La route, ici, ondule en de larges courbes, presque
imperceptibles.
Le tracé historique de la route royale, lui, passait un peu
plus haut sur notre gauche, par le sommet de la colline.
Si le tracé était en soit rectiligne, la montée
et la descente du coteau devaient être plus délicate
avec les attelages.
|
|
A gauche la carte d’État Major.
A droite la carte LIDAR HD IGN.
En rouge l'actuelle RN7, en jaune l'ancien tracé
de la Route Royale.
Sur la carte d’État Major 1820/1866,
les deux routes coexistent. Laquelle des deux était
la plus empruntée ?
Les arbres représentés en bordure
du tracé original (jaune), indiquent qu'à l'époque
du relevé cartographique, cette vieille route n'est
pas encore totalement délaissée au profit du
récent tracé (rouge)
Aujourd'hui plus rien de visible ne subsiste de cette ancienne
route recouverte de zones boisées, de champs, à
part une courte section d'un chemin de terre rectiligne.
Les données actuelles LIDAR (cartographie
3D du territoire) à droite, corroborent la présence
d'un chemin entre le hameau des Gillets jonction Nord et celui
du Boutoir jonction Sud.
|
|

Au sommet de la colline, une section de l'ancienne Route Royale,
en direction de Montargis.
Mais, quant à nous, poursuivons sur la nationale
actuelle, qui comme l'indique la carte d' État Major, à
défaut d'être antique, date au moins du XIXe siècle.
Au hameau du "Bailly Renard", un peu avant celui de "La
Cressonnière", un panneau noyé dans la végétation
sur la droite indique : "Notre Dame De La Route".

Au Bailly Renard. Photo Claude.K
Quelques 500 mètres plus loin, sur notre gauche,
la petite chapelle apparaît, presque anodine.

Photo Claude.K
Attention, ici, le terre-plein central nous empêche
de traverser la route. Si vous souhaitez vous arrêter il faudra
garer votre véhicule avec précaution un peu plus loin.
Le plus simple est de continuer jusqu'au prochain carrefour qui permettra
de franchir la nationale en sécurité et de revenir ainsi
sur vos pas.

Notre Dame de la Route Km 0101
Ne recherchez ici, ni histoire de l'art, ni style architectural particulier.
Le petit oratoire est tout simplement construit en ciment sans vraiment
d'originalité.
Sur son fronton on peut y lire : "Notre Dame de la Route Guidez
Nous"
Il s'agit d'une halte, le temps d'une prière ou d'une méditation,
un lieu de repos sur le trajet.
|
|
La chapelle consacrée à Notre Dame
de la Route, a été édifiée en 1954
par l'abbé Georges Preux, alors curé de Fontenay
et de Nargis, et bénie en 1957 par Monseigneur Atton
évêque auxiliaire d'Orléans.
Le lieu reste toujours ouvert pour accueillir les voyageurs,
ce qui lui valu, un été, le vol de la statue en
bois représentant Notre Dame.
A l'intérieur, plafond bleu ciel et fresques murales
colorées.
Hormis la démarche spirituelle, le petit édifice
vaut surtout pour ces 4 vitraux représentant les blasons
des villes traversées par la Route Nationale 7, elle
même symbolisée par un ruban bleu ( la route bleue)
qui serpente de ville en ville.
|
Rendez-vous nationale 7 : Dimanche 3 Août 1969 10h15
- Notre Dame de la Route.Épisode 07.
 |
Nous voici arrêtés
sur le bas côté de la chaussée pour notre
inéluctable hommage à "Notre Dame de la Route".
Le St Christophe aimanté sur le tableau de bord ne suffit
pas : " avec tous ces accidents, mieux vaut mettre toutes
les chances de notre côté ", comme dirait
ma mère …
La minuscule chapelle est ouverte à tous les vents,
les derniers visiteurs ont dû oublier de refermer la porte
derrière eux.
De la terre et des feuilles mortes jonchent le sol. A défaut
d'encens, ça sent plutôt l'humidité.
Au fond, la vierge de bois semble jauger de toute sa hauteur
le pèlerin ou le visiteur curieux.
Alors que ma mère s'avance vers le petit autel, mon
père m'amène prés des vitraux afin de m'expliquer
les blasons des villes que la route bleue traverse.
|

