ETAPE 1 : de PARIS à CHAILLY EN BIERE de 0000 à 0050 km

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Athis-Mons Km 0017

http://www.mairie-athis-mons.fr

Athis-Mons situé à 17 km de la capitale, c'est la fusion, en 1817, de deux villages agricoles séparés sur les coteaux de la Seine et de l'Orge : Athis-sur-Orge et Mons-sur-Orge.

La route nationale 7, anciennement route de Fontainebleau, dénommée ici "Avenue François Mitterrand" parcourt deux kilomètres et quatre cent mètres de parfaite ligne droite, de la limite nord du département jusqu'au carrefour dit "de la Pyramide" à Juvisy-sur-Orge.

En route –

En visionnant le documentaire : "Sacrifice, du débarquement à la libération de Paris", j'entrevois, lors d'une séquence très courte montrant un convoi de véhicules militaires se dirigeant vers Paris, l'image furtive d'une borne Michelin, sur la N7.
A l'époque, les bornes d'angle Michelin sont encore nombreuses sur le bord de nos routes.
L'image est nette, mais peu d'éléments permettent de la localiser exactement, si ce n'est les kilométrages, le département et le mot Étoile sur la devanture de la boutique à l'arrière plan.


Image extraite du film : "Sacrifice, du débarquement à la libération de Paris".

Décimètres et cartes routières en main, je pars à la recherche de l'emplacement de cette borne. Mes calculs m'amènent à penser que l'image est prise vers Athis-Mons ou Juvisy.
Qui dit borne d'angle, dit carrefour. Me voila sur Google Street, à la recherche d'un carrefour ressemblant et là, chance ou hasard, un élément apparaît, immuable depuis 70 ans.... la boîte aux lettres.


Serait-ce le même endroit 70 ans plus tard ? Image réactive.

Nous sommes effectivement à Athis Mons, au carrefour de la Belle Étoile. Une rare carte postale du carrefour avant guerre, confirmera la localisation.
Le mot Etoile sur la devanture de l'établissement indique qu'il s'agit du Bar de L'Etoile.


Une super borne Michelin, au croisement de la Belle Etoile, carrefour de la N7 et de l'avenue Marcel Sembat.

Carrefour de la Belle étoile aujourd'hui. Lien Street-View

En route -

Une centaine de mètres plus loin, au dessus de l'entrée d'une agence bancaire Lyonnaise, on pouvait encore voir en 2015, une étonnante enseigne : le buste d'un homme barbu soulevant un haltère de son seul bras gauche.
La sculpture semblait défier les clients de la petite succursale.

Une manière d'engager un bras de fer avec son banquier ? Non bien entendu ! Pour comprendre l'origine de cette figurine, il nous faut remonter le temps...

Nous voici au cœur des années 1930, plongés dans la fumée, la sueur et l'ambiance des arrières cours de bistrots, où le samedi soir l'on organise des combats de catch.
Ce soir là sur le ring, "Athis" et son champion "Monsieur 100 kg" affronte le "Vésinet" et son "Monsieur Rigoulot", présenté à l'époque comme l'homme le plus fort du monde.
Dans la torpeur de la fumée de cigarette et des vapeurs d'alcool les paris vont bon train. Le combat est houleux. Les spectateurs déchaînés.

Ce soir là c'est "Mr 100 kg" qui remportera le combat, apportant ainsi la victoire à Athis.

Mr 100 kg, de son vrai nom Monsieur Mongélas était haltérophile et avait réalisé lui même cette sculpture de ciment et d'acier qu'il avait exposé à la fenêtre de son logement vers les années 1950.
Depuis, en souvenir, le buste de Mr 100 kg défie les voyageurs de la nationale 7...

En 2016 le colosse est démonté. Le souvenir effacé.

Sources :
http://brudipat.over-blog.com/article-catch-a-la-petite-vitesse-100417508.html
-
https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Rigoulot


Athis-Mons vue en direction de Paris.
Avenue François Mitterrand aujourd'hui / avenue de Fontainebleau avant.
Oui vous avez bien vu, il existait une piste cyclable le long de la N7.
Image réactive. Photo n&b Brudipat.

Poursuivons sur l'avenue François Mitterrand. Au niveau de la boutique de fleurs aux stores bleus "Aux Lys d'Athis" et du magasin Bio, je retrouve sur le trottoir opposé une vue qui me rappelle tout un tas de souvenirs.

Cette carte postale, exprime bien l'ambiance de ce qu'était la nationale 7 vers les années 1970 :

Une journée ensoleillée, une bordure fleurie, (mais nous sommes devant le fleuriste qui existe toujours), une route peu encombrée, peut-être un dimanche.

Une Ami 8 et une Fiat 500 nous invitent à rouler tranquille, une DS sombre garée en face, dont le passager semble être sorti regarder sous le capot d'une autre DS blanche.

Pour parfaire l'harmonie de cette ambiance, une belle Pub murale pour la Station Esso du coin.

Certes cela fait très cliché, mais la vue aujourd'hui a perdue tout son charme.

La banlieue, comme on aimerait la voir si souvent.

 

La nationale 7 Athis Mons, image réactive

Quelques mètres plus loin sur notre droite cette fois-ci, la place du marché des Gravilliers.
Puis, un peu avant d'arriver au carrefour marquant l'entrée de Juvisy, le vieux château d'eau est toujours là depuis 1907, coincé entre 2 immeubles récents.

L'histoire du château d'eau


Le château d'eau patrimoine naturel : hier et aujourd'hui. Image réactive.

Le carrefour suivant marque la sortie d'Athis-Mons et l'entrée à Juvisy sur Orge.

Juvisy Sur Orge Km 0018

http://juvisy.fr

Nous voici arrivé à ce que j'appellerai une petite "Etape Scientifique" sur la route nationale.
Commençons donc notre découverte de la ville en laissant la voiture dans une rue perpendiculaire sur la droite et revenons à pied au carrefour dit de la "Pyramide".
Ce sera notre première halte scientifique à Juvisy.

Le carrefour de la pyramide

Le petit obélisque qui trône un peu en retrait sur la place à côté de la pharmacie, semble aujourd'hui insignifiant pour le commun des automobilistes. L'aviez vous déjà remarqué ?
C'est pourtant un monument commémoratif élevé en 1740 par l'académie des sciences.


Juvisy, la pyramide de Cassini en bordure de la nationale 7. Image réactive.
Remarquez la borne Michelin de l'autre côté de la route, sur le cliché noir et blanc.


Ces deux édifices, pyramide et réservoir,
sont les seuls repères survivants d'un quartier qui n'a plus rien à voir avec ce cliché pris au début du XXe siècle.
Image réactive.


La Base de Villejuif à Juvisy.

Un peu d'histoire :

En 1668, l'Académie des Sciences de Paris fut chargée par Jean-Baptiste Colbert, son fondateur, d'effectuer une nouvelle mesure du méridien de Paris et d'établir une carte de France plus exacte que celles qui existaient alors.
Ces travaux débutèrent en 1669, deux ans après la fondation de l'Observatoire de Paris.
Ils furent confiés à l'astronome, académicien et abbé, Jean Picard.

Les limites fixées à Picard pour ses mesures, étaient les communes de Malvoisine, au sud de Paris à 6 km de La Ferté-Alais, et Sourdon, à 20 km au sud d'Amiens.
Pour ses mesures, Picard va appliquer la technique de la triangulation .
Il utilise pour cela 13 triangles et deux bases, dont une pour la vérification.
La base principale, de 11 km, s'étend de Villejuif à Juvisy, axe à l'époque parfaitement rectiligne sur la route Royale vers Fontainebleau.
Elle est mesurée par arpentage, à l'aide de deux tiges de bois de 8 mètres.


