ETAPE 12 : Tain l'Hermitage km 550 au Logis Neuf km 600

04 /05
← Livron - Loriol →

En Route -

Les hébergements insolites sont aujourd'hui tendance et recherchés par les touristes toujours avides de vivre de nouvelles expériences.
Hôteliers, propriétaires de gîtes et hôtes urbains se sont adaptés à cette nouvelle clientèle en quête d'une cabane perchée dans les arbres,
d'une roulotte tzigane, d'une yourte mongole, d'une chambre troglodyte ou même d'une nuit passée dans un château hanté.

Au milieu des années 1960, le Camping de "Scipion l'Africain" fait un peu figure d'avant garde en matière d'originalité, en proposant aux touristes de passage son camp Romain de tentes en "dur".
Un alignement d'une dizaine de petites tentes canadiennes, non pas en toile, mais en béton.
Scipion l'Africain fait référence au général Romain qui vainquit l'armée d'Hannibal en Afrique, mettant fin à la seconde guerre punique au IIIe siècle AV-JC.
Le nom de l'établissement est directement inspiré de la Route Annibal, concept touristique et novateur à l'époque (voir Les Chassis en début d'étape).
L'ambiance Africaine et la décoration paillote du site invitent au dépaysement, mais le camping conserve tout de même un certain confort .. on est pas des sauvages !


Mélange des genres : La rigueur d'un camp Romain - avec parasols - et l'insouciance Africaine

Le camping, situé à l'entrée Nord de Livron, livre directement concurrence au camp Hannibal (un autre camping) situé à la sortie Sud de la ville.
Le lieu cessera son activité à la fin des années 1970.

Et aujourd'hui que reste-t-il du camp Romain ?


L'entrée du Camping aujourd'hui. Image réactive. (photo gros plan Marc Liozon)


Vue satellite de 1972, on distingue bien l'alignement des 10 bungalows construits en dur.
Tellement solides qu'ils sont toujours là aujourd'hui (2022). Image réactive.

En Route -


Masquée pendant des années par des panneaux publicitaires modernes, puis cachée par la végétation grimpante,
espérons que cette publicité peinte ne finira pas recouverte de tags (qui s'en rapprochent dangereusement)

 

Voici Livron sur Drôme.

.

Depuis 2010, chaque été au moment du chassé croisé entre juillettistes et aoûtiens, la municipalité de Livron avec son comité de quartier organise une opération séduction afin de promouvoir sa ville comme une étape importante de la RN7.
Initialement baptisée Livron fait sauter le Bouchon devenue aujourd'hui l'Aire N7 de Livron sur Drôme l’événement a pour but de transformer Livron en aire de repos et en ville-étape,
afin de rendre la route des vacances plus agréable pour les milliers de touristes qui traversent le centre ville durant les mois d'été.

Pour occuper les automobilistes bloqués dans le bouchon, la municipalité propose une multitude d'animations et de services gratuits : toilettes, accueil bébé, aire de pique-nique, château gonflable,
jeux pour enfants, distribution de bouteille d'eau et de produits locaux.… et avec un peu de chance, Miss Dauphiné en personne viendra vous proposer ses sucettes au miel ou ses abricots frais - sans aucunes arrières pensées ;-)
afin de vous rendre l'embouteillage plus avenant.

Une belle initiative, renouvelée tous les ans, jusqu'à présent... mais dont la pérennité semble aujourd'hui bien incertaine.

Car bientôt un nouveau projet de déviation devrait détourner les vacanciers des villes de Livron et Loriol.

Après un premier projet de déviation avorté en 1972, un nouveau projet de déviation des villes de Livron et Loriol voit le jour en 2021.

Depuis plus de 40 ans, les habitants entendent parler de cette déviation des deux communes par l'ouest.
Le déplacement du Premier ministre Jean Castex samedi 27 mars (2021) lance donc le top départ de cet énorme chantier d'ici un an.
La déviation prévue devrait parcourir plus de 9 km, avec une très grande majorité de routes nouvelles. Une seule voie est prévue dans chaque sens, avec 4 créneaux de dépassement.
Il va falloir créer 3 ouvrages de franchissement de la voie ferrée, un nouveau pont sur la Drôme, et 5 nouveaux ronds-points.
La vitesse devrait être limitée à 80 ou 90 km/h. (Extrait France Info Publié le 27/03/2021 )

Bientôt, les touristes empruntant la Route Nationale 7 ne traverseront donc plus ces deux villes situées sur le tracé historique.


