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Après le hameau de "La grosse Pierre",
au rond point, nous arrivons à Lapalisse, "Village
Etape" et porte du "Pays de Lapalisse". Lapalisse Km 0335
A l'instar des Négus de Nevers, des Praslines
de Montargis ou des Nougats de Montélimar, Lapalisse possède
ses spécialités. Bienvenue au pays de la Tautologie : La petite histoire : La ville doit son nom au seigneur de La Palice (en 2 mots) "Jacques II de Chabannes". Ses soldats, pour lui rendre hommage, chantèrent
aussitôt sa bravoure : « Un quart d'heure avant sa
mort, il faisait encore envie. » Le poète et Philologue "La Monnoye"
composa en 51 couplets "La Chanson de Mr. de La Palice",
dans laquelle il joua avec ce fameux vers : En route :Parce-que cela risque d'être un poil compliqué,
question nomenclature de route, un petit rappel est nécessaire
: A Lapalisse pas d'exception, le tracé de
la véritable N7 porte aujourd'hui l'appellation D707 dans
sa traversée de ville. Au niveau du rond point, une ancienne portion de la N7 est visible sur la gauche, elle file tout droit et est encore bordée par quelques publicités murales. Longeons là.
Un panneau annonce Lapalisse ville fleurie.
Nous voici Avenue du 8 mai. Non loin derrière,
un panneau illustré par Thierry Dubois (Monsieur N7)
nous souhaite la bienvenue.
Sur la gauche, la façade blanche d'un grand
garage transformé en brocante.
Si l'on en croit la légende urbaine ou plus sérieusement nos anciens, Lapalisse fut, lors des grandes migrations estivales, un haut lieu de l'embouteillage automobile. Tous les deux ans depuis 2006, est recréé, pour rire cette fois, le fameux bouchon de Lapalisse, avec voiture d'époque et bonne humeur assurée. Dans les années 1950, avec l'explosion des
congés payés, des hordes de voitures se rendant
sur la côte d'azur traversaient la ville. Il fallait parfois
plusieurs heures pour parcourir le bourg. Partons à la découverte de cet âge d'or de la route enchantée. Premier constat, nous sommes aujourd'hui seuls sur la route, les rues sont désertes, même en roulant lentement la ville sera vite traversée. Pas de bouchon à l'horizon..
Face aux murs tagués de l'ex musée
de l'Art en Marche, l'ancien "Garage Moderne" des années
1930 de "L. Jalicot" a conservé une vague physionomie
de son aspect avant sa fermeture définitive en 1973.
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En route -Après le carrefour, nous voici avenue Roosevelt,
ancienne Rue Nationale jusqu'en 1945. "Village Etape" oblige, le lieu est maintenant
devenu une paisible halte sur la route bleue. Si les anciennes demeures qui jalonnent la rue laissent
à penser que l'artère est restée
dans son jus, détrompez vous ! Que cela ne nous empêche pas de retrouver les traces du passé glorieux de la fameuse route. Si comme nous l'avons vu, le début de la rue était pratiquement dédiée à l'automobile avec ses nombreux garages, la suite était une longue enfilade ininterrompue d'auberges, hôtels, restaurants et cafés en tous genres. Sur la gauche, à l'emplacement d'un petit parking pour supermarché hard-discount, on trouvait l'hôtel restaurant de la Renaissance. A sa suite, l'hôtel restaurant du Midi, (plus tard Hôtel du Berry) dont le bâtiment semble être aujourd'hui transformé en immeuble d'habitation. |
Ne passez pas à côté de ce témoignage poignant, nostalgiques souvenirs d'enfance mais aussi combien humoristiques, sur l'hôtel du midi, véritable carte postale de l'ère du temps qui régnait alors en bordure de N7 en ces années1955 à Lapalisse.
http://blog2foisgras.wordpress.com/tag/hotel-du-midi/
Encore quelques mètres et c'est un beau garage Peugeot que nous retrouvons impasse des jardins, face à l'hôtel restaurant "Le Lion des Flandres" (ex Lion d'or), dont il ne reste que l'enseigne pour l'identifier.
Garage Peugeot
L'ex Hôtel du Lion des Flandres.
Rendez
Vous Nationale 7 : Dimanche 3 août 1969 , Lapalisse 19h00
Partie II
Des familles abandonnent maintenant leur véhicule et s'aventurent à pied, remontant la file en direction du centre ville à la recherche de provisions, laissant les conducteurs seuls dans l'habitacle surchauffé de leur automobile.
Y-a-t-il au moins des commerces ouverts en ce dimanche ? Il
est urgent d'envisager un plan B. Renoncer à passer la
nuit à Roanne comme convenu en début de périple,
en est un.
De toutes manières, à cette allure nous n'y serons
pas avant demain matin. Peut-être est-il d'ailleurs préférable
de trouver une chambre par ici.
Décidons nous rapidement avant que l'idée ne
fasse tâche d'huile parmi les otages de la route. Ma mère
part en éclaireuse à pied vers le centre ville.
Ma sœur sur la banquette arrière commence à pleurnicher.
Faim ? soif ? chaud ? fatigue ? pipi ? sans doute un peu de
tout cela.
On repart pour quelques mètres. Les minutes passent et
les inquiétudes vont bon train.
Ça fait un moment maintenant que ma mère a quitté
la voiture. Peut-être nous cherche-t-elle, va-t-on la
retrouver ? Oui la voila qui accourt en sueur, mais la mine
réjouie.
Elle a trouvé une chambre, "la dernière",
insiste t'elle. Plus d'inquiétude c'est réservé
d'avance. Vingt minutes plus tard nous voici dans un quartier
parallèle à la nationale 7. L'Opel définitivement
garée dans une ruelle adjacente.