Vitraux et blasons des villes de Notre Dame de la Route
- image réactive
Sources :
http://randowill.over-blog.com/article-chapelle-notre-dame-de-la-route-45674117.html
http://lafrancedesclochers.xooit.com/t929-Fontenay-sur-Loing-45210.htm
Photos :
http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Notre-Dame_de_la_Route_à_Fontenay-sur-Loing
http://photosetimagesnature.blogspot.fr/p/nouveau-pont-sur-le-canal-du-loing-cepoy.html
Sur les Blasons des villes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Armorial_des_communes_de_France
En route -
Quelques centaines de mètres plus loin, voici le hameau
"Les Stations".

Les Stations - Km 0104 
Drôle de nom pour un hameau ! Difficile de savoir
aujourd'hui d'où provient réellement la toponymie de
ce lieu-dit.
Est-ce une référence aux stations antiques disposées
le long de la voie romaine, précurseurs de nos relais routiers
?
Est-ce plutôt en rapport avec les stations d'un chemin de croix
inspirées par la proximité de la chapelle "ND de
la Route" ?
Des stations de chemin de fer ou des stations d'épuration disposées
le long du Loing ?
Ce nom de "Stations", n'apparaît sur aucunes anciennes
cartes, ce qui nous oriente donc vers une époque beaucoup plus
contemporaine.
Plus prosaïquement, se concentraient ici, jusqu'au
début des années 1990, bon nombre de........ Stations
Service.
Sur ce secteur de route d'à peine 1,5 km, tous les grands pétroliers,
Elf, Total, Mobil, Shell ou encore Esso, investirent la place.
Jugeons plutôt.
Dès le milieu des années 50, au milieu
de nulle part, sur ce lieu que les gens du coin nomment "
la plaine de Puy La Laude", les premières stations
et leur pompes apparaissent presque simultanément, échelonnées
sur le bord de route.
Durant pratiquement une trentaine d'années elles vont se partager
ce secteur en une saine et loyale concurrence.
C'est qu'à l'époque, il y en a encore
pour tout le monde.
Situé à 100 km de la capitale, le lieu-dit est très
passant, l'autonomie des automobiles gourmandes en combustible, est
plutôt réduite.
Les arrêts à la pompe sont donc relativement fréquents.
Les pétroliers ne connaissent pas (encore) la crise.
En général, d'un côté de
la chaussée, se situe le bâtiment principal de la station
service qui fait également office de boutique et parfois d'atelier.
De l'autre côté de la route, le kiosque satellite de
la même marque, le plus souvent constituée d'un simple
édicule.
Si cette configuration encourage la fidélité
des automobilistes qui trouvent, quelque soit leur direction, le carburant
de leur marque préférée,
cette disposition bi-latérale n'est pas sans risque pour le
personnel de la station, car elle oblige le pompiste à traverser
régulièrement la route nationale, à l'époque
fort passante.
N'oublions pas que les pompes n'étaient pas self-service, il
fallait donc attendre le pompiste pour être servi et payer.
"Aux stations", les accidents de circulation
n'étaient pas rares.
En route pour un petit tour du propriétaire.
Immédiatement après l'entrée du
hameau, la première station rencontrée était
une station Total.
Apparue vers 1956, la station fut l'une des pionnières du secteur.
Le kiosque de l'autre côté de la chaussée apparaîtra
dès le début des années 60.
En décembre 1986, après avoir perdu son accréditation
Total, la station ferme définitivement des deux côtés.
L'emplacement encore reconnaissable de nos jours, est occupé
par des piscinistes.
|

1970, le bâtiment principal de la station se situe
dans le sens Paris → Montargis.
Un camion est arrêté devant le kiosque-antenne
de l'autre côté de la chaussée, en direction
de la Capitale. (flèche blanche vers Montargis) |

Côté station principale, le
lieu est aujourd'hui occupé par des piscinistes. (Vue
en direction de Montargis)
|
Côté antenne-satellite, vue en direction de Paris.
Il ne reste que la piste de bitume. Le kiosque est rasé.
En route -
La station service suivante est facile à identifier,
il s'agit de l'actuelle Station Total située sur notre gauche.