Le Sauté de Bouchon à Livron - Photo Drôme Hebdo.

Sources : ledauphine.com

En Route -

En 1978 à l'entrée de Livron, apparaît une toute nouvelle Station Service, reconnaissable à ses auvents en forme de soucoupe au dessus des pompes à essence.
Toujours en fonction aujourd'hui sous la bannière ENI, son architecture fait immanquablement penser aux structures innovantes des stations service Mobil de l'époque.
Qui peut confirmer ?

Livron km 0582

Le nom de Livron proviendrait du latin "Castrum Liberonis" que l'on peut traduire par « le domaine de l' homme libre »

Au faîte de la colline, Livron n’est longtemps qu’un château entouré de quelques masures.
Son assise naturelle en fait vite une place très sûre, excellent refuge pour son seigneur, l’évêque de Valence.

A partir du XIIe siècle, la population s'accroît rapidement.

Le XIVe siècle est plus tragique : saccage du village lors des guerres entre petits seigneurs voisins, population décimée par la terrible peste de 1348, pillages et exactions des Routiers (soldats libérés par les trêves de la Guerre de Cent Ans).
Livron se ramasse alors derrière une ceinture de murailles autour de la vieille ville.

De 1032 à 1378, les régions situées entre Alpes et Rhône se trouvent placées sous l’autorité de l’Empire Germanique.
A la fin du XIVe, cette région, dont Livron fait partie, est cédée au Dauphin de France et devient le Dauphiné.
En cette fin de Moyen-Âge, les marchés et les foires battent leur plein, les échanges s’organisent.
On assiste à un tel essor, qu’aux alentours de 1500, la ville déborde largement de ses murailles.

Au XVIe siècle les doctrines protestantes ayant gagné le Dauphiné et le Vivarais, de terribles luttes religieuses font rage.
Lors de ces guerres de religion, Livron assiégée par les troupes du roi Henri III, repousse plusieurs fois les assauts de l'armée royale (1574-1575).
Cet échec fait grand bruit et Livron, bastion protestant, devient célèbre, mais en paiera le prix.

Vers le milieu du XVIIIe siècle : L’industrie de transformation de la soie est en plein essor : filatures, moulinages, tissages et élevage du vers à soie créent de nombreux emplois.
Le Rhône est alors un moyen commode d’acheminer les marchandises sur de nombreuses barques.
Si celles-ci n’ont pas trop de difficulté pour descendre le fleuve, pour remonter le courant, elles doivent être tirées par de nombreux et lourds chevaux de trait.
La batellerie sur le Rhône emprunte les chemins de halage et fait vivre les riverains du fleuve.
Certains tiennent auberges et accueillent les mariniers, d'autres ont la charge des équipages de chevaux à renouveler.

En 1767 commence la construction du pont de pierre actuel qui enjambe la Drôme.
Diligences, coches et charrettes vont enfin pouvoir emprunter la Grande Route Royale (RN 7) sans se soucier des crues.
Celles-ci avaient emporté plusieurs ponts et de nombreux convois qui empruntaient le passage à gué depuis 1521.
C'est l’accroissement du trafic sur cette grande voie qui va être à l'origine du développement de la ville basse avec ses relais et ses auberges.

La crise économique générale des années 1787-1790 n'épargne pas Livron qui accueille bientôt dans l'enthousiasme, la Révolution
Si le milieu du XIXe est une période de développement intense pour Livron, c’est seulement après 1918,
dans la période de l’entre-deux-guerres, que la « descente » des édifices publics et religieux va consacrer le rôle prépondérant joué par la ville basse.

Source : http://www.livron-sur-drome.fr

On le voit, Livron possède un riche passé historique, dont le bourg haut a conservé toutes les traces.
Le bourg bas, celui traversé par la Route Nationale 7, reste plus contemporain, moins pittoresque et aura sans doute plus de mal à convaincre le voyageur d'y marquer l'arrêt..


Avenue Léon Aubin, l'entrée Nord de la bourgade. Image réactive.

On pénètre dans Livron par une rue en courbe, l'avenue Léon Aubin, bordée de maisons d'un étage ou deux tout au plus, aux pierres apparentes et aux fenêtres étroites.
Pas de doute, les corniches en "Génoise", caractéristiques de l'architecture traditionnelle régionale, nous rappellent que nous sommes bien dans le sud de la France.