Mesure par arpentage à l'aide de tige étalon.

En 1740, la science ayant évolué, Jacques Cassini entreprend de reprendre les mesures de triangulation de l'abbé Picard.
Les repères physiques laissés par son prédécesseur ne sont hélas plus exploitables et restent le plus souvent introuvables.
On reprend donc les calculs à zéro pour établir une nouvelle base géodésique à proximité de l'ancienne.
L'académie des Sciences fait élever en bordure de route deux pyramides sur l'axe rectiligne, (repères plus durables dans le temps que ceux de Picard).
L'une à Juvisy-sur-Orge et l'autre à Villejuif , ces deux points servant à vérifier la mesure du degré du méridien.

Il existe donc deux Pyramides.

Un premier repère :

La pyramide de Juvisy, 10 mètres de hauteur, située en ville en bordure immédiate de la route, bien connue des automobilistes et des vacanciers de la RN7.
Elle a toutefois été déplacée de quelques mètres en 1956 lors de l'élargissement de la RN7 et du rétrécissement nécessaire des trottoirs.

 

Juvisy vers 1900, le château d'eau n'est pas encore construit.

Par arrêté du 20 janvier 1942, la Pyramide, dite de Juvisy, située sur la route nationale 7, qui marque le terme sud de la base de départ de la méridienne de l'abbé Picard, a été classée parmi les monuments historiques.
(extrait du bulletin de la commission des antiquités et de l'art du département de Seine et Oise)

Le second repère est : La pyramide ou mire de Villejuif.
Elle ne mesure que 6,5 m de hauteur. Moins connue du public car elle est presque invisible de la voie publique.


La Mire de Villejuif. (photo wikipédia)

Voilà donc qu'il existerait une seconde pyramide en bordure de nationale 7 ? Et vous n'avez rien vu en passant ?
Elle se situe pourtant à Villejuif, sur l'ancien tracé de la route Royale menant à Fontainebleau.
La pyramide est toujours exposée en bordure de route, sur un escarpement de "la montagne de Villejuif".
Les travaux de terrassements entrepris pour décaisser la rue de Paris, ont permis de réduire la pente de plusieurs mètres et ainsi abaisser la route. La mire, elle, est restée au niveau de l'ancienne route.
Aujourd'hui, il faudra donc lever la tête pour apercevoir la pyramide de Villejuif, second repère géodésique qui permit de mesurer le célèbre méridien de Paris.


Retour au 157 rue de Paris à Villejuif. Vous la voyez maintenant ? Image réactive.

Retour à Juvisy, au carrefour de la pyramide.

Jusqu'en 2014, à quelques mètres de là, on pouvait observer une plaque Michelin scellée sur le mur d'une maison vouée à la destruction.
Aujourd'hui, confirmant mes craintes, destruction et reconstruction ont eu lieu, et la plaque a disparu à jamais.


Jusqu'en 2014, on pouvait encore voir une plaque type Michelin, et une publicité murale pour les huiles Labo.
Aujourd'hui, le quartier est transformé et tout a disparu.

En route -

Allez, reprenons le véhicule et poursuivons l'aventure en direction de Fontainebleau.


La route était encore longue jusqu'à Fontainebleau, et les rouliers ne manquaient pas de faire une halte chez le père François Victor à l'entrée de Juvisy,
à l'époque dernier établissement avant de quitter Juvisy, situé juste au carrefour de la pyramide.
Près de 120 ans plus tard, l'établissement est toujours là, mais le Sushi et le soda ont remplacé le sauciflard et le p'tit coup d'blanc. Image réactive.

Avant de quitter le quartier, jetons un regard plus contemporain sur le bar de L'Eden, qui jouxte la pharmacie.
Jusqu'en 2016, l'établissement était accolé à un bâtiment à l'architecture très théâtral, abritant en ses murs un bazar ou une solderie.
Il s'agissait de l'ancien cinéma L'Eden ouvert en 1929 et qui à l'époque se vantait d'être un "établissement cinématographique moderne".
http://sallesdecinemas.blogspot.fr/search/label/Juvisy-sur-Org


L'Eden cinéma / et le Bazarama avenue de la cour de France. Image réactive

 


1960, effet de nuit au carrefour de la pyramide, photo Maurice Pialat.

L'Eden bar et cinéma.

 

L'Amour existe. 1960.

Dans l'un de ses tout premiers documentaires paru en 1960 « l'amour existe », Le jeune réalisateur Maurice Pialat, (45 ans à l'époque), dresse un portrait plutôt pessimiste et misérable de la banlieue parisienne et de ces habitants en cette fin des années 1950.
Considéré comme un poème mélancolique, cet essai cinématographique aux propos politiques parfois engagés, illustre à merveille les paroles de "Paris – Méditerranée" que chantait Piaf en 1938 :
« La banlieue triste qui s'ennuie, défilait morne sous la pluie ».

Pavillons, HLM, bidonvilles, embouteillages, et cette image furtive « volée » au documentaire. Une banlieue de nuit en 1960.
Nous en reconnaissons tous l'endroit, sur la N7 bien sûr, et ici bien loin de l'image de la route des vacances.

 

Le cinéma Eden de Juvisy, situé en bordure de nationale 7, près du carrefour de la pyramide, avait ouvert ses portes en 1929.


Le clap de fin cinématographique aura lieu en 1976, mais la structure du bâtiment est conservée pour accueillir un bazar du nom de Bazarama.
Hormis l'architecture, le magasin conservait également quelques éléments de l'antique cinéma, comme la moquette bleue et quelques vieilles affiches.


De vaines tentatives furent lancées pour classer l'édifice.. mais finalement en cette année 2016, promoteurs et pelleteuses eurent le dernier mot, et le rideau est définitivement tombé sur ce cinéma de quartier.



La destruction du cinéma Eden - Bazarama en 2016

En route -

Nous roulons à présent sur l'avenue de "La Cour de France", car Juvisy est avant tout un ancien gîte royal, une étape pour la Cour du Roi sur le trajet vers Fontainebleau.

Traversons la ville..

La route amorce une légère côte.
Autrefois plus pentu, ce chemin menait jusqu'au hameau de Fromenteau situé sur la "montagne de Juvisy".
De Fromenteau, la route royale gagnait les pentes de Juvisy et les bords de l'Orge, par un parcours critique et fort dangereux pour les équipages.
Si dangereux, que par temps de glace, le chemin se gravissait à l'aide de nombreux chevaux de louage, la descente des voitures s'effectuant par traîneaux.

Vers la fin du règne de Louis XIV, le Duc d'Antin, gouverneur de l'Orléanais, dédaignant les moyens ordinaires, voulu descendre le chemin verglacé avec ses propres chevaux.
Sa voiture se fracassa au bas de la côte et le Duc faillit payer de sa vie cette imprudente bravade.

Echappé à ce péril, il promit que le chemin serait détourné, ce qui, certainement, contribua de hâter les travaux de la nouvelle route Royale et de son fameux pont. (voir plus loin)


Le point rouge correspond au carrefour de la Pyramide. De là partait l'ancien et dangereux chemin royal, vers le centre de Juvisy (tracé jaune)
La nouvelle route dénommée ici La Cour de France, (tracé rouge) passait devant le relais de poste de Fromenteau avant de rejoindre le Pont du Roy sur l'Orge

Vous le remarquez, le quartier est aujourd'hui en pleine mutation... Grand Paris oblige.

Du coup, pas mal de bâtiments le long de la route nationale 7 sont frappés d'alignement. Les expropriations ont débuté.
Le quartier fait peau neuve.