La station Total aujourd'hui, pour les automobilistes qui se dirigent
vers Paris. Vue en direction de Montargis.
Construite également au milieu des années
50 (1955/1957) c'était à l'origine une station Esso.
| 
1970, la Station Esso, sur le côté de chaussée
Montargis → Paris.
(flèche blanche vers Montargis)
|

Au milieu des années 70 la station se transforme
en édifice plus moderne et adopte un auvent protecteur.
Fontenay Auto vend également des véhicules.
Document Maxime.L
|
Vers les années 1980 la station devient indépendante
sous la marque Petro-Dollar.

Après Esso, la station devient indépendante sous
la marque Pétro-dollar. Document Maxime.L
Elle passe sous la bannière Total en décembre
1986, date qui correspond à la fermeture de la première
station Total située à quelques centaines de mètres
en amont (aujourd'hui les piscinistes).

De 1986 à aujourd'hui sous la bannière Total. Document
Maxime.L
En route -
La station suivante se situait 150 mètres plus
loin, en direction de Montargis, aux niveaux des actuels entrepôts
Iveco et Selvi Lorin.
Aux couleurs du pétrolier Shell, la station était annoncée
3 km en amont, dès la sortie de Fontenay (voir plus haut le
mur peint aux Gillets).
| 
1970, en direction de Montargis, la station Shell.
|

Le auvent était encore présent en 2006.
|
Seule construction survivante et contemporaine du
lieu, la maison en retrait de la station est aujourd'hui perdue
au milieu du parking poids-lourds.
Un peu en retrait de la station service, la maison (du pompiste
?) sur le parking poids-lourds.
En route -
Il n'y a plus moyen de repérer la station suivante.
Elle était située sur la gauche de la chaussée,
côté Montargis →
Paris, et occupait l'emplacement du rond point et de l'actuelle
bretelle d'accès au péage de l'autoroute A19.
|
1970,
côté Montargis →
Paris, une station Mobil
|

La station se situait à l'emplacement de la voie
d'accès à l'autoroute, visible ici sur la
gauche du rond-point
|
La dernière station du hameau se situait à 250
mètres de la station Mobil, sur le même bord de la
chaussée en direction de la capitale.
Construite en 1955/56 se fut à l'origine une station Caltex.
La station satellite en direction de Montargis apparaîtra
vers 1962.
En 1967 le réseau Caltex est absorbé par la toute
nouvelle compagnie ELF distribution et la station passera sous
la marque ELF.
Aujourd'hui plus rien ne subsiste, ni de la station, ni de son
antenne, mais elles étaient toutes deux situées
250 mètres après le rond-point, quelques mètres
avant l'actuel pont qui franchit l'autoroute A19.
| 
1970, en direction de Montargis, on trouvait le kiosque
satellite de la station Elf,
la station principale se situait sur l'axe Montargis →
Paris.
|