Plaque de cocher dès l'entrée du centre ville avenue Léon Aubin. Photos Claude.K. Image réactive.

Ce qu'elle semble longue l'avenue Aubin !
Parsemée de commerces plus ou moins moribonds, elle fait plutôt triste mine.
Quelques austères agences bancaires, quelques fast-foods isolés, seul le Bar Tabac de l'Avenue tente d'égayer un peu le quartier.. pour vous dire l'ambiance.


L'animation du quartier est assurée par le Bar Tabac

Un faubourg en désuétude, qui pour parfaire le tableau, a perdu ses rangées de platanes, mais qui s'en souvient encore aujourd'hui ?
Livron n'échappe pas au déclin commercial de son centre-ville. Dès lors, on comprend mieux l'opération du "sauté de bouchon" organisé par la municipalité en saison estivale.


L'Avenue Combier, à droite la place Jean Jaurès. Image réactive.

La vie semble reprendre un peu le long de l'Avenue Combier plus commerçante et autour de la place Jean Jaurès en bordure de laquelle se dresse une jolie fresque en trompe l’œil, hommage à notre route mythique et à la vallée de la Drôme.


Conception 2017 par : Le Cercle Chromatique Art Mural.


Un embouteillage mémorable décembre 1970, la Drôme est sous la neige et l'avenue Combier se retrouve bloquée.
Ces intempéries provoqueront l'arrêt complet du trafic routier sur l'autoroute et la Nationale 7 entre Montélimar et Valence.
Image réactive.

Ce qu'elle semble longue l'avenue Combier ! Bis repetita...
En bout de rue, dans le sens des retours, une fresque en trompe l’œil, hommage à notre route mythique...Bis repetita je vous dis !


Conception 2020 par : La Cie Vincent Ducaroy. Image réactive.


Avec l'ouverture de la future déviation N7, ces panneaux deviendront collector.


Le garage Antar , hivers 1970. Image réactive.


Le pont sur la Drôme à l'entrée sud de Livron. Vue ici vers le nord

On quitte la ville par le pont qui enjambe la Drôme.

Depuis l'année 1306 n’y avait plus de pont pour franchir la Drôme, un nouvel ouvrage fut construit à partir de 1511, malheureusement emporté en 1521 par une crue de la rivière.
L’absence de pont obligeait souvent les marchands, en période de hautes eaux, à se détourner vers Crest pour faire passer la rivière à leurs charrettes, car l’usage du bac à Livron n’était pas sans risques.
Par exemple, le 7 janvier 1764, un accident faillit coûter la vie au Courrier de France : le câble du bac s’étant rompu, la voiture tomba dans la rivière et il fallut bien des efforts pour sauver l’homme, le cheval et le véhicule.

Seul un pont pouvait apporter la solution à toutes ces difficultés. Il sera construit de 1767 à 1789 suivant les plans de l’ingénieur Bouchet .
Ouvrage de pierre bien conçu, il a pu être utilisé dès 1778 lorsque le gros œuvre a été achevé .
En liaison avec les travaux du pont, des prises d’eau furent établies sur la rivière ce qui permit d’alimenter tout un réseau de nouveaux canaux destinés à l’irrigation de la plaine.

Le 15 août 1944, les troupes franco-américaines débarquent en Provence. La XIXe Armée allemande, dans son mouvement de repli, choisit de remonter la vallée du Rhône .
Pour gêner au maximum la retraite allemande, il faut détruire les ponts sur la RN 7. Celui de Livron pose problème car la proximité du bourg rend dangereux tout bombardement aérien.
Décision est prise de le saboter.


Le pont détruit dans la nuit du 16 au 17 août 1944

Le 15 août, à 16 heures 30, le capitaine Henri Faure, reçoit un message du commandant De Lassus Saint-Geniès chef des FFI de la Drôme : "Faites sauter le pont de Livron, rendez compte de l'opération"