L'avenue de la Cour de France.
Sur la gauche devant la concession Peugeot, la ruelle Camille Flammarion reprend en partie l'ancien chemin royal.

Les programmes immobiliers se développent tout au long de l'avenue et effacent à jamais les dernières traces du passé.
Un exemple ?
Après la concession Peugeot, un ensemble immobilier remplace désormais une ancienne bâtisse qui semblait sans intérêt, laissée à l'abandon depuis les années 1970

Marquons ici notre seconde halte scientifique et non moins historique :


Programme immobilier récent, en lieu et place d'un immeuble du XVIIIe siècle. Image réactive

Il s'agissait de " l'Auberge du Pavillon " à Fromenteau.

Construit au milieu du XVIIIe siècle, à proximité du pavillon de chasse de la propriétée seigneuriale voisine (d'où son nom), cet immeuble servait d'auberge pour les voyageurs de la route reliant Paris à Fontainebleau.
La Cour de France y était reçue et l'on dit même que Napoléon et ses maréchaux y firent un séjour.


Hameau de Fromenteau, avenue de la Cour de France, en direction de Fontainebleau.
Un peu plus loin on distingue la coupole de l'observatoire de l'abbé Metler sur le toit de l'ancienne auberge du Pavillon

En 1866, l'auberge change de fonction et devient un centre d'accueil pour les orphelins et les vétérans des insurrections polonaises, sous l'égide des Sœurs de la Charité de St Vincent de Paul.
En 1893 l'abbé polonais Bonaventure Metler qui dirige le centre, fait la connaissance de son voisin, le célèbre astronome Camille Flammarion (voir plus loin).
Metler va vite s'enticher d'astronomie, et devenir un disciple de Flammarion, à tel point qu'il va construire son propre observatoire sur le toit de l'ancienne auberge.
Il y fera installer un puissant télescope qui sera considéré pendant longtemps comme le plus gros télescope de Pologne.
Comme son renommé maître, Metler saura rendre accessible cette discipline, faisant de Juvisy un haut lieu de l'astronomie.

Source : la Société astronomique de France.


L'observatoire installé sur le toit de l'ancienne Auberge du Pavillon par le père polonais Metler. ( photo 1972)

Au début du XXe siècle, les règles d'accueil des ressortissants polonais changent, et l'abbé Metler ainsi que les sœurs de la Charité retournent en Pologne en 1907.

En 2018, les pelleteuses auront finalement raison de ce vestige du XVIIIe siècle. Il n'en reste plus rien aujourd'hui.

Sources :
http://surfredericchopin.blogspot.com/2014/02/maison-des-veterans-polonais-de-juvisy.html
,
article du Parisien oct 2013.

Qu'est devenu l'abbé Metler ?

En septembre 1939, au début de la seconde guerre mondiale, la Pologne est envahie par l'Allemagne.
L'abbé Metler devenu fondateur et directeur de l'institut de l'Observatoire Astronomique de Czestochowales est emmené par les Allemands.
Sorti de son presbytère, il est traîné derrière une charrette tirée par des chevaux jusqu'au cimetière du village de Jaworzno à 7 km de sa paroisse.
Là, avec son vicaire, Joseph Danecki, et l'organiste de son église, il est fusillé par les allemands.

http://www.swzygmunt.knc.pl/MARTYROLOGIUM/POLISHRELIGIOUS/vENGLISH/HTMs/POLISHRELIGIOUSmartyr1755.htm


Hameau de Fromenteau route de la cour de France, en direction de Paris début du XXe siècle.
Les pavés disposés en tas, attendent d'être replacés, sans doute après des travaux de voierie.

En route -

Quelques mètres encore et se profile sur la gauche la tour crénelée et le dôme d'un bâtiment pour le moins étonnant.
Il s'agit du fameux Gîte Royal devenu au fil du temps relais de poste.

Arrêtons nous un instant et marquons ici notre troisième halte scientifique à Juvisy.


L'observatoire de Juvisy , propriété de Camille Flammarion, ancien relais des postes, ancien Gîte Royal, en bordure de la nationale 7

Un peu d'histoire :

Dès le XIIe siècle, il existait à Juvisy, dans le haut chemin de Lyon, à l’emplacement actuel de l’Observatoire Camille Flammarion, un vaste domaine comprenant des bois, des vignes, des terres et un colombier.
Cette demeure baptisée le Gîte Royal de Fromenteau, recevait les rois et les princes, bien avant l'existence du Château de Fontainebleau.

En route vers Fontainebleau, Les rois Charles IX, Henry IV, Louis XIII et Louis XIV s'y arrêtaient régulièrement.

En 1730 le Gîte Royal disparaît pour devenir un relais de poste. (c'est la fermeture temporaire de ce relais, qui entraînera l'ouverture du relais de Paray Vieille Poste)

C'est dans ce relais de poste que le 30 mars 1814, Napoléon apprend la capitulation de Paris qui annonce la chute de l'Empire.
Napoléon quitte le relais et abdique le 12 avril 1814. Un événement qui marquera l’Histoire sous le nom des "Adieux de Fontainebleau".
Une statuette, offerte par l’empereur se trouve toujours à l’Observatoire Camille Flammarion.

En 1843, l’ouverture de la gare de Juvisy entraîna la fermeture définitive du relais de poste.
Peu de temps après, un bordelais, Louis-Eugène Meret, amateur d’horticulture, racheta la propriété pour la convertir en maison d’agrément.
Mais les Prussiens occupèrent les lieux et défigurèrent le parc pendant la guerre de 1870.
Refusant d’y revenir, Meret, féru d’astronomie et de sciences physiques, en fit don en 1882 à l’auteur de "L’Astronomie populaire", Camille Flammarion.

Sources :
http://juvisy.fr/votre-ville/histoire-de-juvisy

http://www.maison-hantee.com/files/flammarion/fantome_astronome090206a.htm


Un aspect de la route nationale, du haut de la tour crénelée. Vue en direction de la capitale. Image réactive.

En 1882, le scientifique Camille Flammarion reçoit la propriété en legs et en devient propriétaire, il transforme alors le lieu en observatoire astronomique.

Camille Flammarion astronome, œuvre pour la vulgarisation des sciences positives. Rédacteur scientifique et conférencier il fonde en 1883 l'observatoire de Juvisy-sur-Orge et en 1887, la Société astronomique de France, dont il est le premier président.

Flammarion est un touche à tout. Il popularise l'astronomie, travail sur l'atmosphère terrestre et le climat.
Il édite de nombreux ouvrages scientifiques, philosophiques, mais aussi des romans et des récits de voyages.
Il s'intéresse également aux sciences occultes et paranormales au travers du spiritisme et de la parapsychologie.

Camille Flammarion décède en 1925. Sa tombe se situe au fond du parc de l'observatoire.

L'observatoire est fréquenté pendant plus d'un demi-siècle et les observations qui y sont réalisées font de la ville de Juvisy un haut lieu de la recherche scientifique jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
A la mort de sa veuve, en 1962, l'observatoire est légué à la société astronomique de France qui le loue pour 99 ans à la ville de Juvisy.
En 1980, le monument est classé, et en 1996 inscrit à l'inventaire des monuments historiques.

Aujourd'hui l'observatoire est en état de délabrement avancé. L'illustre résidence est en danger. Des associations militent pour lui venir en aide.