Station service Caltex, avant de devenir Elf
|

Joli panorama de la route nationale et de la station Caltex,
vue en direction de Paris.
On aperçoit derrière la station Mobil. Même
lieu aujourd'hui. Image réactive.
Un grand merci à Maxime pour ses investigations
sur le terrain et ses conseils qui ont permis l'élaboration
de cette étape aujourd'hui oubliée de la RN7.
En route -
Quittons "Les Stations" et poursuivons la
route qui franchit maintenant l'autoroute A19 / E60. L'autoroute
A19 relie l'A5 à l'A10 entre Sens et Artenay.
Elle s'inscrit dans le plan du grand contournement de Paris.
L' E60 pour "route Européenne 60", est la route
reliant Brest (France) à Irkeshtam (Kirghizistan) en passant
par Vienne, Budapest et Bucarest.
C'est la deuxième plus longue route européenne, d'une
longueur de 8200 km, plus de 8 fois la longueur de notre RN7.
http://routes.wikia.com/wiki/Route_européenne_E60
Nous sommes sur un tracé récent de la
Route Nationale 7 ... récent, récent... post 1950
tout de même !
Et avant ? Avant la route historique passait sur un secteur aujourd'hui
déclassé. Nous y reviendrons dans un instant.
 |
Pour le moment, poursuivons le parcours actuel
en direction de Montargis.
Un écriteau nous annonce que nous traversons la Forêt
de Montargis, elle s'étend principalement sur notre
gauche.

La route traverse la forêt de Montargis sur 4 voies.
La route est à nous...
|
La forêt de Montargis s'étend sur plus de 4000 hectares.
C'est une forêt domaniale gérée par l'Office National
des Forêts (ONF).
Sa particularité est d'être presque circulaire, son diamètre
est d'environ 7 km.
En son centre, se trouve la clairière de Paucourt issue probablement
du défrichement néolithique (5000 à 2500 ans
avant J.C). Sa surface est de 220 hectares.
Les principales essences de la forêt de Montargis sont le chêne
qui représente 75% de la surface boisée (soit 3000 hectares),
le charme et le hêtre.
Source/extrait : https://www.agglo-montargoise.fr/loisirs-et-tourisme/maison-de-la-foret-11202
Une vue satellite Google Earth, permettra de vous convaincre de
son étendue et de sa forme circulaire. Voir
la vue satellite

Jusqu'en 2008, un panneau en béton indiquait encore la
direction. Dernier vestige des routes d'antan. Image réactive
Un peu d'histoire :
Appelée "Buisson de Paucourt" jusqu'à
la fin du XVIème siècle, la forêt de Montargis
est un lieu foisonnant d'histoires et de légendes.
Aux détours d'une promenade, on peut trouver trois menhirs
néolithiques datant de 3000 à 2000 ans avant J-C
: la Pierre de Gros Vilain, la Pierre aux Fées et la
Pierre de Minuit. Ces lieux passent pour être d'anciens
lieux de culte, on parle même de sorcellerie.
L'étang de Paucourt revêt lui aussi une apparence
mystérieuse.
Non loin, le Puits à Rippault est considéré
comme l'antre du diable. Pas moins...
Concernant le célèbre Château à
Chats, Dom Guillaume Morin, grand prieur de l'abbaye royale
de Ferrière-en-Gâtinais, écrit dans son
ouvrage de 1630 Histoire Générale des Pays
de Gastinois, Senonois et Hurepois : que les chats y faisaient
leurs sabbats et que "plusieurs, allant de nuit, y
ont vu les sorciers assemblés et y faire leurs adorations
et sortilèges".
Reléguant ces cultes obscurs au passé, la forêt
reprit un aspect plus honorable à partir du XVIème
siècle.
Elle accueillit le roi Saint-Louis pour sa pratique de la chasse
au loup.
Aujourd'hui, le "Chêne Gaulé" du haut
de ces 250 ans d'âge occupe la place royale et trône
majestueusement sur les lieux .
http://ricjasforetmontargis.wifeo.com/ |
L'entrée de la Forêt de Montargis |

Le combat d'un chien contre un gentilhomme qui avoit tué
son maître, faict à Montargis soubs le règne de
Charles V en 1371
Estampe d'Androuet du Cerceau.
Restons dans la forêt pour aborder maintenant le célèbre
épisode de la légende du Chien de Montargis. Vous ne
connaissez pas ? Essayons d'en savoir plus.
Comme pour beaucoup de légendes, ce conte du XIIe siècle,
issu de la chanson de geste colportée par les trouvères,
puis intégré par la suite aux chroniques médiévales,
fut si populaire que son sujet ne cessa d'alimenter la littérature,
le théâtre, le cinéma ou la publicité.