Le départ est donné à 22 heures 30, les hommes approchent du pont en suivant la voie ferrée
Commence la phase la plus délicate, creuser à l'aide de barres à mine deux puits de mine à 6 mètres d'intervalle. Afin d'éviter d'être découverts, les sapeurs espacent leurs coups, écoutent, protègent leur barre par des chiffons. Un arrêt du forage est provoqué par l'arrivée de véhicules allemands qui s'arrêtent au campement. Le travail reprend. Après avoir creusé la croûte de la route, on approfondit la cavité avec les mains qui rencontrent du sable. Les trous étant jugés suffisamment profonds, trois cellules de plastic sont placées dans chacun d'eux, un crayon allumeur, une mèche lente. Tout est relié par deux cordons détonants. Après vérification, le groupe de protection éloignée sud rejoint le groupe nord. Le repli s'effectue sans problème. Henri Faure et un compagnon allument alors les mèches. Le groupe se replie par la route départementale 93. Quelques minutes après, 180 kg de plastic explosent, détruisant l'arche sud du pont sur 27 mètres, longueur que ne pourront réparer les sapeurs du Génie allemand qui ne disposent pas de travées assez longues.


Pont provisoire installé entre deux arches du pont de Livron.

Sources :
http://museedelaresistanceenligne.org/media915-Le-sabotage-du-pont-de-Livron

http://www.livron-sur-drome.fr


Le pont Henri Faure et la plaque commémorative. Image réactive.


Franchissons maintenant le pont dénommé "Pont du commando Henri Faure".
Sur la gauche, une plaque commémorative rappelle l’action du commando FFI Henri Faure.

Au milieu du pont, sur la gauche, on aperçoit sur le flanc du coteau surplombant la vallée de la Drôme, une tour en ruine, vestige de l'enceinte de la ville haute moyenâgeuse.
Lors des guerres de religion au 16e siècle, après l'échec des assauts de l'armée royale sur la ville de Livron, Richelieu décide en représailles de détruire les enceintes de Livron.
Seule sera épargnée la "Tour du Diable", tour que l'on disait à l'époque habitée par des êtres surhumains se réservant la garde de la forteresse.


Sur le pont Henri Faure, vue en direction de Livron. Le coteau, la vallée de la Drôme et la "Tour du Diable". Image réactive.

Rendez-vous nationale 7 : Lundi 4 août 1969 - 11h00. Episode 14.


Sur l'insistance de la famille, quelques jours avant notre départ en vacances, mon père a acheté un autoradio.
Il faut dire qu'en 1969, l'appareil ne s'est pas encore totalement démocratisé dans les automobiles et seuls quelques véhicules haut de gamme en sont équipés de série.

N'ayant aucune place de prévue sur le tableau de bord, l'autoradio est fixé sous la console conducteur à l'aide de deux pattes en fer blanc et des vis Parker.
Une nappe de fil colorés, mal camouflée, le relie à un unique haut parleur, placé tant bien que mal au pied du passager qui apréciera cette délicate attention.
Une antenne chromée télescopique a pris position sur l'aile gauche et apporte à la petite Opel une touche un rien avant-gardiste.
Notre autoradio, qui tient certes plus de la boîte à parasite que de la chaîne haute fidélité, nous accompagnera durant de longues années sur la route des vacances.

Au fur et à mesure que nous approchons du Sud, les stations périphériques dont nous suivions les jeux et les programmes depuis notre départ, se font de plus en plus difficiles à capter.
"Tout est brouillé" dira mon père triturant frénétiquement les boutons de l'appareil radio à la recherche de nouvelles fréquences. (Les stations FM n'existent pas encore)
Et puis soudain, malgré les grésillements incessants du haut parleur, couvert par les parasites qui reproduisent en son 3D les accélérations du moteur, un jingle inconnu se fait entendre.
Des voix anonymes, parfois aux accents chantants, nous proposent de participer à de nouveaux divertissements, de nouveaux jeux.
Des animateurs inconnus prennent la relève au micro.
C'en est fini du journal d'André Arnaud, des jeux de Fabrice ou des frères Rouland, des variétés d'Anne Marie Peysson, des histoires de Pierre Bellemare, de Max Meynier et ses routiers sympas ou de la météo d'Albert Simon, Miracle des ondes, nous captons maintenant Radio Monté Carlo, la station du soleil, celle qui nous accompagnera durant toutes nos vacances. Bonjour Christian Morin, Jean-Pierre Foucault, Gérard Klein...
Adieu Europe 1, RTL, France Inter, nous pouvons maintenant nous réjouir, nous sommes bel et bien en vacances dans le sud. (à suivre)

En route -

Après le pont et le rond-point, sur notre droite, une ancienne station-service aujourd'hui reconvertie

,
La petite station service a fait les frais de la conjoncture actuelle. Ici vue en 2014 et actuellement. Image réactive.