Sources / pour en savoir plus :

Un super et superbe site pour en savoir beaucoup plus sur l'observatoire de Juvisy à ne pas rater :
http://www.culture.gouv.fr/culture/flammarion/accueil/index1.htm
Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Observatoire_de_Juvisy-sur-Orge
La tombe de Camille Flammarion : http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article1720
Le site de l'association des amis de Camille Flammarion qui œuvre pour la sauvegarde de l'observatoire.
http://www.astrosurf.com/amis2camille/

Les Secrets de l'Observatoire :

Camille Flammarion s'intéresse également à la parapsychologie et au spiritisme.

Il participe à de nombreuses séances spirites et recueille de nombreux témoignages sur les maisons hantées et les fantômes.

Avec méthode et rigueur il enquête, répertorie et classe les phénomènes inconnus.
Il reste convaincu, qu'au delà de toute religion, l'esprit survit après la mort.

Voulez vous faire une visite passionnante et angoissante de l'observatoire avec un célèbre chasseur de fantômes ?
Laissez vous tenter avant de reprendre la route.

http://www.maison-hantee.com/files/flammarion/maison_assassinee090206b.htm

En route –

Reprenons maintenant la route après cette halte pour le moins instructive.
Vous l'aurez remarqué, je n'aime pas passer à un endroit sans en connaître son histoire.
On pourra par la suite approfondir ses recherches si le sujet nous interpelle, mais en connaître un minimum évite de rouler "idiot".
C'est cela aussi la nationale 7.

Après la passerelle piétonnière qui surplombe l'avenue de la Cour de France et qui s'engouffre dans le parc de la Mairie, dont on aperçoit l'entrée sur la gauche, on amorce une descente en courbe.
Bien que sur 2 x 2 voies, plus elle descend, plus la route devient étroite.


Avenue de la Cour de France, 1963 et Aujourd'hui. Image réactive.


Le pont des Belles Fontaines franchit la récente voie ferrée et le cours de l'Orge

Nous arrivons maintenant sur le pont "Des Belles Fontaines", l'objet de notre quatrième halte.
Avouons le, le nom de ce pont a tout de charmant, mais le coin en lui même a perdu de sa superbe.
A peine le remarque-t-on aujourd'hui. L'aviez vous remarqué ?
Sur quatre voies depuis 1970, il a hélas perdu fontaines, trottoirs et pavés.


Le pont des Belles Fontaines après élargissement de la voie et le retrait des fontaines. Image réactive.

Un peu d'histoire :

Au XVIIIe siècle, Louis XV décide de faire détourner la route Royale qui traverse à l'époque le centre ville de Juvisy.
La chaussée y est si pentue et si étroite "rue de la Vieille-Montagne", que cavaliers et carrosses peinent à y grimper.
Sabots et roues cerclées de fer dérapent sur la chaussée rendant la traversée du bourg souvent périlleuse pour les voyageurs.

Afin de réaliser le tracé de la nouvelle route, il faut remblayer le coteau et construire un pont pour franchir l'Orge.
Un travail de titan confié à l'administration des Ponts et Chaussées .
L'ouvrage, bâti entre 1725 et 1728, est hors du commun : en plus de l'arche supérieure, sept petites arches assurent la solidité de l'ensemble, sur un secteur très pentu.

Baptisé Le pont du Roy, il est vite surnommé Pont des Belles Fontaines en raison des deux fontaines monumentales placées de chaque côtés de la route et par lesquelles s'écoulent des sources découvertes au moment de la construction.

Les fontaines permettent ainsi de faire boire chevaux et cavaliers.
Le pont est constitué de plusieurs arches, dont une seule enjambe l'Orge.
Les autres arches enjambent soit un terrain vague, soit aujourd'hui la ligne du RER C.

Le 30 mars 1814, Napoléon espère encore éviter la débâcle à Paris lorsqu’il fait halte pour la nuit au relais de Juvisy,
après un arrêt au pont des Belles Fontaines.


Le pont des Belles Fontaines et la route vers Viry Chatillon en 1910.


L'eau minérale naturelle de Juvisy

Les Eaux de Juvisy :

Les eaux et sources de la Cour de France jouissent d’une légitimité sans faille depuis des temps immémoriaux. Leur limpidité et leur saveur leur ont conférées le nom « d’Orgeat de Juvisy ».
En 1908 une étude est menée afin de faire de Juvisy une station hydro-minérale, suite aux demandes répétées de la population et des municipalités successives. L’objectif étant de faire reconnaître par l’administration compétente, la valeur et la qualité des eaux de sources de Juvisy.
Camille Flammarion et son adjoint Monsieur Loisel procèdent à une étude des conditions climatériques du milieu.
Il s'avère que les Belles Fontaines, sources et terroir, constituent une station parfaitement climatérique et hydrominérale. Trois millions de bouteilles se vendait alors à Paris et dans sa banlieue.
On projette alors l'idée d'un pavillon thermal pour la dégustation de l'eau des Belles Fontaines.
Le projet ne verra jamais le jour, et aujourd'hui les eaux de Juvisy sont impropres à la consommation, polluées dit-on par la proximité de la gare et de l'aéroport d'Orly.

Source.. :-)) : http://juvisy.fr


Détail d'une fontaine déplacée dans le parc de la mairie.

En 1970, la Nationale 7 est élargie : les deux fontaines sont déplacées et réinstallées dans le parc de la mairie de Juvisy.
Des milliers d'automobilistes empruntent chaque jour ce pont, sans soupçonner une seconde que ce trésor architectural est classé monument historique depuis près d'un siècle.

Sources et extraits :

L'article du Parisien du 21/01/2012 : "Sous la nationale 7, un joyau"
Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_des_Belles_Fontaines
Une fontaine vue de près : http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/3790-juvisy-fontaine?offset=1

On l'a dit, la route Royale fût détournée pour éviter la trop forte déclivité et la dangerosité de la rue de la Vieille-Montagne.
Cette rue existe toujours, sous un autre nom, c'est aujourd'hui la rue Camille Flammarion.
Si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours aller y faire un tour et vous rendre compte de la côte.
Elle débute un peu avant l'observatoire Flammarion, au niveau du concessionnaire automobile sur la gauche

Avant de quitter définitivement le pont, voici le fameux départ en vacances route nationale 7 de l'année 1958.
On y aperçoit le pont, au temps des Belles Fontaines. cliquez sur l'image

En route –

Quelques mètres seulement séparent le pont des "belles fontaines" du pont qui enjambe le réseau de voies ferrées.
Pour le passage des voies, il a fallu à l'époque percer le talus quelques 75 mètres avant le pont sur l'Orge.
Juvisy est l'un des principaux carrefours du dispositif de transport de la région parisienne.
Le "nœud ferroviaire" de la banlieue.

Dès la fin du XIXe siècle, la gare de Juvisy est surnommée : la plus grande gare du monde.
Aujourd'hui encore, même si l'activité de triage n'existe plus, la gare reste très active avec près de 70 000 voyageurs par jours.

Pour en savoir plus : http://www.savoirs.essonne.fr rubrique : les technologies

Passé la passerelle ferroviaire, nous arrivons à Viry-Chatillon.

VIRY CHATILLON Km 0020

http://www.ville-viry-chatillon.fr

Viry-Chatillon

Viry-Châtillon était auparavant composée de deux communes distinctes, Viry-sur-Orge et Châtillon-sur-Seine.
Le mot Châtillon est une évolution signifiant « petit castel », marquant la présence d'un château dont il ne subsiste plus rien aujourd'hui.
Le mot Viry est dérivé du latin signifiant le « domaine de Verus », un ancien propriétaire terrien gallo-romain.