Du vitrail au théâtre en passant par la BD
ou l' imagerie d'Épinal, Le chien de Montargis
reste un thème populaire cher aux médias de
tous bords et de tout temps.
|
Une fois n'est pas coutume, cette histoire
ne relate pas l'épopée héroïque d'un
chevalier servant, mais aborde le thème de la justice
de Dieu au travers d'une singulière anecdote.
Le succès fera le reste.
Plusieurs textes coexistent et dès lors les thèses
se réfutent.
Mais sans sa légende, Montargis ne serait pas la même.
Le pitch, mais je vous le fait express : Il était une
fois :-)) ...
Tout commence par une histoire de jalousie entre deux chevaliers.
Un dépit qui poussera inéluctablement l'un d'eux
à assassiner l'autre, dans la sombre forêt de Bondy.
C'est le crime parfait, il n'y a pas de témoin, excepté
un lévrier du nom de Verbaux, fidèle compagnon
du chevalier défunt, qui a assisté à toute
la scène de crime.
Mais que pourrait un chien contre un preux soldat du roi ?
Quelques années plus tard devant la Cour du Roi à
Paris, le chien reconnaît le meurtrier de son maître.
Devant l'agitation et l'attitude bizarre de la pauvre bête
au contact du perfide chevalier, le roi quelque peu soupçonneux,
organise alors en l'île de la Cité, un duel justicier
entre le chien et le meurtrier présumé, comme
nous dirions aujourd'hui.
Le chien sortira naturellement vainqueur du combat, et l'assassin
reconnu coupable devant la justice divine finira pendu haut
et court.
Comment en aurait-il pu être autrement, à une
époque ou la religion occupe une place importante dans
la société.
|
|
Si vous avez été un
tantinet attentif à cette"chanson de geste",
vous vous posez sans doute la question suivante :
Pourquoi donc attribuer cette légende à Montargis
puisqu'aucun des événements n'est sensé
s'y dérouler ? Ni le crime en forêt, ni le combat
divin !
Voici quelques éléments de réponse :
A la fin du XVe siècle, l'anecdote est si célèbre
que Charles VIII fait peindre la scène du combat sur
une des cheminées de la grande salle du château
de Montargis.
En 1756, Androuet Du Cerceau en reproduira la scène
sur une estampe. (Voir ci dessus.)
C'est pour cette raison que l'on parlera désormais du
“Chien de Montargis”, alors qu'aucuns des épisodes de
l'aventure ne se sont réellement déroulés
en Gâtinais.
Voila, vous savez tout ! Maintenant, les bonus
:
- Une des versions
de la légende, d' après « Le Magasin
pittoresque », paru en 1834.
- Ne soyons pas mesquin voici
une autre version : d'après le manuscrit unique de
Venise, année 1824.
La statue en bronze du chien de Montargis,
signée Gustave Debrie en 1874, trône dans le jardin
devant le musée Girodet, à Montargis.
|
En route -
Les fameuses bornes kilométriques de la RN7 en béton,
ont été remplacées par d'inesthétiques
bornes de plastique sans relief. C'est le progrès paraît-il.
On longe maintenant la voie ferrée sur notre droite. De l'autre
côté de la voie, quelques habitations. Le paysage devient
un peu monotone.
La route franchit les voies ferrées, un panneau annonce notre
arrivée à Chalette sur Loing.

Poursuivons jusqu'au premier rond-point. 
Ici, se rejoignent deux tracés
de Routes Nationales 7 : l'actuel que nous venons de parcourir,
et une ancienne section déclassée vers les années
1960.