En remontant le temps avec les clichés Google Street View historique, on constate que la station affichait les couleurs de la marque Elan jusqu'en 2014...devenue ensuite un local pour un plombier chauffagiste..

Tenue par la même famille depuis plus de 50 ans, la station Lavergne a vu le jour, en 1957.
Tout d'abord aux couleurs ESSO pendant une trentaine d'années, elle passe sous la marque Agip à la fin des années 1980, puis Elan en 2004 jusqu'en 2014.

C'est toujours à regret que l'on constate les effets du temps sur les bâtiments moribonds de la Route Nationale 7.


La station Esso à ses débuts.

Construite à l'origine en rase campagne, la petite station ne tarde pas à être rejointe par quelques nouveaux commerces.

Sur la gauche, un long bâtiment apparaît au début de l'année 1961. Il abrite un Snack-bar, une station service et une épicerie, dans le plus pur style Drugstore.
Les vacanciers trouvent là un pôle d'attractions touristiques, leur permettant quelque soit l'heure, de manger un morceau, de boire un verre, d'acheter un journal, des cigarettes ou une brosse à dent et de faire le plein de leur automobile.
Le concept vintage de nos actuelles stations d'autoroute.


Au premier plan le Drugstore station-service, derrière le camp Hannibal.


La Station Service du camp Hannibal


Le camp Hannibal au début des années 1960.
L'aire de camping n'est pas encore aménagée. La piscine en haut à droite est vide, et l'herbe ne demande qu'à pousser.

Un peu en retrait derrière le Drugstore, est créé le "Camp Hannibal", un camping, piscine avec toutes commodités et son restaurant "Le Carthaginois".
Après la disparition du camping vers 1985, l'emplacement sera occupé par un lotissement pavillonnaire qui a conservé le nom de Carthaginois.


Le camp Hannibal, un avant goût des vacances sur la route nationale 7.

Aujourd'hui, le drugstore a finalement cédé sa place à des entrepôts commerciaux.


Le Drugstore aujourd'hui.

400 mètres plus loin, nous voici à Loriol.

 

Loriol km 0585

Aureol, implantée sur la voie Domicienne à l'époque Gallo-Romaine, devient Castrum Aureoli, une cité fortifiée au Moyen-Âge.

Rattachée à la province du Dauphiné, Aureolum va devenir une imposante forteresse lors des guerres opposant la Maison de Poitiers et les évêques de Valence en 1400.
La protection de Charles VI et la paix civile retrouvée sous Louis XI favoriseront le développement économique de la cité fortifiée.

À partir de 1535, pas moins de quatre foires annuelles s'y déroulent.

En 1560, Lauriol sous prédominance protestante, est dévastée par les guerres de religion qui marquent profondément la ville. Le château est démantelé en 1581.
L'enceinte et les trois portes de la ville sont démolies en 1780, période de développement de la culture d'arbres fruitiers, de l'usine de drap du roulage et des auberges sur la route de Marseille à Lyon, future nationale 7.

A partir du XIXe siècle, le tissu urbain se restructure à l'intérieur de l'ancienne ligne de remparts.
Le temple protestant détruit après la révocation de l'édit de Nantes, est reconstruit en 1807 et s'insère discrètement dans le tissu existant.
Une nouvelle église est construite à l'emplacement de l'ancienne.

Des filatures s'installent en bordure de canal.
L'électricité apparaît en 1895, produite par un ancien moulin à huile.

Il faudra attendre les années 1970, pour relever une croissance précipitée de l'agglomération de Loriol.
L'étendue de la partie urbanisée de la commune s'est multipliée par huit en 16 ans. 
Les opérations successives de lotissements, de groupes d'habitations ou d'immeubles se sont réalisées dans la plaine, à la périphérie du bourg initial, sans liens organiques entre elles et encore moins avec le centre ancien. 

A l'entrée de Loriol, une borne - plaque de cocher vue en direction de Livron. Photos Claude.K

C'est également à partir de 1970, qu'est réalisée la déviation de la route nationale 7 qui traversait jusqu' alors le centre ville.
Ce nouvel axe aujourd'hui totalement dépassé et intégré au milieu urbain avec ses carrefours non aménagés, cause à nouveau des difficultés de circulation. 