Dans les années 1920, la commune connaît un développement démographique important avec la construction d'une zone pavillonnaires sur l'emplacement même du premier aérodrome du monde
"Port Aviation" (voir Orly) et en bordure d'un axe important, la nationale 7.
Ce développement se poursuivit dans les années 1960 avec la construction des grands ensembles de La Grande Borne, des Coteaux de l'Orge et de la CILOF en bordure de la récente autoroute A6.

Source Wikipédia

En route –

Traversons la ville sur 2 x 2 voies rectilignes. Nous sommes avenue du Général De Gaulle.
Au premier carrefour à droite, au niveau du bar-tabac presse Le Marigny, c'est le quartier de "Port Aviation". Vous vous souvenez ?
Le premier "aérodrome organisé du monde" implanté sur la commune en 1909.


La piste circulaire de Port Aviation en 1910 à Viry Chatillon

On le croyait disparu sous la zone pavillonnaire, mais il subsiste un dernier vestige que l'on peut toujours voir au 80 avenue Baronne de la Roche.
Un bâtiment à colombage qui fût en 1909 un grand restaurant avec terrasse panoramique, puis durant la première guerre mondiale le Mess des officiers.
L'établissement devient Hôtel et Dancing dans les années 1930.
Durant la seconde guerre mondiale, le bâtiment est réaffecté à des tâches plus techniques, tour à tour atelier menuiserie, exploitation de nettoyage industriel, il est racheté par la ville en 1983.



Le bâtiment Aujourd'hui.


Cliquez sur la photo.

En route -

Une fois franchi l'Orge et les voies SNCF par le pont des (ex) Belles Fontaines (voir Juvisy), la Terrasse des Belles Fontaines était le premier établissement rencontré à l'entrée de Viry Chatillon.
Vous pourrez toujours aujourd'hui pénétrer dans la bâtisse centenaire, mais pour y manger des Sushis.


Un autre rescapé. Le café Terrasse des Belles Fontaines. Image réactive.


Même carrefour que ci-dessus, mais direction Juvisy, au pied du bar-tabac Marigny. Image réactive.

Cette section de nationale 7 qui traverse Viry-Chatillon, est principalement vouée aux commerces de l'automobile.
Toutes les concessions y ont pignon sur rue, sans compter les centres de contrôle technique, les centres d'entretien, de lavage ou de pièces détachées.


Beau panorama du carrefour central à hauteur de la concession Renault. (visible au premier plan)
Et l'on constate déjà la présence des commerces automobile.

Mais il n'y en avait pas que pour la bagnole. Face au garage Renault, dans l'angle du carrefour, le café des sports abritait également une célèbre salle de balle : Le Pavillon Bleu.
Ce dancing était connu pour être le plus select de la région, comme le vantait la publicité de l'établissement.
Repas de noces et banquets venaient rythmer la vie des Castelvirois et des Castelviroises.


Le Café des Sports, et le Pavillon bleu attenant. Même lieu aujourd'hui. Image réactives.


Le carrefour de la nationale 7 avec les routes de Draveil et Viry Centre vers les années 40-50.
En coin le Pavillon Bleu.

Vous le savez sans doute, Viry-Châtillon est le berceau de Renault Sport F1, une écurie de Formule 1, appartenant au constructeur automobile français.

Renault a débuté en Formule 1 en tant que constructeur en 1977, avant de se retirer du championnat du monde fin 1985, préférant s'en tenir à un simple rôle de motoriste.
Le groupe français a fait son retour en tant que constructeur de châssis en 2002 à la suite du rachat de l'écurie Benetton Formula intervenu deux ans plus tôt.
Ce retour a notamment été marqué par deux titres mondiaux des constructeurs en 2005 et 2006 ainsi que par les deux titres de champion du monde des pilotes de Fernando Alonso

Mais le joli bâtiment à l'architecture rétro de la concession Renault, devant lequel nous passons maintenant, n'abrite pas ici le siège social de l'écurie de course automobile Renault F1 Team.
Il s'agit de la concession Renault Come et Bardon


La concession Renault, Come et Bardon en bordure de Nationale 7


L'écurie de F1 est implantée en bordure de l'autoroute A6 parallèlement à notre nationale 7 sur la commune de Viry-Chatillon. Renault Team F1

En route -

Maintenant, un rapide coup d'œil en direction du parking de l'Hyppopotamus et du Bricorama, de l'autre côté de la chaussée.
Des piliers de béton stylisés art-déco, encadrant une grille de fer forgée m'interpellent.
Assurément un ancien portail d'entrée, bordant aujourd'hui le parking d'enseignes commerciales.
A regarder de plus près, le motif circulaire de la grille centrale rappelle ce que l'on y fabriquait il y a de cela plusieurs dizaines d'années. Une idée ?


Il ne subsiste que quatre piliers de l'ancien portail / Détail du motif de la grille centrale.

Ici même se situait l'entrée de La Société des Bouchons Couronnes APEXES.


Une vue en direction de Juvizy, à droite le portail rescapé.

Implantée au début des années 1930 en bordure de nationale 7 dans des entrepôts appartenant encore au terrain d'aviation tombé en désuétude,
la société exploite un brevet américain concernant les bouchons à capsules métalliques avec joint de liège.
Autrement dit, l'ancêtre de nos capsules de bouteilles.
L'entreprise connaît son apogée dans les années 1960.
A partir de 1980 la société commence à péricliter malgré une diversification de sa fabrication, notamment avec une nouvelle production d'aérosols.

La société APEXES fermera définitivement ses portes en 1994.

Source : http://dandylan.over-blog.com/article-apexes-125045680.html


Viry Chatillon, Route de Fontainebleau en 2015.

En route -

Centres commerciaux, garages, fast-foods, jungle urbaine, profusion d'enseignes publicitaires, ensembles immobiliers, l'ancienne route de Fontainebleau, champêtre et bordée d'arbres, qui franchissait le pont des Belles Fontaines est aujourd'hui plus que défigurée.
Evolution sociale, signe des temps modernes... Louis XV n'en croirait pas ses yeux !

Viry Chatillon Route de Fontainebleau en 1916.


La Maison des Pêcheurs. Ce bar tabac restaurant de quartier nous rappelle que la Seine, où les étangs, ne sont qu'à 300 mètres de là.
Il fut un temps où le client pouvait y déguster sa dorade fraîchement pêchée du matin.

Enfin apparaissent quelques arbres. Le quartier devient nettement plus agréable. Sur la droite nous longeons maintenant un plan d'eau.
Il s'agit du plus important ensemble lacustre de la région parisienne, les étangs artificiels de Viry-Chatillon et de Grigny.
100 hectares dédiés aux loisirs et à la nature. Au programme : activités nautiques, protection de l'écosystème, observation de la nature et jardins familiaux.

Les étangs

L'origine des lacs est liée à l'exploitation des carrières de sable et de pierre meulière qui a commencé vers 1910 et s'est achevée vers les années 1960.
Au fur et à mesure de l'extraction de ces matériaux, l'eau s'est infiltrée dans les cavités d'exploitation, formant ainsi les plans d'eau artificiels.
Après la zone urbaine, un petit bout de nature ça remonte le moral.


Plan d'eau, bateaux de plaisance, appontements, il flotte ici comme un petit air de côte d'azur.

Dans la continuité de la route et des étangs, voici Grigny.

Grigny Km 0022

http://grigny91.fr

Grigny, c'est tout d'abord un village isolé construit à la campagne, à l'écart des principaux axes routiers, ferroviaires et fluviaux.
Les Parisiens apprécient ce petit coin de verdure situé à environ 20 km de la capitale.

Grigny, c'est ensuite une ville ouvrière, avec ses cultures céréalières et ses extractions de matériaux de construction qui alimentent la place de Paris.