En rouge, le tracé actuel de la RN7/D2007. En blanc le
tracé historique de la RN7 jusqu'en 1960.
Le cercle rouge indique la jonction Sud des deux routes.
Avant de poursuivre notre voyage plus en avant, il est temps maintenant
de partir à la découverte de ce tracé historique
oublié depuis plus de 60 ans.
Cet ancien tracé, détourné en 1958, débute
juste après le hameau des Stations, à environ 5 km.
Retour 5,7 km en arrière. 
Petit détour par l'ancien tracé de la Route
Nationale 7 :
Il y a quelques temps encore, une voie de dégagement nous
amenait directement sur la D740 en direction de Puy La Laude, de Cépoy
et Paucourt.
Aujourd'hui, il faut aller jusqu'au feu et tourner à droite.
Nous sommes là, sur l'ancienne Route Nationale 7, à
l'époque, unique route qui menait à Montargis en passant
par Puy La Laude, Cépoy et Chalette/Loing.
Avec l'augmentation du trafic routier, cette section a été
déclassée localement en 1958, et remplacée par
l'actuelle N7 / D2007, plus large,
évitant ainsi trois passages à niveau et les ruelles
étroites des petits bourgs que nous allons maintenant traverser.
|

Sur notre droite, l'ancienne Route Nationale 7. Il faut
aujourd'hui tourner au feu, à droite, pour l'emprunter.
|
Puy La Laude, commune de Cépoy Km 0103 :
Ne vous fiez pas à la largeur de la chaussée, plus
proche ici de celle d'un chemin vicinal que d'une route nationale.
Nous sommes bien sur le tracé historique de l'ex-route des
vacances et les routards chevronnés auront tôt fait de
relever les divers éléments qui vont nous le démontrer
sous peu.
Tout d'abord le nom de la rue : "Rue du relais".

Nous voici sur la route historique, actuelle rue du Relais/ D740,
anciennement route de Paris.

La carte de Cassini du XVIIIe siècle situe un
relais de "Poste" dans le bourg.
Même si ce Relais de Poste n'existe plus aujourd'hui, le nom
de la rue actuelle (Rue du Relais), atteste que nous sommes bien sur
l'ancienne route de Paris à Lyon.
Pour le moment la rue amorce une descente rectiligne
sur plusieurs centaines de mètres.
Les maisons se regroupent vers le bas à mesure que l'on approche
du petit centre bourg, constitué de quelques habitations réunies
aujourd'hui autour d'un unique commerce, en l'occurrence un café-restaurant.

L'entrée du pays comme on disait à l'époque.
Image réactive.
Remarquez, au fond à gauche, la publicité pour les Pralines
Mazet, que les touristes pourront acheter à Montargis.
| |
Remarquez à gauche, la publicité
peinte sur le pignon d'une maison. En fait plusieurs réclames
s'y superposent.
La plus récente vante les mérites du St Raphaël,
l'apéritif de France au Quinquina. (peinte sur une autre
pub inconnue)
Cette réclame occupant un pignon de mur, semble démesurée
pour un endroit aujourd'hui désert comme Puy la Laude.
Mais gardons à l'esprit que jusqu'en 1958, cette "réclame"
s'adressait surtout au flot d'automobilistes en partance pour
la côte d'Azur en direction de St Raphaël. Elle a
dû cumuler quelques centaines de milliers de vues et cela,
bien avant les réseaux sociaux.
Ce n'est d'ailleurs pas le seul mur publicitaire du bourg,
comme nous allons nous en rendre compte.
Louer son mur à une marque était une activité
lucrative, surtout si celui-ci était en bordure d'une
route passante.
|
Au Stop, nous voici au centre du bourg, pas très vivant certes,
mais il y a tout de même un café-tabac-restaurant qui
perpétue la tradition.
Poursuivons toujours par la Rue du Relais. 

Vue en direction de la Capitale. Le bar-restaurant Café
du Midi, pour les voyageurs en partance pour le Sud. Image réactive.
Les générations passent, l'établissement demeure.

Le Relais. Photo Claude K
Il est là ! l'ancien relais de poste du XVIIIe.
Une grande bâtisse, façon longère, attenante à
une grange et des écuries, avec son accès direct sur
la voie Royale.