Et l'on reparle d'une nouvelle grande déviation Livron - Loriol qui devrait se concrétiser vers 2022.

Quoi qu'il en soit, nous ne nous aventurerons pas hors du tracé original.


La traversée de Loriol par le tracé original (flèches rouges)
ou par la déviation post-70 (flèches bleues).

En Route -

Le tracé original débute au niveau de la fresque en trompe l’œil, située à la jonction de l'ancienne nationale 7 et de la déviation post 1970, qui sera officiellement classée N7 en 1981.


Pour suivre le tracé original, ne tournez pas à droite, mais poursuivez tout droit.

Recouvrant toute la surface d'un pignon de maison à l'entrée de la ville, la fresque symbolise le patrimoine régional, en partie idéalisé par la ruelle ensoleillée d'un village de Provence, la cueillette des fruits, et une certaine douceur de vivre qui émane de l'ensemble. En fait tout ce à quoi les touristes aspirent.

La fresque murale & le trompe-l'œil : http://www.vincent-ducaroy.fr

http://www.trompe-l-oeil.info/Trompeloeil/details.php?image_id=722


Un avant / après de la fresque murale à l'entrée de Loriol. Image réactive.

Poursuivons tout droit, par l'avenue de la République, en direction du centre ville.

Depuis 2014 la municipalité s'est lancée dans un vaste programme de réhabilitation de ses anciennes publicités murales le long de la nationale 7.
Belle initiative qui redonnera certainement quelques couleurs à une bourgade tombée, depuis longtemps, dans la morosité ambiante liée aux crises successives des dernières décennies.

Le premier désamour des automobilistes pour la cité provençale eut lieu lors du détournement de la nationale 7 en 1970.
Puis, comme si cela ne suffisait pas, l'autoroute A7 éloigna définitivement les derniers touristes qui daignaient encore s'arrêter chaque années dans la bourgade pour y faire une halte paisible et estivale avant de rejoindre la cohue du bord de mer.

Depuis quelques années, la cité provençale intéresse de nouveau les touristes en mal d'authenticité. On restaure les anciennes publicités, on rejoue les embouteillages de la grande époque de la route mythique.
La ville surfe sur ce nouvel engouement du "partage des souvenirs nostalgiques" avec les nouvelles générations.
Et franchement qui s'en plaindrait ?


A droite, un pan du trompe-l'œil, à gauche la publicité Vichy Celestin pas encore réhabilitée. Photo Claude.K

Question murs peints, Loriol n'est donc pas en reste et possède même quelques raretés que nous partons découvrir.

Dès l'entrée de la ville, un mur peint pour Vichy Celestin sera du plus bel effet lorsque la restauration aura débuté.
Quelques mètres plus loin, la petite place arbore elle aussi quelques publicités pour certaines joliment réhabilitées.

Au passage on ne ratera pas la plaque de cocher.


Nimes avant et après réfection. Image réactive.

Plaque de cocher et publicité réhabilitée pour l' Hostellerie La Cardinale. Photo plaque Claude.K

Comme dans toutes les communes où la nationale ne traverse plus le centre-ville, on notera, ça et là quelques traces d'enseignes commerciales à jamais disparues.


Ici le garage Renault n'est plus...


Là c'est le garage Loriol Nord.


Perspective d'après guerre de la rue de la République, vue vers Livron. Image réactive.
On retrouve nos garages ci-dessus. A gauche les pompes du garage Loriol Nord, à droite la station ESSO
en lieu et place du garage Renault.

La route suit plus ou moins l'ancien tracé des enceintes médiévales de la ville fortifiée, d'où les virages.
Au premier virage, nous sommes "quartier du pont de bois".
Peut-être devrions nous dire quartier "de la passerelle", car de simples planches permettaient aux piétons de franchir le ruisseau les pieds au sec lors des périodes de crue.
La nationale 7 se retrouvait alors temporairement submergée par les eaux du Vaucourte, jusqu'aux années 1930 où un pont en dur sera finalement construit.


Nous sommes ici quartier du Pont de Bois, vers le début du XXe siècle. Le ruisseau est en crue et submerge la route nationale.
A gauche la passerelle de bois permet uniquement le passage des piétons. Les véhicules passent à gué si la hauteur d'eau le permet encore.
Aujourd'hui le problème est partiellement résolu, sauf en cas de très fortes intempéries. Image réactive.