Ce soir nous dormirons à l'hôtel du "Lion
des Flandres", un petit hôtel de la rue principale.
La chambre est minable avec son mobilier désuet, sa moquette
sale et ses abat jours branlants.
De toutes manières, sans réservation, pas question
de douche, juste un lavabo et les toilettes sur le palier.
Située au premier étage, la chambre donne directement
sur la nationale.
On comprend pourquoi il ne restait que celle-ci. Mon père
remonte quelques bagages, je m'installe derrière la fenêtre,
aux premières loges surplombant la fameuse N7.
A 20h00 le bouchon bat toujours son plein. La file de voitures
progresse à la vitesse d'un escargot.
Sans réservation pas de restaurant possible dans l'établissement,
nous sortirons donc dans les rues de Lapalisse à la recherche
d'un casse croûte bien mérité.
L'affaire ne sera pas si simple. Le restaurant de l'hôtel
de France est bondé au grand dam du maître d'hôtel
qui se voit, la mort dans l'âme, refuser de nombreux clients
qui s'agglutinent devant l'entrée de son établissement.
La clientèle bourgeoise de l'hôtel de l'Ecu ne
convient pas à mon père.
Notre budget est réservé pour la grande bleue
et non pas pour un "resto guindé" qui n'apportera
aucun des mille plaisirs que peuvent procurer ceux d'une gargote
de plage.
C'est donc un petit snack bondé, encore ouvert ce dimanche
soir, qui nous accueillera bien sympathiquement dans une petite
rue adjacente.
La soirée se terminera par une ballade digestive autour
de l'imposant château, au pied duquel circulaient encore
tard dans la nuit la file ininterrompue des naufragés
de la route.
En attendant de repartir pour de nouvelles aventures dès
l'aube.
L'embouteillage de Lapalisse, quel beau souvenir ça nous
fera à raconter !
Plus loin voila l'hôtel de France, enfin, ce qu'il en
reste aujourd'hui.
Cet établissement familial accueillait chaque jours les
passagers du car assurant la liaison entre Paris et Nice.
Aux glorieuses heures de la route nationale 7, Lapalisse accueillait
pas moins de sept établissements hôteliers, justifiant
par là même sa réputation de ville étape.
Vue en direction de Varennes, l'hôtel de France. Image
réactive
En direction de Roanne .
Plaque émaillée Route Bleue et plaque directionnelle
en tôle Citroën on y lit 23 km sans doute la direction
vers La Pacaudière
Au passage, quelques panneaux émaillés indiquaient la direction de la Route Bleue.
Voici ensuite l'hôtel de l'Ecu. Le "Grand Hôtel"
de Lapalisse.
Créé en 1646, avec son garage (au 17 de la rue)
pouvant accueillir diligences puis automobiles, sa pompe à
essence, sa terrasse intérieure, sa marquise et ses tables
en bordure de nationale, sa cuisine et sa cave réputée,
l'hôtel est vivement recommandé entre autres par
le Touring Club de France, gage d'un séjour confortable.
Notre siècle n'a pas su conserver un tel établissement, il n'en subsiste désormais que l'enseigne décrépie.
L'hôtel de l' Ecu aux grandes heures de la N7. Image
réactive.
Au carrefour sur la gauche, il faut lever les yeux pour apercevoir
la dernière survivante des plaques originales de la Route
Bleue.
Petit rappel :
La Route Bleue voit le jour en 1933, c'est à l'origine
un concept plutôt commercial dont le but est de créer
un nouvel itinéraire routier en parallèle à
la route nationale 7, afin de faire transiter les touristes
par St Etienne.
Ainsi, si la RN7 et la Route Bleue empruntent le même
itinéraire de Paris à Roanne, la Route Bleue bifurque
ensuite par St Etienne, alors que la RN7 rejoint Lyon.
Les deux routes ne retrouveront un itinéraire commun
en direction de Menton qu'après Lyon, à St Vallier
exactement.
La dernière survivante des plaques de la Route Bleue.
Photo médaillon Claude.K
Panorama du pont sur la Bresbre, du quartier médiéval
et du château de La Palice.
Le pont sur la Bresbe et le château. Photo Claude.K
Puis vient le pont sur la Bresbre d'où
l'on a un beau point de vue sur l'imposant château surplombant
une placette médiévale nouvellement restaurée,
mais hélas sans trop de caractère.
Il manque sans doute à tout cela la patine du temps
Le château quant à lui date du XIIe siècle
pour sa partie féodale courtines et remparts compris.
La chapelle de style gothique est construite en 1461, et le
logis renaissance à parement de briques date du XVe et
XVIe siècle.
https://www.lapalisse-tourisme.com
Au pied du château. En médaillon : sous le
panneau Roanne N7, on aperçoit un panneau Route bleue.
Au pied du château, la route se poursuit
sur la droite.
Il n'en fut pas toujours ainsi.
Deux siècles auparavant, le tracé original, beaucoup
plus abrupt passait sur la gauche du château.
Nous emprunterons cet ancien tracé historique au terme
de notre étape.
Pour l'instant poursuivons à droite direction St Prix.
La sortie de la ville s'effectue par la Rue de la Vigne, rectiligne et toute en côte. Passage devant l'Auberge du Parc, qui ne semble plus en activité.
Les stations service se situaient souvent à l'entrée
et à la sortie des villes.
Vous n'aviez pas fait le plein en entrant à Lapalisse,
vous aviez encore la possibilité de le faire à
la sortie.
Ancien kiosque de la station service Total.
La station mère en direction de St Prix, et son satellite
en direction de Lapalisse
RDV N7 @ juillet 2014 / 2020