Le Café du Nord, alter ego du café du Midi, mais
pour les voyageurs de retour de vacances et se rendant vers le "grand
ch' Nord".
Poursuivons. Le coin a du charme.
Des bois, des murs en ruines, une route oubliée et une ribambelle
de vieilles publicités décrépies, preuve s'il
en est, qu'il devait y avoir ici, une importante circulation routière.

Quelques idées déco pour la maison secondaire sur
la côte d'Azur . Photo Claude.K

Avec Suze et St Raphaël, Dubonnet était une des plus
fréquente réclame pour l'apéro... à boire
sans modération...
... une fois arrivés sur le lieu des vacances, bien entendu
:-)) Photo Claude.K

Promotion de la route d'Auvergne,
On devine encore les inscriptions : L'AUVERGNE "Bourboule",
"Puy en Velay", "vers Nice, Perpignan, Lourdes".
Route d'Auvergne.
Une plaque pour indiquer au cocher, la direction et la distance
à parcourir.
Ancêtre des panneaux indicateurs. |
|

Publicité Shell pour la station située à
10 km dans le sens des retours, à Dordives donc. Photo Claude
K.

Cliché des années 1940. Image réactive.
Entrée à Puy La Laude en venant de Montargis/Cépoy,
par l'ancienne Route Nationale 7, aujourd'hui tronçon délaissé
et en cul de sac.
On lit sur la borne : Puy la Laude 0.5 km et Fontainebleau 43 km.
Notre exploration prend subitement fin au niveau du
"Centre de contrôle des poids lourds du Gâtinais".
Cette section de route est aujourd'hui privée.
Pour retrouver la suite de cet itinéraire, il faut revenir
sur nos pas jusqu'au Relais, emprunter l'étroite Rue des Étangs,
puis franchir le passage à niveau... comme au bon vieux temps.
|

La Route Nationale 7... le tronçon en cul de sac. (vue
en direction de Montargis)
Et un petit écureuil qui traverse la route.
Ci-contre, la section privée se situe
entre les 2 croix, de l'entrée du centre de contrôle
jusqu'à la voie ferrée.
|
Sur ce terrain désormais privé, subsistait
encore une preuve du passage de l'ancienne Route Nationale 7.
D'après les employés du centre de contrôle, la
borne n'existe plus aujourd'hui.
 |

La Borne émaillée a aujourd'hui disparu. Photo
Umannatur |
Photo Umannatur |
Il faut ensuite longer la voie ferrée et 50 mètres
après le transformateur EDF, nous retrouvons l'ancien tracé.
C'est ici, par un passage à niveau aujourd'hui disparu, que
la N7 franchissait à l'époque la voie ferrée.
Jusqu'en 1958 la RN7 passait par Puy La Laude et franchissait
la voie ferrée par un passage à niveau.
La nouvelle RN7 construite à partir de 1958 se détournera
définitivement du village. Image réactive.

Image réactive.
Cliché aérien actuel & cliché IGN du tracé
de la nationale 7 avant la construction de la déviation de
1960.
Remarquez le franchissement de la voie ferrée par un passage
à niveau.
Quelques pavés de l'ancienne route étaient
toujours visibles au niveau de l'ex passage à niveau. Aujourd'hui
la machine à bitume est repassée par là.

La route aujourd'hui, à l'emplacement du passage à
niveau. 
En route -
Poursuivons le cours de l'ancienne route nationale /
D740 en direction de Montargis.
Nous voici sur la commune de Cépoy, avenue des Acacias.
CEPOY Km 0104
De la ville de Cépoy, nous ne verrons pratiquement rien, car
notre itinéraire reste en retrait de la petite bourgade, longeant
la voie ferrée par la droite.
Mais pensez à lever le pied, il ne s'agit pas de conduire
comme l'enfant du pays, le célèbre et regretté
cascadeur Rémy Julienne, décédé en 2021
et inhumé ici à Cépoy.