Grigny, c'est enfin une ville nouvelle.
A partir de 1967 commence l'édification de "La Grande Borne", une nouvelle ville dans la ville comportant 3 981 logements sur quatre-vingt-dix hectares.

En 1969 on entreprend la création d'un second grand ensemble, "Grigny 2", deuxième plus grande copropriété d'Europe et la plus grande de France, équipée d'un centre commercial et d'une gare financée par le promoteur à destination d'une population de cadres.

Cette urbanisation presque exclusivement résidentielle, mal maîtrisée, oubliant la mixité sociale d'origine, multiplia par dix la population en dix ans et entraîna d'importantes difficultés sociales, sécuritaires et économiques rappelées chaque année dans l'actualité de cette commune qui accueille la population à la fois la plus jeune et la plus pauvre du département.

 

Sources: Wikipédia et Ville de Grigny http://www.grigny91.fr/

En 1900, Grigny est donc un village essentiellement paysan. La vie y est rythmée par les travaux des champs.
Presque toutes les familles possèdent un lopin et y pratiquent une agriculture de subsistance. Jardins, vignes, vergers, élevage de volailles ou de lapins...
Les Grignois et leur famille vivent en grande partie de la terre.

En route -

Nous continuons de longer à notre droite les étangs de Grigny, à notre gauche la zone commerciale et la voie ferrée.
Au rond-point, un restaurant - grill récent occupe les locaux d'un magasin d'accastillage et de sports nautiques, suit une enseigne Américaine de poulet panés....
On est loin des plaisirs simples de la cuisine d'antan.

 

"Qua vist Paris é noun Cassis à ren vist"

Qui a vu Paris et non Cassis, n'a rien vu." Frédéric Mistral (1830-1914)

 

A vingt kilomètres de Paris, "Chez René" c'était déjà la Méditerranée.

En bordure de nationale 7, le long des étangs de Grigny, "René de Cassis" vous accueillait pour partager une cuisine provençale,
"avé l'accent du sud peuchère !!!".

Ensuite, c'était au choix, partie de pétanque, de pêche ou simplement promenade en barque pour ces dames.

Les vacances avant l'heure, à 800 km de la grande bleue.

Aujourd'hui l'endroit beaucoup moins estival est remplacé par des entrepôts commerciaux sans âmes et des enseignes de burgers.

A Grigny, il y a du sable dans la plaine basse et de la meulière sur le plateau.
Or, depuis la fin du siècle dernier, Paris était le théâtre de grandes transformations urbaines.
Vers 1900, le métropolitain est en chantier ainsi que l’aqueduc des eaux de la Vannes.
C’est un débouché tout trouvé pour les matériaux de construction du sous-sol Grignois.
L’extraction, longtemps artisanale, se mécanise et s'industrialise. Elle marque profondément la vie du village.
En l’espace de vingt ans la population Grignoise double avec la venue de nombreux immigrés italiens qui travaillent et souvent s'installent de façon définitive à Grigny : la «Petite Italie».
Le paysage aussi a changé. C’est de l’exploitation des sablières que naissent les plans d’eau.

Source : Plaquette : du Village Isolé à la ville de demain. (Ville de Grigny)

A la fin de l'exploitation des carrières de sable, dans les années 1960, Grigny devient un haut lieux de villégiature.
Les étangs profonds de 2 à 4 mètres attirent les pêcheurs qui viennent tâter du goujon, du gardon ou de la tanche.
Le compositeur et clarinettiste Sidney Bechet y achète une maison afin de venir pêcher sur les étangs.

Outre la pêche, on s'y baigne également, on y loue des barques, on campe sur les berges.
Un peu comme sur les bords de Marne, les Parisiens viennent à Grigny pour s'y rafraîchir au "café du Port" et même y guincher à la célèbre guinguette du "Casino des pêcheurs".

Stratégiquement situé entre lac et nationale 7, à proximité immédiate de la gare ferroviaire, le "Casino des Pêcheurs" était un établissement clé, symbole de cet art de vivre provincial si prisé des Parisiens en mal de campagne.


Le "Casino des Pêcheurs" vu côté étangs.

Impossible aujourd'hui de retrouver l'atmosphère d'antan. L'époque est définitivement révolue. Pourtant, le bâtiment existe toujours....


La façade du "Casino des Pêcheurs", côté route nationale 7 hier et aujourd'hui. Image réactive.

Après cette petite escapade revigorante à la campagne... retour à la réalité. Passons sous les voies du RER D puis sous la D310.
Nous arrivons sur la commune de Ris-Orangis.


Entrée de Ris Orangis

Ris Orangis km 0023

http://www.mairie-ris-orangis.fr

L'origine du nom de la ville est encore mal déterminé. Il semblerait qu'il provienne d'une part d'un village gallo-romain "Regia ou Regis", et d'un autre village sur le plateau du nom "d'Orengiacum".
Au XVIIIe siècle, le village de Ris est constitué de quelques maisons réparties le long de la route royale.
La présence de pas moins de 13 auberges, atteste d'une activité économique essentiellement tournée vers le voyage, à l'époque on ne dit pas encore tourisme.

En route -

A l'entrée de la ville, un socle en béton, situé entre les deux voies de circulation, est le dernier témoin d'une tentative artistique expérimentée par la municipalité des années 1980.
C'est en effet à cette époque que la ville achète à l'artiste Paul Sévéhon du CAES (Comité d'Action et d'Entraide Sociales), la statue de "L'homme en marche" Pôl.

"j'ai proposé ce personnage à la région, parce que moi ce qui me dérange c'est que les cons chaque week-end, ou chaque fête se massacrent sur la N7, qui est soit disant la route des vacances.
Et j'ai pensé que les gens qui se tuaient comme ça c'était vraiment des primates.
Alors ce personnage essaie de leur expliquer qu'il faut sortir de la connerie, qu'il faut cesser de se bourrer la gueule et rouler bourré et en fait cesser de se massacrer et de se haïr"
Interview de Paul Sévéhon.

Incomprise par les uns, appréciée par les autres, l’œuvre sur son piédestal dérange et provoque la polémique parmi les Rissois.
Après avoir subi pas mal de dégradations, on retrouvera finalement la statue découpée, gisant au pied de son socle.


Pôl, l'homme en marche. Aujourd'hui il n'en reste que le socle. Image réactive.


Entrée de Ris, ancien commerce Guillon, Vins et Liqueurs. Image réactive.

Nous entrons dans Ris-Orangis par la rue Albert Remy, ex-nationale 7.

Successivement voie gallo-romaine, Route Impériale n°8 en 1813, Route Royale n°8 en 1816, Route Royale n°7 en 1835 puis Route Impériale n°7 en 1860, elle prend le nom de Route Nationale n°7 en 1880,
puis d'Avenue de Fontainebleau dans sa traversée de la ville.
Le bas de la rue devient la rue Albert Remy en 1928.
Le haut de la rue devient tour à tour rue de Paris en 1937, et enfin, avenue de la Libération en 1944.

Source et documentation https://www.histoirelocale-ris.fr/grhl/index/fiche/Accueil


L'entrée de Ris Orangis dans les années 1950. A droite la place des fêtes et une borne Michelin,
à gauche une station Relais Service et ses distributeurs d'essence. Même lieu aujourd'hui...
Si si, je vous assure, c'est le même endroit ! Image réactive


Côté place des fêtes. Vue en direction de la capitale. On retrouve la borne Michelin.

A l'entrée du village, (sens nord-sud) la route de Fontainebleau traversait une partie du parc du château de Ris qui descendait alors jusqu'à la Seine.
Au début du XXe siècle, le propriétaire des lieux, le Marquis de Talhouët-Roy, fit don à la ville de ce bout terrain qui deviendra la place des fêtes.

