois jours
seulement avant la libération de la ville de Nemours.
La mémoire des deux hommes est honorée le 23 août
de chaque année.

Nous voici sur la route de Pierre Le Sault, un hameau lié
à la commune de Bagneaux sur Loing.
Le site est connu depuis des lustres pour son non moins célèbre
rocher dont on aperçoit la sombre masse en bordure de route. Le
rocher, selon la saison, peut-être entièrement camouflé
par la végétation.
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Le Rocher de Pierre le Sault, visible seulement à l'automne
ou en hiver, lorsque les arbres ont perdu leurs feuilles.
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Autrefois, ce rocher beaucoup plus imposant qu'aujourd'hui,
menaçait la route.
Il fit peur à l' Impératrice Marie-Louise
qui ordonna d'en faire sauter une partie.
Ce beau rocher à sa légende :
Au XIIIe siècle, le Seigneur du lieu, un
jeune gentilhomme, Pierre de Harley, abusa d'une bergère
prénommée Jeanne qui gardait son troupeau à
proximité du rocher.
Celle-ci désespérée se précipita
dans le Loing, en se jetant du haut de la roche.
Son amant, que les remords avaient rendu fou pendant
près de vingt années, mis lui aussi fin à
ses jours de la même manière.
Note : Si le Loing nous semble... loin de la route aujourd'hui
(une cinquantaine de mètres) n'oublions pas qu'au XIIIe
siècle, le rocher était plus imposant et qu' il
devait par endroit surplomber la rivière.
Le coin regorge ici de rochers ou plus exactement de "Poudingues".
Terme francisé, tiré du fameux pudding anglais,
pour désigner ces concrétions géologiques
sédimentaires, qui jalonnent toute la vallée de
la route de Pierre Le Sault.
En explorant ce vallon, on trouvera une ancienne carrière
et même une mer de sable.
Ci-contre , on remarquera une route qui tient plus du chemin
forestier que de la Route Nationale 7.
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La propriété attenante au rocher, n'est autre
que la célèbre "Hostellerie de Pierre Le Sault"
... célèbre, oui, mais dans les années 30.
Transformé en boîte de nuit l'établissement a régulièrement
changé de nom au gré des changements de tôlier : L'Amazonia,
le Club Baïa...
A l'origine il prit pour nom le Nemora, familièrement le Nem's,
mais fut vite rebaptisé par son patron exaspéré par
les nombreux clients croyant réserver une table dans un restaurant...
chinois. oups !!
A présent, l'établissement ouvert à
tous les vents, est laissé à l'abandon, ruiné.

L'Hostellerie de Pierre Le Sault . Image réactive.
En route :
Après trois siècles de bons et loyaux services
passés sur le bord de route, la Borne Royale 41 a rendu l'âme
en 2010, renversée par un véhicule.
Aujourd'hui, plus rien, elle n'a pas été remise en place.

Jusqu'en 2010 on pouvait encore l'apercevoir sur le bas côté.
La borne 41 soit à 79.540 km de Paris. Image réactive.
Nous voici à Portonville, un hameau rattaché à la
commune de Bagneaux sur Loing.
Portonville Km 0079
http://www.mairie-bagneauxsurloing.fr
Il y a dans ce hameau une bonne adresse à l'ambiance très
nationale 7. L'auberge du Moulin, une auberge à la fois en bord
de route et au bord de l'eau. 
Un rendez-vous de pêcheurs où nous allons pouvoir déguster
du poisson frais pêché du jour… j'en ai l'eau à la
bouche... miam !

Il est pas croquignolet mon rendez-vous au bord de l'eau ?
Hélas j'arrive au moins 50 ans trop tard, quelques
mètres avant le feu au carrefour, l'auberge n'existe plus !
Longtemps délaissée, presque délabrée, la
maison semblait hantée par quelques voyageurs en mal d'une bonne
adresse.
Si vous êtes attentifs, on remarque en transparence sous le
badigeon blanc du pignon, les dernières lettres NA de la réclame
peinte PIKINA.
Avec le temps, le badigeon blanc s'est effacé, laissant réapparaître
la pub " PIKINA",
l'agréable Fortifiant, aux vins de France, fabriqué par
Picon et Cie
Et aujourd'hui ? La maison reprend vie, mais l'ancienne
publicité murale pour " PIKINA" a disparu sous un ravalement
des plus neutres, effaçant à jamais les derniers indices
de l'Auberge du Moulin.
Juste en face, en direction de Nemours, on trouvait au début
du siècle dernier, au pied du rocher, le Café-Restaurant
du Rocher.
Si le restaurant a aujourd'hui bel et bien disparu, le rocher est toujours
là, caché par la végétation.
Encore un poudingue.

Vue en direction de Nemours. Image réactive.

Hameau de Portonville. Image réactive.

Un peu de gaieté dans ce monde de béton, mais, tout
compte fait, je ne sais pas si cette fresque est du plus bel effet...
En route - Après le carrefour nous
quittons Portonville et la route de "Pierre le Sault" pour continuer
sur "la route de Glandelles".

Un arrêt de car .. et une pub pour Antar Tri Super. Photo Claude.K
2016 . Image réactive.

Garage de la Vallée du Loing à la sortie de Portonville.
Image réactive.

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