Même si aujourd'hui le ruisseau est en partie canalisé, le secteur est régulièrement inondé lors des violents orages qui s'abattent parfois sur la région.

On aborde maintenant la seconde partie de la rue de la République.

En comparant les photos d'avant et d'après guerre, on constate que de nombreuses maisons détruites durant la guerre ont été reconstruites presque à l'identique, conservant la cohérence urbaine de l'artère.


Seconde ligne droite de la rue de la République, avant guerre et actuellement. Image réactive.

Une publicité discrète et assez rare sur le fronton d'un ancien débit de boissons : Fritz Lauer, bière spéciale.
La marque perdura jusqu'en 1951 avant d'être rachetée par les Bières de Ruoms.

Chouette ! la publicité murale bénéficie du programme de restauration.

La publicité avant restauration.

On poursuit jusqu'au second virage où l'on ne manquera pas de jeter un œil sur l'antique garage Shell en coin.
Mais l'intérêt est ici pour la magnifique publicité restaurée "Canard Sauvage".

Station Shell, vu en direction de Livron. Image réactive.


La publicité Canard Sauvage, date estimée : les années 1930. Avant et après restauration. Image réactive.
Après restauration Photo Claude.K.

Pour la restauration de cette fresque, certes peu abîmée, il a suffit d'un simple brossage manuel sur la peinture, du rebouchage de quelques fissures, et d'un ravivage des couleurs.

Canard Sauvage est une marque de nougat créée en 1925, implantée à Loriol dans les locaux de l'ancienne filature de soie.
La petite entreprise assurera jusqu'à 75% de la production de Nougat de Montélimar.
Elle deviendra par la suite une filiale des Nougats Chabert & Guillot confiseur à Montélimar depuis 1848.


Bien avant le mur peint pour "Canard Sauvage", c'était la pub "Automobiline" qui occupait la place..

On poursuit notre escapade, rythmée par les nombreux virages de la rue de la République.

Voici le secteur des voûtes, une des curiosités architecturales de la ville. Ces voûtes sont des passages qui relient le centre-ville actuel, aux ruines du château ou vers le centre ancien.


Les voûtes vous mènerons vers la grande-rue (tout droit) ou le château (à droite)

Sur l'agréable petite place ombragée du lavoir et de la fontaine dont l'origine remonte aux fondations de la ville, nous retrouvons une très vieille institution du bord de route, l'hostellerie de la Croix de Malte.
L'établissement ne fait plus hôtel, mais le coin ne semble pas avoir changé depuis l'époque glorieuse où la route nationale passait encore sous les fenêtres des chambres des vacanciers de passage.


La Croix de Malte aujourd'hui, et à la grande époque. Image réactive.

On atteint bientôt les faubourgs de la ville. Les commerces s'estompent peu à peu, et voici le second mur peint pour le Nougat "Canard Sauvage".

Fortement détériorée, cette publicité à fait l'objet d'une restauration intégrale.


La publicité Canard Sauvage avant rénovation en 2012. Image réactive.
Puis après rénovation. Photos Claude.K et Revue Municipale avril 2014.

On quitte Loriol par une route bordée de platanes. Une dernière maison nous gratifie d'une publicité murale pour la ceinture du Docteur Gibaud.

 

Coup de gueule, maintenant c'est décidé.. je balance :

Je tiens à remercier vivement l'association "Loriol Patrimoine et Nature, chargée de la Défense de l’environnement et protection des patrimoines architecturaux et paysagers de Loriol sur Drôme", pour son silence radio.

Apparemment plus le titre de l'association est long et pompeux, moins vous aurez de chance de contacter la dite association.
Inutile dans ce cas de mettre une case contact et de demander une adresse mail.
A l'heure de l'Internet, même si vous n'avez pas de réponse à apporter, par ignorance ou parce que cela n'est pas votre domaine de compétence, la moindre des choses est au moins de répondre oui ou... merde.
C'est rapide, une fois le mail reçu, il suffit de cocher la case "répondre" et d'écrire quelques mots, puis cliquer sur la touche envoyer.
Si les mails vous importunent, ou si vous n'avez pas l'intention d'y répondre dans ce cas supprimez ce moyen de contact.

Allez la suite mantenant... En route -


La suite de l'étape


Le retour au sommaire

Rendez-Vous Nationale 7 @2017