De l'autre côté de la voie, les bâtiments de la ferme du château seront occupés par une Station service.
La grille d'entrée du domaine, qui se situait en bordure de route, sera finalement déplacée au fond de l'avenue de Rigny, se rapprochant du château, siège de la fondation Dranem en 1911 et aujourd'hui EHPAD de 97 lits.

Pour en savoir plus sur le château de Ris qui faillit bien devenir la demeure de Napoléon à la place de la Malmaison : https://valeriehl.wordpress.com


Devant le Relais Service, une camionnette file en direction de Paris. Image réactive.


La place des fêtes (ancien parc du château) et la route nationale. La borne Michelin a disparu. Image réactive.
Aujourd'hui, le monument aux morts qui bordait la RN7 est relégué au fond du parc.


La maison Chartier, Hôtel de l'Ecu de France, ancien Relais de Poste, situé à l'entrée du bourg après la station-service.
Même lieu aujourd'hui, juste après la tour. Image réactive

En route -

Le relais de Poste à l'Écu de France était, jusqu'à l'apparition de l'automobile, l'établissement le plus important de Ris-Orangis sur la grande route.
Des écuries, à l'arrière de l'établissement, accueillaient les chevaux frais prêts à remplacer les équipages fatigués.
Plus tardivement, et jusqu'en 1930, une grange du relais aménagée en salle de spectacle accueillera les fêtes et les bals populaires avant de devenir la toute première salle de cinéma de la ville.

La rue Albert Remy, sur 2 X 2 voies entame maintenant ce que les Rissois appellent la montagne ou encore la côte de Fontainebleau.
Une forte déclivité, autrefois étroite et pavée, qui malmena plus d'un véhicule dans sa traversée du centre-ville.
L'aspect de la route nationale a d'ailleurs totalement changé dans ce secteur.
Presque plus rien n'est aujourd'hui reconnaissable, si ce n'est l'église, seul édifice ayant échappé à la complète mais nécessaire reconstruction du centre ville, devenu au fil des ans trop étroit pour supporter sans problème le trafic intense des automobiles.
Dès les années 30 un projet propose de dévier la route nationale 7 du centre-ville.


L'église Notre Dame, unique rescapée des démolitions de 1977.
Image réactive

Concernant le projet de détournement de la RN7 hors centre-ville :

Le 28 octobre 1935, le Conseil municipal décide :

"Considérant que :

- la déviation de la route nationale causerait au commerce local un préjudice tel qu'il entraînerait avec lui la ruine de travailleurs qui ont mis toute leur activité au développement de leurs entreprises;

- que l'élargissement de la RN7 existante peut être amorcé (...) par emprise sur les trottoirs;

- que le tracé de la déviation prévoit l'expropriation du groupe scolaire (...);

le conseil municipal proteste contre le projet de déviation de la route nationale."

Ce refus constant, durant plus de 40 ans, de dévier la nationale 7, aboutit finalement à une opération brutale de rénovation urbaine qui fit éclater le centre historique de la ville.

A partir de 1977, tous les bâtiments de la rue principale situés de part et d'autre de la chaussée, sont expropriés et démolis pour permettre le maintien de la route nationale élargie à 30 m.

Des immeubles neufs et un centre commercial sont construits en retrait, et la croissance de la population se déplace massivement sur le Plateau.

Il en résulte un bouleversement spectaculaire du paysage, dont les Rissois regrettent après coup qu'il ait entraîné une coupure entre quartiers bas et haut de part et d'autre de la route.


Tel était le risque d'une adaptation de la ville à la route.

 

Extrait de : Histoire Locale de Ris Orangis.


Forte déclivité et étroitesse de rue entraînent forcément de fréquents accidents dans le centre-ville de Ris, avant élargissement de la voie.


Un aperçu avant et après élargissement de la route. L' église non détruite reste l'unique point de repère.


Même emplacement que ci-dessus, vers les années 1950.

A mi-côte, à l'angle de l'avenue Albert Rémy (N7) et de la rue de la Seine, on peut encore voir une rescapée de la route royale.
Il s'agit d'une borne milliaire installée là à la fin du règne de Louis XV.
Marquée sur ces deux faces, dans le sens Paris-province elle porte l'indication 12 originale, correspondant à 12 000 toises, puisque c'est une borne milliaire. (1 toise = environ 1.80 mètres, ce qui fait ici environ 22 km de la capitale).
Dans le sens inverse, le numéro 24, numérotation plus récente, indique les km, ce qui nous fait une marge d'erreur de deux km entre les deux indications.


En direction de Grigny, la borne Royale indique que nous sommes à 24 km de la capitale.
Dans l'autre sens c'est le marquage original qui est inscrit : 12. Image réactive.
Le cartouche ovale renfermait une fleur de lys gravée, qui fut burinée à la révolution.

A côté de la borne milliaire, la borne RN7 du Km 12 a quant à elle disparu totalement , il n'en reste que le socle.


Deux générations de bornes. Aujourd'hui la borne N7 a disparu.

Poursuivons notre montée.
Malgré les grands ensembles immobiliers qui rappellent la banlieue Parisienne, il flotte ici comme un air de petite ville provinciale.
Une ville à taille humaine sans doute héritée de son passé de village.

On l'a vu, à l'entrée de Ris côté Grigny, un relais station-service accueillait les automobilistes, il en était de même à la sortie de Ris, côté Fontainebleau.
En arrivant sur le plateau, au sommet de la côte, quelques bâtiments commerciaux, aujourd'hui anodins, marquent l'emplacement de l'ancien Relais Shell "La Nationale".

Dès les années 1930, les pétroliers rivalisent d'ingéniosité pour attirer l’œil de l'automobiliste et lui donner envie de s'arrêter dans l'une des stations de leur marque.
Le concept de commerce dédié à la vente de carburant nous vient directement des US.
On ne se contente plus de remplir un réservoir, ou de vendre un bidon d'huile.
L'automobiliste en plus du plein de carburant se voit proposer de nouveaux services mécaniques, réparations diverses, réglage des feux.
Il peut venir y boire un café, acheter du tabac, téléphoner, y trouver des toilettes et même parfois y passer la nuit.
Le Relais Shell de Ris, n'a pas lésiné sur la déco..
Une architecture art-déco, et un totem du plus bel effet dominant la colline tel un phare guidant les automobilistes sur la nationale et sur lequel on annonce la couleur : Essence.
Le garage attenant propose un bar et un hôtel tout confort.

Aujourd'hui l'ensemble a perdu de sa superbe, c'est le moins que l'on puisse dire.

Tout fout le camp…


L'emplacement du Relais Shell "La Nationale", image réactive.
Toute trace du décorum art-déco a été soigneusement effacé, mais les bâtiments sont restés.


Le relais Shell tout confort, la première maison (à gauche sur la photo) ,
et le bâtiment qui abrite le relais existent toujours aujourd'hui . Image réactive

La traversée de la ville devient maintenant plus fluide. Les habitations s'éloignent du bord de route.
Nous sommes au sommet de la côte.

Au niveau de la zone d'activité commerciale, je vous engage à prendre la direction du supermarché à droite afin de vous rendre sur son parking.
Un supermarché me direz-vous ? Quelle drôle d'idée…
La nationale 7 ne regorge-t-elle pas assez de petits coins charmants, pour que l'on s'attarde ici dans cette banale zone commerciale ?
Arrêtez vous ! ..... et regardez. Admirez les formes et les lignes du bâtiment, ce supermarché n'est pas qu'un simple entrepôt comme les autres.

Ce bâtiment est en voie d'être inscrit au titre des monuments historiques (en 2012) ...enfin on l'espère..

Hum ... en 2012 après les élections, changement de ministre de la culture, plus branchée petits fours et "Booba" que concernée par l'architecture et la sauvegarde du patrimoine, n'est-ce pas Mme Filippetti ?
En 2014 (re) changement de ministre , comme quoi Booba ne menait à rien...
Espérons juste un peu plus de compétence de la part de cette nouvelle ministre déjà incapable de citer un livre du Français prix Nobel de littérature en 2014, ni de citer le peintre du tableau qui orne son bureau au ministère...
C'est pas gagné, n'est-ce pas Mme Pellerin ?
En 2016 nouvelle et 3e ministre de la culture du gouvernement Hollande...quand on aime on ne compte pas.
En 2017 nouvelle ministre du gouvernement Macron...
Et un propos sexiste me vient tout à coup...Elles font jamais leurs courses au supermarché toutes ces miss ?? et si la parité n'avait pas que du bon au gouvernement ?? :-))

Fin 2019 , le classement semble bien cette fois être abandonné. à suivre...


Un tour au supermarché.

Construit en 1969 par Claude Parent architecte connu pour son œuvre sur l'architecture oblique, c'est une commande de la société Goulet Turpin, qui y apposera l'enseigne SUMA.
Un édifice qui compose avec la nouvelle organisation urbaine de la ville.

"Claude Parent poursuit avec ce projet une recherche sur la monumentalité fondée ici bien plus sur l'angle droit que sur l'oblique.
Plus que signal, l'architecture se fait réceptacle de la publicité. Les enseignes SUMA, enchâssées dans des crochets de béton au sommet de la structure, sont ainsi bien visibles depuis la route nationale 7." Audrey Jeanroy

Reportage France Inter 1er mai 2015 par Catherine Boullay, extrait :

.. le supermarché n’a pas été rénové depuis sa construction en 1970. Il est resté dans son jus.
Voilà qui surprend les professionnels de la grande distribution qui estiment qu’il faut investir dans la rénovation au moins tous les dix ans pour rester dans l’air du temps.
C'est vrai, répond Hubert Prost Roman, actuel directeur de l'Intermarché, mais ce supermarché avait déjà 40 ans d’avance en 70 ! Le fait qu'il n’ait pas bougé toutes ces années prouve la qualité architecturale du projet.

Pour en savoir plus sur ce monument urbain et contemporain :

Reportage Tv
Collection Art et Architecture
Un centre commercial monument historique ?
Sur le succursalisme Goulet Turpin
Claude Parent architecte sur Wikipédia.

Regagnons la nationale 7 par le parking du resto-grill. Quelques mètres encore .. une borne RN7 au Km 13 (à gauche entre route et piste cyclable) puis un panneau nous indique la sortie de Ris Orangis.

Après avoir dépassé le ru "Ecoute s'il pleut" et le rond point, Nous voici à Evry.

EVRY Km 0026

http://www.evry.fr

Nous ne sommes plus en ville, mais pas vraiment encore à la campagne.
La route ici s'est transformée en voie rapide, séparée par un terre-plein de buissons et de haies plutôt mal entretenus.

Historiquement, le site d'Évry est situé sur deux axes de communication majeurs, la Seine et la via Agrippa.
La Seine est toujours aujourd'hui un axe fluvial important de transport de marchandises et
le port d'Évry y permet l'accès.

La via Agrippa est aujourd'hui remplacée par la route nationale 7, transformée en voie rapide vers 1978, qui traverse la commune en son centre, du nord au sud en suivant le fleuve situé un kilomètre plus à l'est.
(source wikipédia).

Nous ne verrons rien de plus d'Evry, préfecture du département de l'Essonne.
La route traverse la localité en restant encaissée entre deux talus arborés.

Un peu d'histoire :

En 1880, sur le territoire de la commune d'Evry, qui comptait alors 833 hectares et moins de 1000 habitants, il était d'usage de distinguer deux seigneuries :
Grand-Bourg d'une part et Petit-Bourg de l'autre, principalement des villages agricoles parsemés de châteaux en bordure de Seine, et ce jusque dans les années 1950.

Le 20 mai 1965, la création d'une Ville Nouvelle est décidée pour « désengorger » Paris.
L'enjeu ici n'est pas de reproduire une cité dortoir, mais bien une ville active où les habitants trouveront des équipements publics et des emplois à proximité.
Cinq villes nouvelles et sept nouveaux départements sont ainsi créés, dont Evry.
(les 4 autres villes nouvelles sont : Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée et Melun-Sénart)

En trente ans, une ville nouvelle de cinquante mille habitants va sortir de terre.
Les territoires d'Evry recevront la majorité des grands ensembles, des bureaux et des équipements collectifs.
Les industries et les quartiers pavillonnaires seront réservés aux communes voisines.

En 1969 la Ville Nouvelle prend officiellement le nom de "Evry". Petit bourg et Grand Bourg deviennent des quartiers de la ville.

En 2001, Évry, perd son statut de Ville Nouvelle et sort ainsi de la tutelle de l'état, gagnant pour la première fois son indépendance.


La cité idéale, le nouveau concept architectural des années 60...
Commerces de proximité, espaces verts, bâtiments design, plans d'eau...
Aujourd'hui on parle de cités sensibles...mais qu'est-ce qui a foiré ?


Photo 01 : Evry en 1954. La route nationale 7 rectiligne traverse de vastes étendues de terrains pas encore constructibles.
Photo 02 : même vue actuelle.


Borne du Km 14

En route -

La route sort peu à peu de son encaissement, le paysage se dégage.
Un peu avant le rétrécissement des voies, nous passons très rapidement sur un pont qui enjambe l'avenue Nowy Targ.
Sur cette avenue, en contrebas vous trouverez si vous êtes curieux, une borne Michelin / Touring Club de France délaissée indiquant : les directions de Petit Bourg, de Juvisy et Corbeil par la N7.


Borne Michelin/TCF avenue Nowy Targ. Photo Claude.K

Emplacement de la borne Michelin/TCF. Celle-ci n'est pas visible sur Google-Street.

Les quatre côtés de la Borne d'Angle Michelin. Images réactives. Photos Claude.K

Histoire des panneaux Michelin
Les voies dans l'Essonne

Un peu plus loin sur la gauche, se profile une tour en forme de Pagode.
Décidément, cette nationale 7 nous réserve bien des surprises.

Il s'agit de CHùa Khánh Anh, une pagode bouddhiste vietnamienne.
La plus grande Pagode d'Europe.
Implantée en bordure de nationale 7, sa construction débute en 1992.

En 2004 elle reçut la visite du député-maire Manuel Valls, et elle fut officiellement inaugurée par le 14e Dalaï Lama en août 2008.

14 mai 2017 : Le lieu de culte dont la construction était estimée à 10 millions d’euros en a finalement coûté plus du double. Le chantier a été financé par les dons de bouddhistes du monde entier.

Il a fallu attendre 10 ans pour que la première pierre soit posée. Les travaux débutent pour de bon en 1995. Les coups de pioche sont rythmés par les dons venant du monde entier. Petit à petit, la pagode grandit mais doit régulièrement changer d’aspect. Phai Huynh raconte : « comme les normes évoluaient tout le temps, nous avons dû refaire certaines choses. C’est le cas des escaliers. » Au final, la facture qui devait s’élever à 10 millions d’euros atteint 22 millions d’euros.

Extrait Le Parisien.

 

Après le rond point, nous entrons sur la commune de Corbeil-Essonnes.


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